› Économie

Urbanisation : des enjeux cruciaux

Le développement de Bamako doit répondre à plusieurs problématiques.

Bamako, avec plus de deux millions d’habitants, fait partie des grandes villes d’Afrique subsaharienne. Elle fait face, à l’instar des autres mégalopoles du continent, à de nombreux défis qui questionnent sa viabilité et le bien-être socio-économique de ses habitants.

Dar es Salam, la capitale de Tanzanie, accueille du 31 mai au 2 juin une conférence sur la résilience urbaine. La rencontre se tient dans la continuité d’un rapport sur les villes africaines. Si le Mali connait un taux d’urbanisation assez faible, environ 5,1% selon les chiffres de la Banque mondiale, l’explosion démographique dans les agglomérations urbaines est un véritable défi à relever. « En raison de leur essor démographique, les villes africaines sont vouées à jouer un rôle capital dans la croissance de leur pays », souligne un nouveau rapport de la Banque mondiale paru en février dernier, et que les décideurs africains et leurs partenaires s’approprient à travers des rencontres dans les différents pays. Améliorer la vie des citadins et des entreprises en investissant vigoureusement dans les infrastructures et en réformant les marchés fonciers, mais aussi en tenant compte des impératifs de développement durable sont des enjeux communs à toutes les villes du monde.

Bamako compte aujourd’hui plus de 2 millions d’habitants selon les estimations officielles, environ 3 millions d’après les données d’ONG. L’essor démographique de la capitale malienne (environ 50% de croissance tous les dix ans, l’un des plus élevés de la région) ne rime cependant pas, à l’instar de la plupart des villes africaines, avec croissance économique. Pour la Banque mondiale, il urge d’investir autant dans les infrastructures (accès à l’eau et l’énergie, évacuation des eaux usées et des ordures, transport, télécommunications) que dans la construction de villes « ouvertes au monde ». Pour Somik Lall, économiste principal à la Banque mondiale spécialisé dans le développement urbain, « les dirigeants et responsables publics africains doivent s’attacher en priorité à investir tôt et de manière coordonnée dans les infrastructures ». Et cela, afin d’en faire des cités ouvertes aux échanges commerciaux et humains avec les autres villes du pays, de la région et du monde. Pour y parvenir, les responsables municipaux doivent de toute urgence se doter d’une approche nouvelle et solide pour le développement urbain en Afrique. »

Outre la prise en compte de cet aspect économique, il convient d’investir dans la résilience afin d’avoir des « villes durables ». Les trois priorités pour ce faire sont l’identification des risques, la mise en œuvre de stratégies de réduction de ceux-ci et une meilleure préparation à la prise en charge des catastrophes (naturelles ou non) ou d’urgences d’autres types. « L’urbanisation verte », est également un défi pour les villes comme Bamako qui croissent et s’étendent en investissant massivement (public ou privé) dans l’immobilier. « Il faut également repenser le foncier urbain afin que sa valeur soit réévaluée et que les ressources qu’il génère soient utilisées pour le financement du développement », poursuit M. Lall. C’est à ce prix que Bamako pourra relever le défi d’une urbanisation à visage humain tout en étant économiquement viable, de manière durable.

 

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