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Les SOTRAMA : Un modèle dépassé ?

Dans toute société, se déplacer pour ses besoins quotidiens est une nécessité.  Autrefois, cela se faisait à pieds, à dos d’âne ou à cheval, mais ce temps est révolu et le SOTRAMA, ce minibus de couleur verte, est depuis quelques années le véhicule de transport en commun le plus emblématique de la capitale malienne. Malgré son accessibilité financière, ce moyen de déplacement vieillissant ne semble plus répondre aux attentes des usagers.

Bamako est devenue une agglomération qui tente depuis des années d’afficher un visage de capitale moderne. Le SOTRAMA, le moyen de transport en commun le plus privilégié, mais aussi le plus inconfortable pour la population et l’un des plus dangereux en circulation, reste dominant dans le trafic routier.

Malgré les initiatives de quelques sociétés privées, au début des années 2000, pour répondre aux attentes des usagers en lançant des lignes de bus intra urbaines, force est de constater que le secteur n’évolue pas beaucoup. Le manque de soutien et d’accompagnement des autorités, ainsi que les taxes exorbitantes imposées à ces sociétés, ont fini par sonner leur déclin. Seuls les SOTRAMA, véhicules qui ne répondent plus aux normes, subsistent dans le paysage, assombrissant le rayonnement de la cité. On ne se presse pas de remplacer ces engins vieillissants et inconfortables. Selon Moumini Guindo, Directeur régional des transports du district de Bamako, tout est « une question de vision et d’évaluation de l’État », qui doit élaborer une politique générale de transports en commun urbains.

Pourtant, dans des pays comme le Niger, pour résoudre les embouteillages, les accidents et les désagréments causés par la mauvaise gestion du domaine routier public, les autorités ont mené des réflexions qui ont abouti à la mise en circulation à Niamey de 445 minibus, appelés Faba – faba. Des parkings pouvant en accueillir jusqu’à huit ont été aménagés, pour la sécurité des usagers et le respect des normes des grandes cités modernes.

Au Togo, la SOTRAL (Société de transport de Lomé) a été créée par une volonté politique de satisfaire les besoins en mobilité dans la capitale. Depuis 2015, cette société de transports collectifs urbains s’est imposée grâce à sa flotte de 90 autobus desservant tous les quartiers de la ville de Lomé. Des initiatives qui doivent inspirer l’État malien, qui doit reprendre le contrôle sur ce secteur.

Malheureusement, selon M. Guindo, la politique actuelle de mobilité et de transports urbains à Bamako ne permet pas de remplacer les SOTRAMA, bien que « l’idéal soit d’avoir des bus modernes et des trajets bien organisés, à l’image de certains pays. Les SOTRAMA pourraient alors desservir seulement les quartiers périphériques ».

 

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