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Diarah Cissoko : « Montrer que les villes peuvent être faites autrement »

A l’occasion de la journée mondiale de l’Habitat célébrée le 08 novembre de chaque année, le président de l’Ordre des urbanistes du Mali revient sur le sens de la célébration. Il explique également l’importance de repenser les villes d’aujourd’hui.

Quelle importance revêt cette journée mondiale ?

Notre journée, c’est pour sensibiliser les personnes sur les questions urbaines, d’environnements. Elle permet de se retrouver avec les décideurs, avec les citoyens, avec les collectivités, pour partager la vision des uns et des autres par rapport aux problèmes qui sont posés, c’est l’importance pour nous de cette journée. Beaucoup de personnes ne savent pas ce que c’est que l’urbanisme, par définition l’urbanisme est multidisciplinaire et chacun peut dire, je suis urbaniste parce que j’ai fait un caniveau ou j’ai fait une  école. Mais ce n’est pas ça l’urbanisme, c’est surtout de la cohérence, avoir une vision globale de la ville, qui lui permettrait de fonctionner de façon harmonieuse, malheureusement nous n’arrivons pas à faire passer cette idée. Notre objectif c’est de montrer aux personnes que  les villes peuvent être faites autrement.

Les réserves foncières prévues pour 20 ans sont consommées en 5 ans, l’urgence ne serait-il pas de changer cette tendance?

Oui je pense que l’urgence est de changer cette tendance, dans la mesure où cela engendre de nombreuses conséquences. A partir du moment ou en cinq ans vous consommez les réserves de 20 années, vous êtes obligés d’en programmer encore et sur des espaces qui n’étaient pas prévues pour cela, des espaces agricoles par exemple. Après vous êtes obligés, si vous installez des personnes dans ces parties-là , de leur ramener l’eau, l’électricité, la route, de leur construire l’école, des centres de santé.

Le Mali est l’un des pays les moins urbanisés de l’Afrique de l’Ouest.  Comment l’explique-t-on ?

Il y a le pourcentage de la population urbaine par rapport à  la population totale, mais il y a aussi les problèmes causés par les villes. Même si vous n’êtes pas énormément urbanisé, que les villes posent des problèmes, vous serez au même niveau que les autres. Donc il faut que l’on puisse, en dépit de notre niveau faible, maitriser ce que nous avons, contrôler la croissance des villes. L’objectif des villes c’est de produire de la richesse, mais aussi un environnement, durable sain. Il ne faut pas ‘il  y ait des personnes qui soient laissées à  la marge, dans des quartiers insalubres. La ville doit être ouverte.

Il existe l’hypothèse de faire de Sévaré la capitale. Comment cela pourrait-il se faire et qu’est que cela changerait ?

Il y a des visions par rapport à  Bamako. Les problèmes sont tellement énormes, que pour simplifier, il y en a qui ont dit de laisser Bamako, pour se déplacer vers Sévaré. En ce moment, nous avons le terrain à Sévaré, nous avons moins de problèmes, peut être que nous pourrons mieux contrôler. C’est bien là le problème, mais c’est une idée un peu extrêmiste.

Le ministre Bathily (Urbanisation, habitat, affaires foncières) a déclaré que l’urbanisation, c’est l’anarchie. Partagez-vous son avis ?

Ce n’est pas totalement de l’anarchie. Il y a tout ce qui a été mis en place, comme politique, comme outils de planification urbaine, mais si on les mets en place, et qu’on ne les contrôle pas, l’anarchie dont il parle peut être une gare routière envahie par les logements. Si vous avez des personnes qui ont besoin de se loger, il faut bien qu’il y ait une parcelle. L’absence de cela peut créer de l’anarchie.

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