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3 questions à Ibrahim Maïga, chercheur à l’institut ISS Africa

Ibrahim Maïga, chercheur à l'institut ISS Africa

 

Selon vous, la mort de Cheikh Ag Aoussa est-elle un accident ou un attentat ?

La mort de Cheikh Ag Aoussa c’est un peu comme celle d’Ibrahim Ag Bahanga, ce chef rebelle touareg radical, qui est mort dans un accident de voiture. Ce genre de choses arrive difficilement par hasard. On n’a pas beaucoup d’éléments actuellement, mais la théorie de la mine me semble un peu légère comme explication. Je pense qu’il était visé, maintenant il faut attendre les conclusions de l’enquête.

Pensez-vous que cet événement puisse constituer un tournant dans la crise au Nord du Mali ?

Effectivement, cela peut être bénéfique pour le processus de paix, dans la mesure où son absence va accélérer certaines choses. Mais l’autre façon de voir, c’est qu’il maîtrisait ses troupes. Il faisait consensus autour de sa personne, et le problème avec sa disparition, c’est que la suite n’est pas très prévisible, dans la mesure où on peut assister à une fragmentation, à la multiplication des pôles de décision.

La mort d’Ag Aoussa met-elle en danger l’Accord de paix ?

Ce qui est clair c’est que le processus est dans une impasse, car le gouvernement malien n’a pas de cap. En dehors de la mort de Cheikh Ag Aoussa, les combats entre le GATIA et la CMA montrent que personne n’est près à lâcher du leste, et ça bloque la mise en œuvre de l’accord de paix. Tout dépendra de l’évolution de la situation ces prochains jours, et de la direction que compte se fixer le HCUA au cours des prochaines semaines.

 

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