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CPI: Fatou Bensouda promet le cas Al Faqi ne sera pas le dernier.

Annoncée pour septembre, la procureure générale de la Cour Pénale Internationale est arrivée dans la capitale malienne le mardi 17 octobre pour une visite de 48 heures. Un séjour qui  s’inscrit dans le cadre des présumées violations des droits de l’homme dans le nord et le centre du pays et la découverte des fosses communes par la MINUSMA à Anefis et Human Rhigts Watch dans la région de Mopti. Ella a coanimé  avec le ministre de la Justice, une conférence de presse  ce 18 octobre 2017 à l’hôtel Radisson Blu de Bamako.

Sur invitation du ministre de la justice Me Ismaël  Konaté, la procureure de la Cour Pénale Internationale a bouclé une visite  officielle de deux jours au Mali. Selon le ministre, cette visite s’inscrit dans le cadre de la coopération entre le Mali et l’institution. « Le Mali et la cour pénale internationale entreprennent depuis belle lurette  une coopération parfaite qui nous donne l’occasion dans un esprit de complémentarité de travailler ensemble » a rappelé le ministre. Pour lui, cette visite permettra dans un premier temps de fortifier la  coopération, ensuite  d’entreprendre des actions réciproques à mener  sur le terrain et enfin les échanges d’information pour permettre de lutter contre la criminalité et l’impunité. Il faut le rappeler, la République du Mali est le deuxième pays africain  à avoir ratifié dans les années 2000, le traité de Rome, instituant la CPI. C’est par ce droit de membre que le Mali l’a saisi officiellement en 2012 «  en vue d’ouvrir un examen préliminaire sur les événements qui avaient jadis lieu au nord du Mali et qui se sont prolongés » après, a soutenu Me Ismaël Konaté.

Accusations de violation de droits

Face au dernier rapport d’Human Rights Watch, qui indexait les FAMAs de graves violations de droits humains, le ministre Mamadou Ismaël  Konaté a jugé important que la procureure rencontre la hiérarchie militaire pour comprendre ce qui se fait sur le terrain. «  Nous avons eu l’occasion  dès son arrivée, de rencontrer l’ensemble des chefs militaires du Mali : le chef d’état major général des armées, celui de l’armée de l’air, de l’armée de terre,  de la garde nationale, le directeur général de la gendarmerie, de  la police nationale et de l’ensemble des officiers maliens qui étaient  assez représentatifs de l’armée malienne » a détaillé le ministre. Après cette séance  avec la hiérarchie militaire, la procureure a eu une autre séance de travail avec les procureurs généraux du Mali, «  particulièrement avec le procureur antiterroriste » précise Me Mamadou Ismail Kontaté. D’ailleurs, la CPI a jugé et condamné  Ahmad Al Faqi Al  Mahdi, pour avoir détruit des mausolées classés au patrimoine mondial de l’humanité à Tombouctou.

Dossiers en cours

Pour sa part, la procureure, Fatou  Bensouda a indiqué que la CPI a ouvert une enquête sur la situation au Mali en 2015 après avoir été saisi par le gouvernement. Elle s’est réjouit  de la condamnation d’Al  Faqi, qui, pour le moment n’est qu’un élément d’un ensemble. « Le cas Almahdi Al Faqi ne sera pas le dernier, nous espérons que très bientôt nous aurons des résultats » a-t-elle  clarifié,  laissant entendre que des personnes pourraient faire l’objet de l’attention de la cour pénale internationale soit pour crime de guerre ou pour crime contre l’humanité.  « Nous nous  intéressons aux  crimes, qui de notre point de vu tombent  sous la juridiction de la CPI» avait déclaré Bensouda avant de garantir que « tous les crimes qui  sont assez graves, pourront attirer l’attention de la CPI.» Ella a rappelé aussi que les  champs qui intéressent la CPI qui sont  les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les génocides sont des crimes qui «  choquent la conscience de l’humanité, et ce sont ces crimes qui  justifient l’intervention de la CPI » a martelé la procureure faisant savoir que des allégations sérieuses relatives aux violations graves des droits de l’homme au centre du Mali ont déjà son attention. Pour le ministre de la justice, le gouvernement n’a pas dit qu’il y a ou non des charniers mais à l’issue de la visite effectuée par le ministre des droits de l’Homme dans la région de Mopti, aucune fosse n’a été découverte par la mission.

Le ministre,  tout comme la procureure a enfin insisté sur la dynamique de la coopération entre l’institution et le Mali. Il a aussi mis l’accent sur l’importance pour un pays en situation de crise, comme le Mali en tant qu’État partie,  de mettre en avant la dynamique de la justice et la lutte contre l’impunité. «  Les crimes commis au Nord du Mali depuis la période de la saisine de la CPI,  sont des crimes qui sont accessibles à la CPI dès lors qu’il s’agit des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et de génocide » a rappelé Me Ismaël Konaté. Il prévient tous ceux qui se sont livrés ou qui s’adonnent à des exactions et crimes que « l’institution  judiciaire n’oublie pas, elle peut se réveiller tardivement, mais toujours se réveiller » a-t-il conclu en remerciant la procureure de la cour pour sa visite.

 

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