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Kalaban Coro – Kabala : L’axe de la mort

La route  reliant  Kalaban Coro à Kabala est mortelle. Les camions bennes n’y cessent de faire des victimes. Les mesures restrictives prises il y a un mois produisent des résultats timides. Le 30 mars, le Premier ministre a posé la pierre des travaux d’élargissement de la voie, mais, en attendant, le danger reste réel.

7 morts. C’est le nombre stupéfiant d’étudiants et professeur décédés d’accidents sur la route de Kabala de 2017 à mars 2018. Le nouveau campus universitaire, inauguré il y a un an, crée la désillusion. Pour s’y rendre, une route longue de plusieurs kilomètres que les  étudiants, à moto en majorité, et les automobilistes empruntent quotidiennement. Les camions bennes qui transportent du sable du fleuve vers la ville sont pour tous les usagers une épée de Damoclès.

Il est 11 heures, la circulation entre Kalaban Coro et Kabala est fluide. Quelques camions circulent. Des étudiants reviennent du campus. « A cause de ces camions, je  me suis réveillé à 6 heures. Je rentre à la maison maintenant », dit Amadou Dramé, étudiant en socio-anthropologie. Alors qu’il veut monter sur le goudron, un camion klaxonne. Il redescend en catastrophe, avant de poursuivre sa route, la peur au ventre. Car emprunter cet axe c’est risquer sa vie. « Il y a juste une semaine, un professeur a cogné un maçon à moto. Il est mort sur le coup », témoigne Sekou Sacko, étudiant en histoire et géographie.

Des décès fréquents Courant février, un étudiant de l’École Nationale d’Enseignement Technique et Professionnel décédait suite à un accident avec un gros porteur. Face à cette tragédie,  l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM) avait décrété une série de grèves. Pour calmer la situation, le maire de la commune et les usagers concernés ont convenu le 9 mars dernier d’interdire temporairement la circulation aux camions de 6 à 9 heures et de 15 heures à 17 heures 30 minutes. Des dispositions « idoines », selon Idrissa Soiba Traoré, Maitre de conférences à l’Université des Lettres et des Sciences Humaines. « Il y a une amélioration. De 8 heures  à 9 heures 30, on voit rarement des bennes circuler », affirme-t-il. « Avant-hier, un enseignant  a percuté deux étudiants. L’une, très connue, du nom de Batoma, est décédée ce matin, l’autre est dans une situation stable à l’hôpital ».

Pour résoudre définitivement le problème, le Premier ministre Soumeylou Boubeye Maiga a posé le 30 mars la première pierre des travaux d’aménagement et d’élargissement du  tronçon. En attendant, de jeunes âmes continuent d’y laisser la vie.

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