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Créances sur l’État : les fournisseurs en colère

Des dettes impayées datant pour certaines de 1995, un processus de remboursement entamé puis interrompu, c’est la situation qui oppose depuis plusieurs années déjà le ministère malien de l’Économie à plusieurs opérateurs économiques. Regroupés au sein du Collectif des fournisseurs et opérateurs, ils entendent bien se faire payer.

80 milliards de francs CFA, c’est ce que réclament plusieurs fournisseurs à l’État malien. Regroupés depuis peu au sein d’un collectif pour rentrer en possession de leur dû, ils attendent les résultats des démarches entamées auprès du ministère en charge de l’Économie d’ici le 15 août 2017.

Cette date est donc la prochaine échéance de ce processus de remboursement commencé en 2012, selon N’Tji Coulibaly, le Secrétaire administratif du Collectif des fournisseurs et opérateurs. Il s’agit de dettes dont certaines datent de 1995, toujours selon M. Coulibaly. Avec les changements successifs de ministres, le processus s’est poursuivi jusqu’en 2015.

A partir de 2016 et l’arrivée d’un nouveau ministre de l’Économie, il a été demandé un gel de la situation afin d’y voir plus clair. Pour payer ces arriérés datant de plusieurs dizaines d’années pour certains, les fournisseurs ont consenti des efforts, dont le fait de renoncer à 40% de la valeur de leur dette.

Différents types de prestations font l’objet des montants que l’État malien doit à ses fournisseurs. Cela va des fournitures de bureau aux services de distribution rapide de courrier, en passant même par des liquidités, au besoin. « Les fournisseurs qui réclament individuellement les plus grosses sommes d’argent sont ceux qui ont prêté en liquide », confie M. Coulibaly.

Un audit interne a donc été mis en place et une nouvelle évaluation a été menée pour établir des critères et commencer à payer les sommes dues par les différents ministères, soit 8 milliards de francs CFA. Des protocoles ont été signés et des jugements d’homologation faits au niveau du Tribunal de commerce, ce qui a entrainé le début d’un nouveau processus de paiement. Un processus interrompu à la demande du ministère, car certains dossiers ne seraient pas valides.

Le département de l’Économie a mis en place une commission présidée par le chef de cabinet du ministre. Face à la situation, le collectif s’est réuni et a décidé d’entamer d’autres actions. Il a été reçu par la commission, qui l’a invité à attendre les résultats du rapport remis à la Primature. La commission doit rendre publiques les conclusions de ses travaux ce 10 août, ce qui permettra d’en savoir davantage sur la stratégie adoptée par le gouvernement pour résoudre le problème.

 

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