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Hombori : le nouveau no man’s, no justice land ?

Il n’est caché de personne que le centre du Mali, principalement la région de Mopti, depuis 2015 est devenu un foyer actif de banditisme dont la violence est traduite par plusieurs attaques, prises d’otages, intimidation et assassinat de populations civiles, innocentes.

Plus de 52 attaques en deux ans

Les études sur la problématique de l’insécurité à laquelle fait face le Mali, dans son septentrion et sa région centre, dénombrent plus de 52 attaques depuis 2015, contre des militaires et populations civiles. Des attaques perpétrées par divers milices auto-proclamées, qui ont causé plusieurs morts. Le climat insécuritaire au Nord a fini par déteindre sur la quiétude en région de Mopti, réveiller des anciennes appréhensions intra et inter-communautaires, qui ont conduit à la propagation de menaces en bande armée. Sévaré et Douentza sont à ce jour l’épicentre des tensions, également les plus touchés par les trafics en tout genre.

Mopti dans le tourbillon djihadiste

Les attaques s’intensifient dans la zone du Delta intérieur du Mali, depuis près deux ans. Les créations actives de milices d’auto-défense se transformant en Katiba, prêtant aussitôt allégeance à des groupes djihadistes, démontrent la réalité du danger de ces zones, ce constat n’est que la partie immergée de l’iceberg, de la violence dont sont confrontés les habitants des zones de conflits. La tension est palpable, les menaces, prise d’otage font désormais partie du quotidien des habitants.

Doit-on se formaliser avec l’inacceptable ?

Des échos remontés de témoins directs découvrent l’impuissance de nos concitoyens de l’intérieur, les victimes et parents de victimes sans défense, rentrent en rupture pour la plupart dans leur foi en l’État et la justice, par conséquent se murent dans le fatalisme. La ceinture insécuritaire qui les tenaillent, angoisse les populations de la région de Mopti, pris en étau entre deux tourbillons : confrontation entre bandes armées d’un côté, combats de riposte entre les armées officielles engagées dans la lutte contre le terrorisme et les narco-djihadistes, de l’autre.

Est-il qu’en entendant, c’est une autre section du Mali qui est en train de perdre espoir en l’état malien. C’est le cas de cette famille de Hombori dont le chef, non moins chef religieux a été pris en otage. Les habitants du quartier (…) et ses ressortissants à Bamako, sont ébranlés et sous le choc, depuis quelques jours par l’annonce d’une éventuelle exécution de leur ami, frère, père et guide religieux. Cette commune du cercle de Douentza est en proie aux exactions d’hommes armés jouant aux caïds dans toute la zone. Ils sont identifiés des habitants que la peur muselle.

Une éventuelle exécution

Monsieur (…) aurait été exécuté il y a deux jours par ces ravisseurs. Pour l’heure la mort n’est pas constatée par le retour du corps. Ce qui nous convie à la prudence. La nature de sa prise d’otage ne saurait être définie ou difficilement définissable, tant les familles des victimes remettent leur sort entre les mains de Dieu, désarmées , face à des sans foi ni loi. De source familiale et traçable, Monsieur (…) a été fait otage au retour d’une mission maraboutique dans un village à quelques kilomètres de sa ville. Il était en compagnie de son chauffeur, lorsque des hommes surgissent de nulle part, extraie le chauffeur de la 4X4, et partent avec le bien et son propriétaire. Dans ce trafic humain, le mode opératoire reste idem à celui du rapt à Youwarou en avril 2017, sur la personne d’Amadou Ndjoum, agent de l’I.N.P.S toujours entre les mains de ses ravisseurs. Monsieur (…) à sa capture avait une conséquente somme d’argent sur lui. Le mobile demeurant le même, l’argent. L’échange d’otage leur fonds de commerce principal.

Dernièrement plusieurs attaques dans le cercle de Douentza

Les dernières attaques depuis 2016 recensées dans la localité de Hombori découvrent peu à peu comment la violence fait rage, s’installe dans cette ville. La dernière en date est l’attaque d’un poste de la douane et d’une brigade territoriale de la gendarmerie. Hombori est victime des soubresauts du conflit du Nord, qui se déplace vers l’épicentre du Mali depuis 2013. Cette ville de la région de Mopti, se rappelle au bon souvenir des touristes par l’authenticité de son rocher caméléon, dont les couleurs se ravivent au coucher du soleil. Aujourd’hui Hombori tremble de peur, ses femmes maltraitées par les bandits armés, ses enfants enlevés pour les utilisés contre les leurs, prise d’otage et disparition sont plus que tout le quotidien de cette commune du cercle de Douentza. Hombori la ville aux 25.527 âmes se trouve actuellement balafré par diverses attaques. Le sublime visage rayonnant est défiguré par la peur de ses habitants tant la nature des violences ne leur était pas une habitude.

Le Mont hombori le nostalgique dont le flan gaude découvre la poétique Main de Fatma (Garmi Tondo), pour laquelle plusieurs touristes à la découverte du Mali faisait le détour pour le massif imposant de 1153 mètres, ne sait plus sur quel pied danser. Hombori comme Sévaré sont des zones à sécuriser d’urgence. Ne nous conformons pas à l’habitude de la barbarie chaque innocent tombé est une perte regrettable pour le Mali.

La reprise des villes aux proies à l’insécurité est infailliblement un gage de reprise d’une santé économique. Puissions-nous un jour sortir de la spirale infernale !

 

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