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Kassé Mady Diabaté : Yiriba bina

Décédé le 24 mai à 69 ans, Kassé Mady Diabaté était devenu une star au Mali grâce au titre Laban Joro de son premier album solo, Fodé, lancé en 1988. Cet artiste à la voix inimitable avait suivi le parcours de nombre de griots « modernes » maliens.

L’enfant de Kélà, village malinké emblématique, avait intégré l’orchestre local de Kangaba dès 1970, avant de rejoindre l’Ensemble instrumental national, d’être coopté quelque temps par les ex « Cubains » de Las Maravillas del Mali et d’intégrer  l’orchestre Badema national en 1976.

Kassé Mady, c’était une grande voix et en même temps un artiste curieux et partageur prêt à toutes les « fusions ». De Taj Mahal à Toumani Diabaté, de Cheick Tidiane Seck à Bassékou Kouyaté, de Vincent Ségal à Ballaké Sissoko, des musiciens flamenco de Ketama à Djelimady Tounkara, il n’a jamais refusé aucune expérience musicale, son timbre reconnaissable entre tous étant adaptable à l’infini.

Cet homme humble et discret, peu adepte de la « griotitude » des mariages, baptêmes et autres évènements lucratifs, était pourtant une véritable star, un vrai « grand arbre » du Mandé. En plus de cinq décennies de pratique, il a « distribué son art », donnant par exemple des « master class » improvisées à l’Haïtien James Germain, qu’il considérait comme un fils à qui transmettre son savoir.

Comme il le disait lui-même lors d’une interview au journal français Télérama, à l’occasion de l’un de ses rares déplacements à l’étranger, « j’ai joué de la musique acoustique, électrifiée, cubaine ; j’ai chanté avec un rappeur et des rockeurs brésiliens [Rivière noire]. Mais, au fond, je n’ai jamais bougé mes lignes et je suis resté fidèle aux rythmes et modes anciens ». C’était un vrai djéli, un as de la science métaphorique mandingue, un orfèvre des mots. C’est une vraie « voix d’or », et le terme n’est pas galvaudé dans le cas d’espèce, qui vient de « tomber ».

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