Politique › Sécurité & Terrorisme

Opération « Filidjo », un coup de pied dans la fourmilière djihadiste

Une opération de sécurisation d’envergure menée à la fois à Gao et à Kidal est en cours, faisant suite à l’attaque du camp militaire du MOC à Gao qui a fait 77 morts et 120 blessés. L’opération nommée « Filidjo » (coup de filet ) a permis d’arrêter une dizaine de suspect qui serait lié à l’attaque de Gao. Son action bien que nécessaire est décriée par certains et a poussé la Plateforme a quitté les travaux de la 15e réunion du Comité de suivi de l’Accord (CSA).

L’opération Filidjo, lancée à Gao par les forces de sécurité maliennes en coordination avec la force Barkhane et la Minusma, afin d’appréhender les responsables de l’attaque de Gao, qui a fait 77 victimes, dont une majorité dans le rang des mouvements armés, a permis l’arrestation d’une dizaine de suspect. Parmi eux, Chérif Ould Ataher, Baba Ould Cheikh et Mohamed Ould Ahmed, narcotrafiquants notoires. De l’armement, du matériel informatique, des carnets et des téléphones portables ont également été saisi. Les premiers éléments des interrogatoires confirment que ces personnes auraient joué un rôle d’accueil ou de planification.

Les fouilles, en peine nuit, de maisons et des bureaux dans le Nord du Mali se poursuit. Ces opérations ont notamment eu lieu à Anéfis ou 8 hommes appartenant au Groupe d’Autodéfense Imghad Touareg et Alliés (GATIA) auraient été arrêtés dans le cadre de cette affaire, ils sont soupçonnés d’avoir pu fournir des renseignements aux assaillants. À Kidal, une vaste opération et de nombreuses perquisitions ont eu lieu, samedi 28 janvier. La maison du chef djihadiste Iyad Ag Ghaly a été perquisitionnée, une première depuis le déclenchement de l’opération Serval en janvier 2013, qui a repoussé les djihadistes des principales villes qu’ils occupaient au nord du Mali

Vers 2h du matin, il y a eu à Kidal des tirs de fusée éclairantes, puis les hélicos de Barkhane ont survolé la ville jusqu’en tout début de matinée. « Aux alentours de 6h du matin, de nombreux militaires français appuyés par quelques éléments des forces de la CMA ont commencé les perquisitions, il y avait des blindés qui entouraient la maison de Iyad Ag Ghaly, dont il n’est plus le propriétaire d’ailleurs puisqu’il y a quelques années un parent de Ibrahim Ag Bahanga (un chef rebelle touareg mort en 2011 – NDLR -), qui était maire adjoint de Kidal à la fin des années 2000, l’a racheté. Une cousine de Iyad Ag Ghaly, ex-femme de Ibrahim Ag Bahanga y habitait. Les militaires de Barkhane avaient des chiens avec eux, certainement pour trouver de la drogue ou des explosifs  », relate cet habitant joint au téléphone.

Des ordinateurs, des téléphones portables et des effets personnels ont été saisies par les forces françaises. Les maisons voisines de celle de Iyad Ag Ghaly ont aussi été perquisitionnées comme celle de Cheikh Ag Aoussa, le défunt chef militaire du HCUA.

Si ces opérations d’envergures sont plutôt jugées positivement par les habitants, certains déplorent des pratiques douteuses de la part de la force Barkhane. « Ce genre d’opération est une bonne chose si l’objectif est de réellement neutraliser les groupes djihadistes mais ça doit se faire dans le respect des règles. Durant l’opération à Kidal, Barkhane à aussi saisi des bijoux de valeurs et de l’argent, ces objets personnels n’ont pas d’utilité pour aider à traquer les djihadistes, alors pourquoi ? S’interroge Ibrahim Ag Eouegh, un membre de la CMA.

Ces opérations coup de poing de Barkhane se sont aussi invitées à la 15e session du Comité de suivi de l’Accord. La Plateforme, composée de mouvement pro-gouvernementaux a quitté les débats lors du premier jour de session, hier, lundi 30 janvier. Ils entendent protester contre « la persécution des arabes de Gao », pris pour cible quotidiennement par l’opération Filidjo de Barkhane. Ils conditionnent leur retour aux travaux du Comité, à une discussion sur ce point qu’ils estiment crucial. Pour l’instant, leur demande n’a pas été satisfaite et une seconde chaise vide vient s’ajouter à celle de la CMA, qui a quitté les négociations fin décembre dernier. La CMA, d’ailleurs, loin de protester contre les opérations françaises dans le Nord, travaille actuellement à des opérations à Kidal et dans sa région qui viseront à traquer ceux qui lancent des attaques aux obus ou place des explosifs improvisés sur les axes de circulation de la région.

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