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Grève des enseignants : année en danger

À l'IUG, le comité du syndicat national de l’enseignement supérieur (Synesup) a déclenché une grève illimitée

Depuis le 4 avril dernier, l’enseignement supérieur est bloqué par une grève illimitée. En pleine période des examens, ce débrayage provoque une vive inquiétude chez les étudiants, même s’il est convenu que le mouvement n’en empêche pas la tenue.

« Les élèves devraient se battre pour une année blanche, à la suite de laquelle on repartirait sur des bases nouvelles. Une année universitaire c’est 25 semaines de cours. À cause des grèves, les étudiants n’en font que 10. Et au final, ceux qui sont diplômés dans ces conditions se présentent sur le marché de l’emploi avec très peu de compétences », analyse Famagan Konaté, recteur de l’Université privée Ahmed Baba et ancien directeur de l’Institut universitaire de gestion (IUG). Une mesure radicale, mais irréalisable depuis l’adoption du système LMD (Licence-Master-Doctorat) en 2014. Dans ce système, qu’importe la durée d’une grève, les cours reprennent là où ils se sont arrêtés. Bonne nouvelle ? Pas vraiment. « On aura une année tronquée. Le problème c’est que dans une situation telle que celle-là, on ne sait pas quand l’année commence, ni quand elle se termine », déplore le Dr Ali Tounkara, professeur à l’Université des Lettres et des Sciences humaines de Bamako (ULSHB). « La licence c’est normalement trois ans, mais s’il faut cinq années pour la faire, non seulement l’étudiant perd un temps précieux, mais il se décourage également », poursuit-il. Tout recommencer à zéro ? « Cela ne ferait qu’empirer la situation. Ça déprogrammerait le calendrier universitaire, et les bacheliers n’attendront pas. C’est un véritable risque. Pour l’heure, c’est une logique dans laquelle personne ne s’inscrit », explique le secrétaire général de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), Abdoul Salam Togola, dit Willy.

Éternel recommencement « C’est désolant. Chaque année et pratiquement à la même période, l’histoire se répète. Nous avions essayé d’anticiper ces grèves en début d’année, mais en vain », poursuit le secrétaire général de l’AEEM. Les discussions gouvernement-syndicats n’ont pas encore abouti, même si dans les couloirs on annonce « bientôt une bonne nouvelle ». Les étudiants, qui planchent quand même pour les prochains examens, ne sont pas pour autant assurés de les passer. « Un secteur aussi important que l’éducation devrait être mieux traité. Au lieu de ça, il part en lambeaux, et aussi bien le gouvernement que les professeurs n’en n’ont cure. C’est vraiment dommage et notre avenir s’assombrit de plus en plus », se lamente l’un d’entre eux.

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