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Me Harouna Toureh : « leurs desseins c’est peut-être d’éviter que le procès ait lieu »

Me Harouna Toureh, avocat principal du général Sanogo. Photo : Daou Emmanuel Bakary

Pour ce deuxième jour d’audience, le procès Sanogo à été suspendu jusqu’au lundi 5 décembre, car les avocats refusaient de travailler sans pouvoir utiliser leurs téléphones portables. Me Harouna Toureh, avocat du général Sanogo, a expliqué au Journal du Mali, les raisons de la fronde des avocats de la défense comme de la partie civile.

Ce matin les avocats sont restés dehors et ont refusé de rentrer dans la salle, pour quelle raison ?

Ils sont restés dehors certes mais ils n’ont pas refusé de rentrer dans la salle d’audience. Nous avions demandé que des conditions de travail auxquels nous avons droit soient remplies purement et simplement. Nous souhaitions qu’une salle soit mise à notre disposition avec internet et ordinateur, tout ce qu’il faut, dont un secrétariat comme si nous étions dans nos cabinets. Pouvoir travailler, produire, échanger c’est important, pour les avocats de la défense et de la partie civile que nous sommes. Cet espace ne nous a pas été accordé, nous l’avons demandé dès le début du procès, bien avant même de quitter Bamako. À l’ouverture du procès, nous avons pu accéder à la salle avec nos smartphones, mais aujourd’hui on nous a refusé de les prendre.

Un membre du comité d’organisation a parlé d’une fuite, des gens ont-ils filmé ou retransmis le procès en directe ?

Ce n’est pas ce qui nous a été dit. Officiellement, le parquet général nous a dit que c’était pour nous permettre d’être en sûreté ainsi que le publique, à ce moment il aurait fallu simplement qu’ils aient les moyens technologiques pour vérifier que les téléphones que nous avons ne constituent aucun danger pour nous même et pour le public.

Si on ne donne pas suite à ce que vous voulez, que comptez vous faire ?

On est là, on attend que les conditions de travail soient remplies pour que nous puissions accéder à la salle, tous, avocats des accusés comme avocats des parties civiles. On est tous d’accord que tant que les conditions ne sont pas réunies on ne pourra pas faire notre travail.

Donc vous prenez le procès en otage ?

Non, qui prend le procès en otage ? C’est ceux qui ne veulent pas mettre les conditions de travail à notre disposition qui prennent le procès en otage, peut être que leurs desseins c’est d’éviter que le procès ait lieu.

À qui faites-vous allusion ?

Mais ceux qui ont organisé le procès, le parquet général, le ministère de la Justice, ils savent que les avocats vont toujours exiger d’être mis dans les meilleures conditions pour faire leur travail, il ne s’agit pas de deux ou trois avocats il s’agit dune trentaine d’avocats avec des accusés et des parties civiles. On a discuté avec le procureur général, on a discuté avec le premier président de la Cour d’appel mais on n’a pas encore trouvé la solution.

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