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Burkina Faso : Blaise Compaoré jugé ce 27 avril

Les partisans de Blase Compaoré dénoncent ce procès qu’ils qualifient de chasse aux sorcières.

En exil depuis près de trois ans en Côte d’Ivoire, Blaise Compaoré, évincé du pouvoir par une insurrection populaire en octobre 2014, sera jugé par contumace, à Ouagadougou dans une semaine. En même temps que 32 ministres de son dernier gouvernement.

« Assassinat, complicité d’assassinat, coups et blessures », ce sont là les chefs d’accusation qui pèsent sur Blaise Compaoré, ancien président de la République du Burkina Faso, et les ministres de son dernier gouvernement. Les faits qui leur sont reprochés entrent dans le cadre de la répression de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. Mais en exil en Côte d’Ivoire depuis près de trois ans, Blaise Compaoré, qui a obtenu la nationalité ivoirienne, n’a pas de quoi s’inquiéter. « En lui donnant la nationalité ivoirienne, la Côte d’Ivoire s’est donnée les moyens juridiques de ne pas l’extrader », explique Aboubacar Ouattara, journaliste ivoirien, spécialiste des questions politiques.

La justice burkinabè n’entend cependant pas renoncer à juger l’ancien homme fort de Ziniaré. La Haute Cour de justice du Burkina Faso a ainsi annoncé le 10 avril dernier la tenue du procès le 27 avril prochain dans la salle d’audience du Tribunal de grande instance de Ouagadougou. Sur les appelés à la barre, au nombre desquels figure également le Premier ministre Luc Adolphe Tiao, de nombreux absents. Blaise Compaoré qui est couvert par l’immunité dont jouissent les anciens chefs d’État, sera jugé par contumace en tant que ministre de la Défense, une fonction qu’il occupait également.

Procès pour l’exemple L’ancien président risque d’être arrêté le jour où il foulera à nouveau le sol burkinabè, assure Idrissa Barry, du collectif Balai citoyen. L’accusation se fonde sur le Conseil extraordinaire des ministres du 29 octobre 2014 qui aurait planifié la répression sanglante le lendemain où des dizaines de milliers de manifestants sont sortis dans la rue pour réclamer la fin du régime. Officiellement, elle a fait 33 morts et 625 blessés, essentiellement par balles. Pour Idrissa Barry, ce procès est une leçon pour les dirigeants récalcitrants qui désormais « sauront que leurs actes peuvent être punis », dit-il. Et pour que les dérives du régime précédent ne surviennent plus, Idrissa Barry explique que « nous avons fait un grand pas. Il existe une veille citoyenne qui influe sur les décisions du gouvernement », conclut-il.

 

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