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Changements Climatiques : Quels risques pour le Mali ?

Sierra Leone, Niger, Guinée, États Unis, France. Les catastrophes naturelles s’enchaînent et touchent indifféremment les pays, grands comme petits pollueurs. Les changements climatiques se manifestent violemment et font des milliers de victimes. Qu’il s’agisse de pluies diluviennes, de vents violents ou de fortes chaleurs, le Mali n’est pas à l’abri.

Pluies diluviennes entraînant un glissement de terrain suivi de coulées de boue meurtrières à Freetown. La capitale sierra léonaise vit depuis le 14 août 2017 l’une des pires catastrophes naturelles de ces dernières années. Le bilan est d’environ 500 morts, plus de 800 disparus, des dizaines de sans-abris et des dégâts matériels importants. Quelques semaines après, des pluies torrentielles feront une dizaine de morts au Niger. Auparavant, en Guinée, l’effondrement de tonnes d’ordures avait détruit tout un quartier et fait de nombreuses victimes.

Ces phénomènes, qui semblent imprévisibles, sont pourtant, selon les spécialistes, des conséquences des changements climatiques. Changements dont l’activité humaine est responsable. La sonnette d’alarme est tirée.

Pour Dr Modibo Sacko, Point Focal National chargé de la mise en œuvre des questions climatiques au Mali, il n’y a plus d’illusions à se faire. « Nous sommes en plein dans les changements climatiques. C’est pourquoi il était impératif de trouver un accord lors de la COP 21 de 2015 à Paris, pour maintenir le réchauffement climatique dans une fourchette de 2 degrés à l’horizon 2100 ».

Bien que nous n’ayons pas atteint la barre d’un degré, les effets sont déjà effrayants. « De la montée des océans, suite à la fonte des glaces, avec des inondations dans les pays insulaires, à l’érosion des sols observée dans des pays côtiers proches du Mali comme la Côte d’Ivoire, en nous subissons les conséquences ».

Des vents violents et des pluies torrentielles entraînent un « lessivage du sol dont l’une des conséquences est l’effondrement des maisons et des coulées de boue, qui vont détruire les récoltes ou encombrer les cours d’eau. Ceux-ci vont déborder et provoquer des inondations ». Autant de dégâts qui n’épargneront aucun pays, ajoute le Dr Sacko.

Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, « il n’est pas du tout exclu que le Mali subisse des pluies diluviennes », selon le Dr Sacko, « entraînant des éboulements et l’effondrement des maisons situées à flanc de colline, comme c’est le cas dans certains quartiers de Bamako ».

Autre phénomène inquiétant : le drainage des ordures entassées anarchiquement vers les cours d’eau, qui seront pollués, et l’obstruction des collecteurs, provoquant des inondations. Des vents violents, pouvant provoquer la destruction des forêts et le déplacement de tonnes de sable du désert, ne sont également pas à exclure.

Les fortes chaleurs, outre leurs effets directs sur la santé, pourront aussi causer des dégâts collatéraux, comme des feux de brousse ou la combustion des décharges anarchiques par la libération dans l’air des tonnes de méthane qu’elles contiennent.

 

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