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Zuma dans l’œil du cyclone

De plus en plus de voix se lèvent pour demander le départ de Jacob Zuma. Plus les jours passent et plus le président sud-africain empêtré dans des affaires de corruption semble isolé.

Le président sud-africain est plus que jamais dans la tourmente. Des milliers de personnes manifestent en ce moment même dans plusieurs grandes villes du pays dont Pretoria et le Cap. À Johannesburg, la police a éloigné à l’aide de balles en caoutchouc une centaine de manifestants pro-Zuma qui se dirigeaient vers les opposants pour une confrontation. Les soutiens du président ont aussi organisé leur marche parallèle pour apporter leur soutien à Zuma. Sur certaines pancartes brandies, on pouvait lire « j’aime mon pays, pas mon président ». Le leader de l’alliance démocratique, principal parti de l’opposition s’est réjoui de la mobilisation. « Il y’a des Sud-africains de tous les horizons ici. Cela nous fait espérer avoir assez de soutiens pour faire partir Zuma ».

Pour certains observateurs, c’est la pire crise sud-africaine depuis la fin de l’apartheid en 1994, et Zuma serait le dirigeant le plus contesté et le plus controversé de la période post-apartheid. L’épicentre de ces contestations remonte au 30 mars dernier. Le président décide d’opérer un vaste remaniement ministériel. Près de 20 ministres et ministres délégués sont remplacés. Parmi eux, celui des finances Pravin Gordhan. Respecté pour son engagement dans la lutte anti-corruption, son limogeage a suscité de nombreux remous et provoqué une chute du rand, la monnaie sud-africaine dans les cours mondiaux. Il mettait constamment son véto aux dossiers louches du président. À la place, Zuma a nommé Malusi Gigaba, un de ses fidèles qui ne jouit pas d’aucune légitimité. Et même au sein de l’ANC (congrès national africain), la pilule ne passe pas. Le vice-président du parti s’est montré indigné. « J’ai dit au président que je n’étais pas d’accord avec lui. Un certain nombre d’autres collègues et de camarades ne sont pas satisfait de cette situation, particulièrement du renvoi du ministre des finances qui servait le pays avec honneur et excellence ». Avant d’afficher ses intentions de chasser « les responsables corrompus et voraces ». Il entend briguer la présidence de l’ANC en décembre prochain face à Nkosazana Dlamini Zuma, ex épouse du chef de l’Etat et qui bénéficie de son soutien indéfectible.

La puissante confédération des syndicats du pays (la Cosatu) et partenaire clé de l’ANC a aussi appelé Zuma à plier bagage. « Le moment est venu pour lui de démissionner. Nous ne croyons plus en ces capacités de leadership » ont affirmé les syndicalistes par la voix de leur secrétaire général.

Le parlement débattra d’une motion de défiance déposée par l’opposition à l’encontre du président le 18 avril prochain.

 

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