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Les médias maliens face aux nouvelles mesures

Plusieurs médias encouragent cette mise aux normas du secteur et ont déjà signé une convention avec la HAC afin de se mettre en conformité.

La Haute autorité de la communication, créée il y a presque deux ans, a pris des mesures pour une meilleure organisation du paysage médiatique malien. Un processus qui ne va pas sans grincement de dents. Les patrons de presse s’expriment sur le sujet.

« Dans ce pays, tout le monde s’improvise journaliste. D’ailleurs c’est le seul métier sensible que tous peuvent pratiquer au Mali. Le contenu de tous nos médias le dénote et c’est dommage », regrette Lassana Kouyaté, cadre des impôts à la retraite en train de faire sa revue de presse quotidienne devant la Bourse du travail de Bamako.

Un constat qui a poussé le gouvernement à mettre en place la Haute autorité de la communication (HAC) qui a, depuis son installation en décembre 2015, pris des dispositions pour la mise en conformité des médias existant dont la plupart exerçait avec des documents temporaires, fermé 47 radios qui ne disposaient d’aucune autorisation d’émettre et édicté de nouvelles règles pour réguler le secteur. La réforme de la presse écrite et la délivrance de la carte de presse est également en cours de préparation.

Alexis Kalambry est l’un des pionniers de la presse écrite au Mali et directeur de publication du journal « Les Échos ». Selon lui, « il est temps de remettre de l’ordre dans la famille de la presse malienne. Cela ne se fera pas sans douleurs et sans cris, mais c’est un mal nécessaire ». Même si certains patrons de presse, parmi lesquels Sambi Touré, directeur de publication du journal « Info Matin » et promoteur de radio, avouent ne pas avoir connaissance du contenu de ces nouvelles mesures, nombreux sont ceux qui sont déjà acquis à la cause. « On ne peut pas continuer à laisser tout le monde faire ce qu’il veut », appuie le président de la Maison de la presse, et non moins patron d’un groupe de médias. Dramane Alou Koné déplore le fait qu’il existe des medias qui nont « ni siège, ni employé, donc aucune charge pendant que les autres se débattent à mettre leurs travailleurs dans les meilleures conditions de travail. Ce n’est plus acceptable ». « Ce que nous devons reconnaître à la HAC, qui a à sa tête des personnes ayant assez de respectabilité au niveau de la corporation, c’est qu’elle nous (patrons des médias) a toujours associés dans les prises de décision. Donc nous allons nous plier et les accompagner », assure Alexis Kalambry. « Si les mesures s’appliquent à tous, sans distinctions, je ne pense pas qu’il puisse y avoir de résistance. La HAC n’aura d’effet que lorsqu’elle sera juste et rigoureuse », conclut M. Koné.

 

 

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