Culture › Art du corps

Bamako Ink, ou l’art du tatouage

Didi fait partie des rares professionnels de cet art au Mali.

Le tatouage est devenu tendance ces dernières années, et Bamako ne fait pas exception. Si cet art du dessin sur le corps commence à peine à se démocratiser au Mali, Didi Tattoo, un pionnier, y est pour quelque chose. Il officie depuis quelques années et vient d’ouvrir son salon dans le quartier Hippodrome.

Ne prenez pas Didi pour un mauvais garçon avec ses tatouages qui recouvrent ses bras. Cet Ivoirien, à la voix aigüe, presque féminine, est un artiste autodidacte, un passionné de dessin, qui après avoir été coiffeur, a décidé de se lancer dans le tatouage en autodidacte, avec les moyens du bord, de la persévérance et surtout une soif inextinguible d’y arriver. D’abord tatoueur à domicile, il se constitue une clientèle à laquelle il propose ses créations sur mesure, adaptées à la morphologie de chacun.

Clientèle féminine Aujourd’hu à la tête de son studio de tatouage niché au cœur de la  résidence Palermo, rue Bla Bla, Didi Tattoo « pique », dans un cadre contrôlé et hygiénique, les désirs graphiques de ses clients. « Ce qui marche bien pour les filles ce sont les tatouages de papillons, fleurs et étoiles, tandis que les hommes affectionnent les tatouages polynésiens, tribales ou Maori », explique Didi, qui reconnaît que la majorité de sa clientèle est représentée par de femmes. « Le tatouage des sourcils pour les mariages, ça marche fort ! », ajoute-t-il. Comptez 30 000 francs CFA pour vous faire tatouer les sourcils et 15 000 francs CFA pour un petit tatouage corporel stylisé, les prix pouvant aller jusqu’à 300 000 francs CFA pour une grande pièce. « Tout dépend de la complexité du projet et du temps de travail pour le réaliser indique t-il », car chez lui, tout se fait à l’œil, pas de calques, ses talents en dessin lui permettent de saisir le projet du client, sa coordination main-œil, sa touche d’art et son dermographe font le reste.

Autrefois réservé aux matelots, aux prisonniers, aux marginaux, le tatouage est peu à peu sorti de son ghetto et temps à se démocratiser. Pour Didi, son activité ne peut que se développer, la demande est croissante et parfois, ses deux bras, ne suffisent pas à juguler la demande.

 

 

 

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