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 Afrique-France : ce qu’en pensent des Maliens

Le Sommet de Bamako qui s’ouvre ce 13 janvier est très commenté au Mali, particulièrement dans la capitale. Cette grand-messe soulève un engouement plutôt mitigé.

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Mohamed Minta : Gestionnaire

Ce sommet Afrique-France est une très bonne chose pour notre pays, car il intervient à un moment crucial de notre histoire. C’est un signal fort que nous envoyons à toute l’Afrique et au reste du monde pour dire que le Mali est en train de se relever. Au-delà de ce signal, c’est aussi une très bonne opportunité pour booster le développement socio-économique du pays. Je suis sûr qu’au cours de ce sommet, beaucoup de partenariats nord-sud vont se nouer. C’est une aubaine pour notre pays pour engranger des contrats et soutenir notre économie. Les travaux monstres d’aménagement ont déjà permis de voir un autre visage de Bamako, notamment les opérations de déguerpissement des voies publiques, les travaux d’assainissement dans la ville, de rénovation et d’agrandissement de l’aéroport international Modibo Keïta-Senou. Enfin, je demande aux autorités la mise en place d’un comité de suivi après le sommet, qui se va charger de la mise en route des engagements qui seront pris.

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 Ousmane Diakité : Animateur d’ONG

Le climat dans lequel le Mali vit actuellement n’est pas propice à l’organisation d’un tel événement, alors que des foyers de tension sévissent partout. Il s’agit juste de masquer les réalités que vivent les Maliens et se faire de la publicité. Je pense sincèrement que les Maliens doivent investir leur énergie dans des choses plus concrètes qu’un pareil sommet. Une telle mobilisation pour la mise en œuvre rapide de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, serait aujourd’hui plus bénéfique aux populations maliennes, au sud comme au nord.

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Balkissa Cissé : responsable commerciale

Je me réjouis de l’organisation du sommet Afrique-France par le Mali, même si je déplore certains problèmes d’organisation, notamment du côté des médias qui n’avaient toujours pas reçu leur accréditation à J-5. Par ailleurs l’autre observation que l’on peut faire est que les autorités attendent de tels événements pour réaliser des travaux qui devraient s’inscrire dans l’ordre normal des choses. Le Mali n’a pas besoin d’un sommet Afrique-France pour avoir un aéroport digne de ce nom, pour rendre opérationnel l’éclairage public dans la capitale, ou même entretenir certaines voies. Cependant, je propose que les autorités maintiennent le cap dans le dispositif sécuritaire enclenché pour une plus grande quiétude des populations et le retour des investisseurs.

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Douro Ouologuem : Agent comptable

Contrairement au sommet de 2005 qui s’était tenu ici, avec un thème bien défini, « La jeunesse africaine : ses aspirations et ses attentes », cette année, on n’a pas vu grand chose. Le thème est très flou. Je pense que les autorités ont fait du forcing pour organiser ce sommet, sachant bien que les promesses tenues de 2005 n’ont pas été réalisées. Pour moi, le gouvernement, avec la complicité de la France, le fait pour nous faire oublier les priorités de l’heure : le retard dans la mise en œuvre de l’Accord, le présumé accord de réadmission signé avec l’Union européenne…

 

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Issa Traoré : commerçant

Ce sommet tant attendu peut constituer une grande opportunité d’affaires pour les commerçants maliens, dans la mesure où l’arrivée des hommes d’affaires français et d’autres pays est annoncée. Contrairement aux autres sommets, où l’accent était plutôt mis sur le volet politique, je pense que cette 27e édition sera un rendez-vous des hommes d’affaires des deux continents. Les opportunités sont partout, car le Mali est un pays en chantier.

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Rahabel Nantoumé : journaliste blogueuse

Je ne suis pas contre la tenue de ce sommet en tant que tel, mais d’octobre à maintenant, on a constaté que les autorités ont fait des réalisations (réfection des routes, de l’aéroport) qu’elles n’avaient pas pu faire pendant trois ans. Toute chose qui dénote l’incapacité de nos gouvernants à faire du développement du pays leur priorité. Ensuite, je ne sais pas ce que signifie le thème de ce sommet en parlant d’émergence. Est-ce le fait de déguerpir des chefs de famille qui cherchent leur pain quotidien ?

 

 

 

 

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