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Drogue : La prévention est essentielle

La prévention est l’un des piliers de la lutte contre le trafic et la consommation de drogue au Mali. Un axe essentiel, qui peine à  obtenir des résultats face une absence de données fiables mais aussi à un manque de coordination et de moyens.

« Normalement, il faut une étude pour faire une évaluation.  Mais il n’existe aucune donnée scientifique capable de mesurer la consommation », constate Mohamed Sadio Mady Kanouté,  chef de la division prévention, communication et relations publiques à l’Office Central des Stupéfiants (OCS.) L’absence de données chiffrées sur le trafic et la consommation de drogue constitue le premier obstacle à la prévention, prioritaire dans la lutte.

«Si la répression est insuffisante pour lutter efficacement. Il faut une approche équilibrée entre répression et prévention », explique M. Kanouté.  Car le trafic ne fait qu’augmenter. Deux types de prévention sont menés par l’OCS. Celle dite « universelle », qui s’adresse à la population en général, considérée comme  potentiel consommateur, et l’autre ciblée sur certaines « couches considérées comme vulnérables », comme les élèves et étudiants, ceux qui travaillent dans les activités minières, les professionnels du sexe, les transporteurs et d’autres groupes exposés à la consommation de drogue. Il s’agit essentiellement de séances de sensibilisation organisées en vue d’expliquer les conséquences de la consommation de ces produits sur la santé et la vie de ceux qui s’y adonnent.

Au plan national, la lutte est régie par la  loi n°01-078 du 18 juillet 2001, axée sur la prévention. Depuis 2016, sur instruction de l’ONU, la prévention, qui consiste à «  anticiper la commission de l’infraction », est aussi la règle sur le plan international.

La lutte que mène l’État est effectuée grâce à l’implication de plusieurs organisations de la société civile, parmi lesquelles l’ONG « Ensemble contre la drogue », créée cette année par l’Association des jeunes de Tombouctou pour se focaliser sur la problématique. « Parce que, pendant et après la crise, les jeunes se sont familiarisés avec les stupéfiants. Certains continuent d’être sous leur effet et ont même abandonné l’école », explique Monsieur Ahmadou Touré, Président de l’association. Pour être efficaces, les actions de sensibilisation sont  menées avec des « campagnes de désintoxication et de traitement ». Mais « ce qui manque, c’est la prise en charge en charge des personnes dépendantes, pour leur réinsertion », un volet non encore pris en charge par les partenaires qui accompagnent l’ONG, selon Monsieur Touré. Le chômage, la recherche du gain facile, le contexte sécuritaire « où les trafiquants ne sont pas dénoncés » et la faible implication des familles pour assurer le relais sont aussi autant d’obstacles à la prévention, selon Monsieur Touré.

 

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