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Révision constitutionnelle : IBK en ressort-il grandi ?

Face au refus d’une grande frange de la population d’adhérer au très décrié projet de révision constitutionnelle, le président de la République à décider d’y surseoir. Cette décision unanimement saluée qui devrait apaiser le climat social, permettra-t-elle à IBK d’engranger auprès des Maliens une côte d’amour fortement entamée qui l’avait mené à la présidence en 2013 ?

Dans une intervention télévisée, vendredi 18 août, le président a annoncé la suspension du projet de révision constitutionnelle : « dans l’intérêt supérieur de la nation et de la préservation d’un climat social apaisé, j’ai décidé, en toute responsabilité, de surseoir à l’organisation d’un référendum sur la révision constitutionnelle. Pour le Mali aucun sacrifice n’est de trop» a-t-il soutenu. Les avis négatifs des religieux et des chefs traditionnels sur ce projet et la menace d’une désobéissance civile brandit par la plateforme ‘’An tè a bana’’ semblent donc avoir eu raison de la détermination du président. « Ce n’était pas une décision unilatérale, le président à décidé d’écouter les chefs et les religieux, ce qui démontre toutefois l’importance de la création d’un sénat où ces personnes seraient représentées, maintenant deux choix se présentent au chef de l’État, ou il abandonne définitivement ou il continue, mais c’est à lui de décider » assure Badra Ali Sidibé, membre du RPM et un des proches du premier vice-président du RPM, Moussa Timbiné. Pour beaucoup de membres pro-régimes, cette décision honore le président, qui démontre par la même sa capacité d’écoute. « C’est un acte de grandeur, malgré sa position, il a fait preuve d’humilité, il ne voulait pas que le pays s’enlise dans ce clivage du Oui ou du Non, dont les seuls bénéficiaires étaient des hommes politiques qui ne voulaient pas que le président retire le projet » ajoute Sidibé. Il faut dire, que cette décision du président n’était pas vraiment attendue. Il y a deux semaines, dans un autre entretien télévisé, le chef de l’État réitérait une nouvelle fois sa volonté de mener à bien la réforme constitutionnelle en tenant notamment des mots forts, à savoir qu’une non tenue du « référendum est anti républicain et anti-national ».

La plateforme qui avait prévu une nouvelle marche le 19 août, l’a finalement décliné en meeting devant la bourse du travail. Devant près d’un millier de personnes massées devant la bourse du travail, le vice-président de la plateforme ‘’An tè a bana’’, Amadou Thiam a salué le revirement du président. « Nous lui avons demandé pardon pour les offenses qui lui ont été faites, et il a fait de même » déclarait-il. Des paroles qui n’ont pas véritablement plu aux manifestants dont certains réclamaient la démission du président.

« Ce n’est pas de gaieté de cœur, qu’il a renoncé, il était obligé, et il veut redorer son image. Dans quelques mois, ils vont entamer les grandes manœuvres en vue de la présidentielle, en disant aux Maliens, que le président est un homme de dialogue, et qu’il se soucie d’eux, mais il n’est plus possible de tromper les maliens » analyse le chef de file de l’opposition, Soumaila Cissé. Il se plaît également à rappeler, une déclaration d’IBK lors du sommet du G5 Sahel, où le président affirmait qu’abandonner le projet de réforme constitutionnelle serait trahir le pays. « Il reconnaît lui-même avoir trahi le pays, il devrait donc démissionner, nous avons besoin d’une nouvelle alternance, c’est une grande frange de la jeunesse qui a été à l’avant-garde lors de cette lutte, nombreuses ont été les promesses faites, aucune n’a été tenue, au contraire la situation s’est détériorée depuis son arrivée » ajoute-t-il. Pour conclure, Cissé estime que « ce retrait n’est que l’ultime manifestation de l’incapacité du président à mener à son terme ses projets, qui tombent les uns après les autres dans les méandres de l’échec »

 

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