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L’ONU insatisfaite de la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation

 

 

Le Secrétaire général de l’Organisation des  Nations Unies,  a produit un rapport sur la situation au Mali. Ce dit rapport qui couvre la période de mi-juin à mi-septembre  2017, met l’accent sur des faits majeurs sur le plan politique et sécuritaire, entrainant le retard  dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale. Le gouvernement qui,  en dépit de  tout,  note des avancées significatives  réaffirme sa volonté de poursuivre les efforts.

Le rapport du Secrétaire général de l’ONU sur la situation au Mali, rendu public le  03 octobre dernier, évoque la détérioration de  la situation depuis le précédent rapport (S /2017/478) et l’adoption de la résolution 2364  du 26 juin 2017. Une dégradation due surtout à des faits politiques et sécuritaires.  Selon le rapport,  la reprise des affrontements entre les groupes armés signataires ayant eu lieu en juillet, l’insécurité  croissante dans le centre du pays  et, l’agitation politique née du projet de révision constitutionnelle ont largement contribué à la stagnation.

Hier jeudi, 05 octobre, le  représentant spécial  du secrétaire général des  Nations Unies Mahamet Saleh Annadif, le ministre malien des Affaires étrangères et de la coopération internationale Abdoulaye Diop, et d’autres personnalités des structures  connexes ont participé par vidéoconférence à une séance  officielle  du conseil de sécurité de l’ONU à New York. La présidence de ce mois d’octobre est assurée par la France. Invité à prendre la parole  M. Annadif s’est dit heureux d’interagir à partir  de Bamako et remercie  le secrétaire général de l’ONU de lui offrir l’occasion de présenter le rapport  du SG et faire le point sur les récents développement  de la situation  au Mali, notamment la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger. Pour Annadif le débat sur le projet de révision de la constitution  et les affrontements armés entre les  principaux groupes signataires  «  ont failli remettre en cause tout le processus de la mise en œuvre de l’Accord ». Sur le projet de révision de la constitution, les tensions se sont apaisées avec la décision d’IBK d’ajourner le referendum.  De l’autre part, la CMA et la Plateforme ont  signé après une première trêve un document intitulé « Engagement » qui permet la cessation des combats et dont les clauses sont œuvres. La réunion de Haut niveau coprésidée par IBK et le Secrétaire général de l’ONU , en marge de l’Assemblée Générale de l’ONU à souligné « la nécessité d’accélérer la mise en œuvre, notamment la création de la deuxième chambre du parlement et l’opérationnalisation des collectivités territoriales , le lancement du cantonnement et du processus de DDR, l’élaboration d’une feuille de route de la Reforme du Secteur de Sécurité (RSS) et le redéploiement progressif des Forces de Défense  et de Sécurité Malienne reconstituées ».  Le représentant spécial a fait cas de la prise de fonction du gouverneur de Kidal le 19 septembre, « un retour qui ne doit pas uniquement être symbolique » a-t-il souhaité.  Le représentant spécial a en outre évoqué les élections de 2018  qui s’approchent à grand pas, la situation des droits de l’homme, la montée en puissance de l’extrémisme violent  et l’impunité entres autres. Des défis énormes à faire face cependant.  Pour Annadif, le régime des sanctions « constitue aussi un levier important  contre ceux qui poseraient des obstacles au bon déroulement du processus de paix.» Il a assuré aussi du soutien régulier de la MINUSMA aux autorités maliennes  malgré qu’elle demeure confrontée à des activités des groupes extrémistes  et autre terroristes  ainsi que des réseaux criminels. «  Ceux-ci constituent les principaux obstacles au retour de la paix, en particulier la mise en œuvre de l’Accord » a souligné M. Annadif. C’est pourquoi, la mise en place de la Force Conjointe  du G5 Sahel est selon Annadif «  une opportunité pouvant concourir à la création d’un climat  propice à la bonne exécution du mandat de la MINUSMA ».

Apres l’exposé du représentant spécial du secrétaire général, le représentant de l’Uruguay prenant la parole s’inquiète aussi de « la situation délicate au Mali » avec la dégradation de la sécurité notamment.  Il a souligné la lenteur de l’Accord signé il y a plus de deux ans «  mais en attente de mise en œuvre concrète »  s’impatiente le représentant.  Il se  félicite de la mise en place de la Force mixte du G5 Sahel et encourage ces genres d’initiatives. Il regrette que la situation en République du Mali continue de se détériorer «  du fait essentiellement des actions terroristes extrémistes ». « Mais nous sommes préoccupés aussi par les violations de dispositions  de l’Accord  par les signataires » a-t-il ajouté. Selon le représentant de l’Uruguay la responsabilité première de l’ordre et de la protection des populations incombe au premier chef  aux autorités maliennes. Quant au représentant de la Bolivie, il a salué les efforts du gouvernement du Mali  qui est parvenu à la cessation des hostilités. Il a exhorté  la communauté internationale à poursuivre ses efforts pour retrouver la paix et la stabilité au Mali.

Prenant ensuite la parole le ministre malien des affaires étrangères dit  reconnaitre  certes les difficultés qui ont jalonné le processus de paix mais estime que des progrès remarquables ont été enregistrés, comme la reconnaissance des groupes armés du caractère laïc et la forme républicaine et unitaire du Mali, la cessation effective des hostilités entre les groupes armés et les forces de défense  et de sécurité du Mali. Pour Abdoulaye Diop, en dépit de tout,  « le gouvernement reste déterminer à diligenter l’application de cet accord  car nous sommes convaincus qu’il n’ya pas d’alternative crédible  à cette voix pacifique pour le règlement de cette crise » a réaffirmé le ministre. Pour Diop, il devient urgent d’aider la force du G5Sahel et prioriser une approche coordonnée. Il dit comprendre l’impatience du Secrétaire général et des autres partenaires mais attire leur attention sur la complexité du problème. « Aucun malien, ni le gouvernement, ni la population, n’aurait pu penser que deux ans après la signature de  cet Accord  nous serions encore là, donc nous sommes plus frustrés, en tant que citoyen, en tant que responsable » a t- il fait savoir. Il a appelé à faire des remarques qui confortent et qui aident, «  et cesser de regarder seulement dans le rétroviseur » a-t-il  souhaité.

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