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Présidentielle 2018 : la donne religieuse

L’influence des religieux dans la politique croît considérablement.

À moins d’une année de l’élection présidentielle, la campagne semble être déjà officieusement ouverte. Et avec elle, la course aux soutiens. Tout particulièrement ceux des leaders religieux…

« Les musulmans du Mali sont avec toi », a annoncé le guide spirituel d’Ançar Dine International, Chérif Ousmane Madani Haïdara, à l’adresse du Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, lors du lancement des travaux de bitumage de la route Barouéli – Tamani, le mercredi 24 mai. En apportant le goudron jusqu’à la ville natale du leader soufi, le chef de l’État tient là une des promesses qu’il lui aurait faite lors de la campagne de 2013. Cette phrase sonne comme une assurance pour le locataire du palais de Koulouba qui entend briguer un nouveau mandat à la tête du pays, comme l’a laissé entendre sa déclaration sur la chaîne Al Jazeera en marge du sommet arabo-islamique à Ryad le 21 mai, et semble vouloir s’allier les même efficaces soutiens d’il y a 4 ans. En effet, ceux de Mahmoud Dicko, président du Haut conseil islamique, du chérif de Nioro et la bienveillance de l’incontournable Haïdara ont largement contribué à la victoire d’IBK en 2013, avec plus de 77% des voix à l’issue du deuxième tour face à Soumaïla Cissé.

Recette miracle ? Le chef d’État a compris qu’il lui était nécessaire de reconquérir ses soutiens d’antan. D’autant qu’en 2015, Haïdara avait menacé de porter un imam au pouvoir reprochant au gouvernement son indifférence à l’égard des fêtes religieuses. L’année suivante, le président IBK, accompagné de plusieurs ministres, célébrait le Maouloud avec Haïdara au stade du 26 mars. Un retournement perçu comme un aveu et attestant de l’influence du guide religieux dans le pays, et donc potentiellement dans les urnes. Quant au chérif de Nioro et à Mahmoud Dicko qui reprochent à IBK sa gestion du pouvoir, leur soutien est de plus en plus tiède. Des accusations qui ne découragent pourtant pas le président de la République, disposé à améliorer leurs relations. Le président du Haut conseil islamique et Chérif Madani Ousmane Haïdara était d’ailleurs de la délégation qui a accompagné Ibrahim Boubacar Keïta lors de son voyage en Arabie Saoudite fin avril dernier.

Mais le candidat à sa propre succession en 2018 n’est pas le seul à avoir mesuré tout l’impact du soutien des leaders religieux sur les résultats électoraux. L’ancien Premier ministre Moussa Mara a, depuis son départ du gouvernement en 2015, multiplié les visites et arpenté les mosquées dans la capitale mais aussi à l’intérieur du pays. Un travail de fond qui paye puisqu’il aurait déjà conquis les membres de l’Union des jeunes musulmans du Mali (UJMMA).

 

 

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