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Stade Modibo Keïta : les 50 bougies d’une enceinte mythique

Les célébrations du jubilé d’or du Stade commencent ce 20 avril 2017.

Le stade omnisport Modibo Keïta a cinquante ans cette année. Pour marquer le coup, la direction du stade organise une série d’activités jusqu’au 2 décembre 2017. Plongée dans un demi-siècle d’histoire d’un stade mythique.

12 juin 1963, Modibo Keïta, président de la toute jeune République du Mali pose la première pierre du complexe sportif omnisports. Quatre ans plus tard, le 2 décembre 1967, il l’inaugure en grande pompe en présence de l’ambassadeur de l’Union soviétique au Mali, dont le pays a financé l’œuvre et qui sera baptisé du nom du premier président en 1994. Le stade cinquantenaire a abrité de nombreux évènements historiques, accueilli les plus grandes légendes du Mali et d’ailleurs, et ses murs résonnent encore des émotions diverses qui y ont été suscitées.

Certains de ces évènements sont passés à la postérité, à l’instar de la « remontada » du Stade malien de Bamako qui, le 28 mars 1971, reçoit le club sénégalais de l’ASC Jaraaf pour le match retour de la Coupe de clubs champions africains. Quelques jours plus tôt, les Sénégalais s’étaient imposés chez eux 3-0 et se voyaient déjà au prochain tour. Lors de la première mi-temps les deux équipes font jeu égal et se neutralisent. Le Stade malien, qui a un impératif besoin de marquer, n’arrive pas à trouver la faille. Pis, il perd son fer de lance Cheick Fantamady Diallo pour blessure, réduisant encore plus ses chances. Lamine Traoré remplace l’infortuné. C’est un joueur de qualité mais qu’on estime en dessous des performances de Diallo. Et pourtant… Il inscrira un triplé mémorable ce jour-là pour donner la qualification à son équipe qui s’imposera finalement 4-0. Le journaliste Diomansi Bomboté, présent ce jour-là, se souvient avoir fait un billet d’humeur décalé sur les fourmis sur la pelouse. « Je suis supporteur du Djoliba, mais j’étais tellement content que j’ai fait le tour de la zone », se remémore-t-il.

Heurts et malheurs Trente-huit ans plus tard, en 2009, une autre rencontre figure en bonne place dans la mémoire collective, celle qui aboutira au premier trophée continental d’un club malien, le samedi 5 décembre. Le Stade malien (encore lui !) reçoit l’Entente Sétif d’Algérie qui l’avait battu à l’aller 2-0. Le stade était à guichet fermé, les 26 000 places toutes occupées, et la colline noire de monde. Tous de blanc vêtus, les supporteurs, même ceux du Djoliba, le rival de toujours, étaient derrière les joueurs. L’équipe malienne s’imposera finalement lors de la séance de tirs aux buts après avoir refait son retard lors du temps réglementaire.

Mais l’histoire du stade Modibo Keïta n’est pas faite que d’histoires heureuses. Ainsi, le 21 février 2011, à l’occasion de la fête du Maouloud, le prêcheur Ousmane Chérif Madani Haïdara organise comme souvent son prêche dans le stade. L’affluence dépasse les organisateurs, un mouvement de foule entraîne une bousculade aux conséquences tragiques. Trente-six personnes y laissent la vie, dont 22 femmes et jeunes filles et 112 autres sont blessés.

Cette même année, l’équipe féminine de basket du Mali a connu une terrible désillusion lors de l’Afrobasket organisé dans le pays. Après un parcours encourageant, le Mali faisait face à l’Angola pour une place en finale. Malgré l’important soutien de nombreux supporteurs, les Aiglonnes finissent par s’incliner et devront se consoler avec la troisième place. Ce fut le dernier match de la capitaine Hamchetou Maïga, l’une des plus grandes basketteuses du Mali, qui les avait conduites au titre en 2007.

De nombreuses personnalités ont également permis de donner au stade un caractère mythique. En 1990, le plus célèbre des papes de l’époque moderne, Jean Paul II, y a célébré une messe devant des milliers de personnes. L’une des plus grandes légendes de la NBA a également fait quelques foulées dans le pavillon des sports du stade. Le meilleur marqueur de toute l’histoire de ligue américaine de basket, Kareem Abdul Jabbar, a planté quelques paniers lors d’un match d’exhibition au début des années 1970.

Malgré une riche histoire, le stade vit des heures difficiles qui pourraient se résumer en une phrase de son directeur Amadou Maïga : « Il (le stade) a besoin d’une restauration totale pour augmenter le taux de fréquentation et de rentabilité ».

 

 

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