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La contrefaçon, une épine dans le pied de l’économie malienne

Les intrants contrefaits occasionnent une productivité moindre pour les agriculteurs.

Médicaments, accessoires de mode, mais aussi aliments et boissons… aucun produit manufacturé n’échappe aujourd’hui à la contrefaçon. Ce fléau touche tous les pays du monde, en particulier les moins développés, et la lutte peine à porter ses fruits.

On les appelle les produits piratés. Ce terme indique bien la notion de nocivité de ces articles qui sillonnent le globe et alimentent un marché de près de 500 milliards de dollars US par an (chiffres OCDE, 2015). Ce qui représente 10% du commerce mondial.

Des dizaines de milliers de saisies sont effectuées chaque année, avec en tête de liste des articles les plus contrefaits : les articles vestimentaires et l’électronique. Viennent ensuite les médicaments, les produits alimentaires et aussi les intrants agricoles.

La Chine reste le principal pays d’origine de ces produits. Près de 65% des saisies concernent ce pays d’Asie, le continent qui détient le palmarès de la contrefaçon, puisque l’autre grand pays de « copie » est la Thaïlande. Le numéro 3 sur la liste est Singapour.

Ces produits, qui inondent les marchés sur le continent africain, au-delà du danger qu’ils représentent pour la santé et la sécurité des consommateurs, sont donc également un défi économique. « Le Mali subventionne les intrants pour son agriculture à hauteur de 41 milliards de francs CFA. Parmi les produits que nous importons, il y a malheureusement des produits non conformes. Imaginez un paysan qui utilise de l’engrais qui ne lui permet pas d’améliorer sa production. C’est une perte pour l’Etat et une perte pour le producteur, qui ne pourra pas nourrir sa famille. Une double perte », affirme le Dr Nango Dembélé, ministre de l’Agriculture du Mali. Les intrants agricoles sont en effet également frappés par le phénomène de la contrefaçon.

Et ils ne sont pas moins chers. « Moins cher est cher. C’est comme cela que nous expliquons la contrefaçon à nos clients. Il faut lutter contre l’idée qu’acheter des produits piratés permet de faire des économies », explique pour sa part le Dr Ashifi Gogo, PDG de Sproxil, qui propose aux entreprises de protéger leurs marques à travers une solution de suivi et de traçabilité de leurs produits. L’entreprise dote ses emballages de codes-barres que le client peut scanner pour s’assurer de l’origine du produit.

Cette solution sera implémentée au Mali pour la première fois par l’Icrisat et ses partenaires auprès du monde rural, pour la sécurisation des intrants. Une initiative saluée par les acteurs du secteur, qui reconnaissent les pertes colossales provoquées par la contrefaçon.

 

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