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Bréhima Diakité : « Le Mali peut véritablement lutter pour remporter le titre mondial en Inde »

Après le deuxième sacre de la sélection nationale cadette, qui s’est imposée face au Ghana (1-0) ce dimanche 28 mai au Gabon, Bréhima Diakité, journaliste au quotidien Stades, à Dakar au Sénégal, et spécialiste du football africain, revient sur les moments forts de la compétition et analyse les perspectives pour le mondial prévu en octobre 2017 en Inde.

Un deuxième sacre pour le Mali à l’issue d’une compétition très serrée. Que pensez-vous du niveau de jeu de cette jeune équipe ?

Je pense que ce deuxième sacre des Aiglonnets à la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations U17, démontre combien le Mali est aujourd’hui en train de travailler au niveau de sa petite catégorie. Avec la création de centres de formation dignes de ce nom comme l’Académie Jean-Marc Guillou ou le Centre Yeleen Olympique, le Mali a révélé pas mal de jeunes cracks ces deux dernières années, à l’image d’Adama Traoré « Noss », Diadié Samassékou, Aboubacar Doumbia, Souleymane Diarra « Solo », Dieudonné Gbakle et Yves Bissouma. Nous avons une très bonne équipe, qui est venu dans cette compétition sans un seul match amical international et cela s’explique par leur entrée timide dans cette compétition face à la Tanzanie (0-0, 1ère J.). Par la suite, l’équipe est montée en puissance dans le tournoi, avec une belle victoire face au Niger (2-1, 2ème J.) et à l’Angola (6-1, 3ème J.).

Le Mali a pourtant failli ne pas participer à la compétition si la FIFA n’avait pas levée les sanctions à temps. La crise du football aurait pu priver les jeunes de ce nouveau trophée. N’est-ce pas là une chance ? 

Cette crise n’a véritablement pas sa raison d’être. Je ne vois pas pourquoi certaines personnes décident de prendre le football malien en otage pour des intérêts personnels, sans se soucier de l’avenir des jeunes talents. Je crois que par deux fois, les jeunes ont montrés à ces différents protagonistes, que le Mali a besoin de paix et que tout le monde devrait se donner la main et marcher dans la même direction. Je crois que si tous les dirigeants maliens mettent le Mali au-dessus de tout, nous remporterons d’autres titres de champion d’Afrique en cadet, en junior comme en sénior. Seul le travail paye, mais on ne peut bien travailler que dans la paix et la sérénité.

Quelles sont les chances du Mali lors du mondial prévu au mois d’octobre en Inde ?

Nous sommes vice-champions du monde et nous avons survolé la Coupe d’Afrique des nations U17 au Gabon. Le Mali peut véritablement et logiquement lutter pour remporter le titre mondial en Inde (du 14 au 28 octobre 2017, ndlr). Il y a encore quelques mois avant cette compétition. Il faudra faire une très bonne préparation, avec beaucoup de matchs amicaux et renforcer si possible l’effectif de 2 ou 3 très bons joueurs, comme en 2015 où Amadou Haïdara « Doudou », absent de la CAN à Niamey, a été l’une des grandes révélations au Chili.

Les jeunes semblent être en véritable symbiose dans le jeu. Comment est-ce possible quand beaucoup viennent d’horizons différents ?

C’est vrai, mais ces jeunes joueurs peuvent jouer ensemble aujourd’hui les yeux fermés. Il ne faut pas oublier que le Mali a une sélection minime depuis un certain temps où se retrouvent et évoluent ensemble ces jeunes joueurs. On se rappelle qu’ils ont remporté deux tournois en 2016 au Qatar et au Japon. Pour vous dire qu’un vrai travail est en train de se faire à la base au Mali. Déjà, les cadets de 2019 sont en gestation depuis presque un an, avec à leur tête le duo Soumaïla Coulibaly « Soumi » et Gaoussou Diallo « Malatini ».

Jonas Komla, l’entraîneur, remporte ainsi un autre trophée. Quels sont son secret et sa stratégie de jeu ?

C’est son tout premier trophée continental en tant que sélectionneur, mais il avait déjà remporté deux tournois à Doha (Qatar) en octobre et à Tottori (Japon) en juin 2016. Jonas Komla est un très bon coach, qui a une véritable complicité avec ses joueurs. Il a montré que le Mali regorge de très bons techniciens, car il succède maintenant à Baye Ba, qui vient de rejoindre les U20 de la Mauritanie. La FEMAFOOT devrait continuer sur cette belle lancée et former nos coachs locaux, pour que, dans l’avenir, nos sélections ne soient dirigées que par des Maliens.

 

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