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Prisons maliennes : Tout va mal !

 

Avec un ratio d’environ 10 prisonniers pour 1 surveillant, les prisons maliennes sont loin du standard international, 4 prisonniers pour 1 surveillant. Avec très peu de moyens, elles doivent faire face à de nouveaux défis et répondre aux normes. Vu l’insuffisance en personnel et les problèmes de gestion, pointés du doigt par la Section Syndicale des Surveillants de Prisons du Mali (SSSP), le pari est loin d’être gagné.

« Le personnel pénitentiaire ne peut pas être géré comme celui d’une administration classique », s’indigne le Capitaine Brahima Sogodogo, Secrétaire général de la SSSP. Qualifiant la situation actuelle, notamment celle des surveillants de prison de crise, le Capitaine Sogodogo regrette que, deux ans après leur recrutement, 105 surveillants attendent toujours leur formation militaire. Dernier corps de sécurité créé au Mali, le leur est pourtant toujours « en marge de la politique nationale de sécurité », selon lui.

Une de ses difficultés principales découle justement des conditions de la création du corps, en 1996, suite à la radiation des 800 gendarmes en 1993. Ceux-ci ont été pour la plupart répartis entre la Protection civile et l’Administration pénitentiaire. Les surveillants de prison ainsi recrutés qui réclamaient des conditions de travail adéquates se voyaient rétorquer que cet emploi était une indéniable opportunité pour eux.

Ce corps de sécurité, dont la création n’a donc obéi à aucune des règles prescrites en la matière, a évolué ainsi sans statut.  Ce n’est qu’en 2016 que la loi  n°031 du 16 juillet lui a donné un statut. Mais sa mise en œuvre n’est  toujours pas effective une année après.

Cette insuffisance en personnel, qui est loin d’être le seul problème de l’administration pénitentiaire, se pose avec davantage d’acuité aujourd’hui, à cause de la surpopulation carcérale, qui est « une réalité dans toutes les prisons du Mali », selon le Capitaine Sogodogo. « L’arrivée de terroristes et d’autres bandits, avec les faibles moyens actuels », pose un réel problème de sécurité, selon le spécialiste.

Les locaux, qui ne répondent pas aux normes internationales en termes d’établissements pénitentiaires, et l’absence d’équipements pour les agents (armes individuelles, matériel de maintien d’ordre et même tenue) constituent autant de goulets d’étranglement qui empêchent le personnel pénitentiaire d’assurer sa mission de sécurisation des établissements et des détenus.

Invitant les autorités à prendre conscience de « la gravité de la situation », le Capitaine Sogodogo estime que les actions en matière de sécurité pourraient être remises en cause si l’administration pénitentiaire ne dispose pas bientôt des moyens nécessaires.

 

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