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CFA : 3 Questions à Etienne Fakaba Sissoko, Docteur en économie

Mettre fin à l’arrimage CFA-Euro, est-ce un choix économique ou politique ?

Quoi qu’il en soit, iI y a un choix politique à faire. Il s’agit de dire si nous allons rester dans le franc CFA ou pas. Si c’est le cas, nous devrons choisir entre la parité fixe actuelle et le fait de pouvoir convertir notre monnaie, indépendamment du cours de l’euro. L’autre alternative, c’est sortir totalement. Aujourd’hui, la question est beaucoup plus politique qu’économique, et ce sont les questions de souveraineté qui pèsent le plus dans le débat.

Quelle est selon vous la meilleure option ? 

Selon moi, il faut privilégier les monnaies sous-régionales et l’UEMOA est sur une très bonne voie, malgré tout ce qu’on en dit. La CEMAC a des problèmes, mais qui sont surmontables. Si nous décidons de partir de ce mécanisme-là, il y a de très fortes chances que nous puissions y arriver. Parce qu’on ira de façon séquentielle. On décidera des pays qui vont expérimenter la monnaie commune en premier, et progressivement on essayera d’inclure les autres.

Si ce scénario n’est pas choisi, quelles seraient les conséquences ? 

Le gros risque serait alors que la sortie se fasse sans négociation avec les partenaires commerciaux. Le premier problème sera donc la convertibilité de notre nouvelle monnaie avec les autres. Or, nous importons tout. Des pénuries de biens et de services se poseront, et la base de l’économie étant la loi de l’offre et de la demande, cela aboutira à une forte inflation et une perte de contrôle au niveau des prix. Tout cela peut entraîner les populations vers la précarité et provoquer des conflits sociaux.

 

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