Négociations sur les changements climatiques : L’Afrique en rang serré
Par Cheikh Dia/Essor - 28/06/2010
La rencontre de la CMAE à Bamako a permis aux pays africains d’harmoniser leurs positions pour les sommets de Décembre sur les changements climatiques et de Mexico (COP16)
-
© primature
Conférence des Ministres de l'Environnement de la CMAE à Bamako
La 13è session de la Conférence des ministres africains de l’environnement (CMAE) s’est achevée vendredi dernier, au Centre international des conférences de Bamako (CICB). La cérémonie de clôture était présidée par le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Tiémoko Sangaré. Elle a enregistré la présence du directeur régional pour l’Afrique du Programme des Nations unies pour l’environnement, Mounkaila Goumandakoye. Du 20 au 25 juin, plus d’une trentaine de ministres en charge de l’environnement des pays africains ont débattu des questions fondamentales pour l’avenir du développement durable en Afrique. Il s’agit du changement climatique, de la dégradation des terres, de la biodiversité et la désertification.
Les problèmes de surveillance environnementale des territoires et de l’éducation environnementale des populations ont aussi été abordés au cours de cette réunion. Pendant les travaux, les participants se sont attelés à la recherche d’une position africaine commune sur le régime climatique international global après 2012, ainsi qu’à l’élaboration d’un cadre global sur les programmes du continent en matière de changements climatiques.
Dans les grandes rencontres internationales, l’Afrique a toujours été marginalisée. Ses problèmes et ses propositions de solutions n’ont jamais été sérieusement pris en compte.Pourtant, malgré sa faible participation aux causes des changements climatiques (3,8 % des émissions globales de gaz à effets de serre), notre continent paie le plus lourd tribut pour les dégâts. Selon une étude de l’Organisation mondiale de la santé, près de 23 % de la mortalité en Afrique sont liés à des facteurs de risques environnementaux. Au même moment, ce sont 60 % des enfants soufrant de fièvre au Ghana, au Mali, au Nigeria et en Zambie qui sont soignés avec des plantes médicinales.
Aussi, la pauvreté de l’Afrique est en grande partie liée à la dégradation de son environnement. Sa part de contribution à l’économie de la majorité des pays africains est estimée à près de 26 %. La session de Bamako était donc un tournant dans la préparation du continent pour les prochaines batailles dont la plus proche, est la conférence de Nagoya (au Japon) en octobre prochain. L’Afrique doit partir en rang serré.
Le continent doit maintenir ses positions de Copenhague sur les objectifs des pays en matière d’émission des gaz à effet de serre, a estimé le ministre Tiémoko Sangaré, lors de la cérémonie de clôture. Mais elle doit aussi poursuivre son combat pour un assouplissement du mécanisme de développement propre.Selon le ministre, le principal sujet d’avenir pour nous Africains est l’adaptation aux effets des changements climatiques. Chaque pays doit par conséquent se doter d’un mécanisme national pour négocier et gérer les fonds d’adaptation. « Nous devons de plus en plus coordonner nos actions pour présenter un front uni devant les donateurs, pour participer à la mise en œuvre internationale des mécanismes de gestion des fonds, et s’assurer que ce nouveau type d’aide au développement ne sera pas un simple redéploiement de l’aide », a préconisé Tiémoko Sangaré. Mais, tout cela ne peut se faire sans l’obtention de données scientifiques fiables et vérifiées, pour étayer cette position, a souligné le ministre de l’Environnement et de l’Assainisment.
En matière de biodiversité, la session de Bamako a porté sur la préparation d’une position commune de l’Afrique sur le régime international pour l’accès et le partage des avantages des ressources génétiques. Parmi les points forts, il y a la mise en œuvre d’un régime contraignant, l’extension du domaine de compétences aux dérivés et produits des ressources génétiques, le renforcement des capacités et le transfert de technologies. « Nous serons ainsi mieux armés pour aborder la conférence de Nagoya en octobre 2010 », a déclaré Tiémoko Sangaré.
DES SECHERESSES PLUS SEVERES.
Évoquant le chemin parcouru au cours de ces 25 dernières années, Mounkaila Goumandakoye a de son côté relevé que le continent fait face encore à de nombreux défis. Il a aussi souligné que le continent a fait des progrès remarquables et que les opportunités demeurent immenses, malgré les défis multiples.
La conférence de Copenhague n’a pas répondu aux attentes et l’Afrique. Notre continent vit déjà les effets du changement climatique à travers des sécheresses plus sévères et plus répétées, les inondations et d’autres catastrophes naturelles qui ont un impact dévastateur sur l’économie et la vie des populations a fait remarquer Goumandakoye. « Les négociations vont êtres difficiles, complexes et ardues.
Mais, l’Afrique bénéficiera toujours du soutien du PNUE », a assuré son responsable. L’organisme onusien, tout en accompagnant les pays dans les actions et les initiatives pour faire face aux défis, va activement les aider à saisir les opportunités comme le mécanisme de développement propre qui finance des projets de développement écologiques à travers le monde. Sur les 4890 projets enregistrés en mars 2010, seulement 122 se trouvent en Afrique.Au terme de cette 13è conférence, les participants, dans une déclaration se sont dits "déterminés à renforcer et appliquer les décisions prises par l’Union africaine et la conférence ministérielle africaine sur l’environnement.
Ils s’engagent à renforcer la position de négociation commune en vue d’un régime international global sur les changements climatiques par, la mise en ouvre intégrale, effective et soutenue de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Ils exhortent les gouvernements africains à appuyer activement ce processus. Et demandent aux pays de prendre des mesures en vue de s’attaquer aux problèmes touchant les groupes vulnérables, en particulier les problèmes imputables aux changements climatiques.
Les Africains sont invités à adopter une approche écosystémique en matière d’adaptation pour lutter contre les changements climatiques. Il est demandé au PNUE et aux autres partenaires d’aider les pays africains à avoir accès aux ressources disponibles du Fonds d’adaptation de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques.
Mais aussi, d’accélérer la mise en ouvre du cadre d’action de Kyoto pour 2005-2015 et de la stratégie régionale africaine pour la réduction des risques de catastrophes dans la perspective d’accroître la résilience du continent face aux effets néfastes des changements climatiques.
Il a été demandé aux organismes des Nations unies, à la Commission de l’Union africaine, à l’organe de planification et coordination du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et aux autres partenaires d’appuyer l’élaboration d’une approche stratégique pour lutter contre le déboisement et la dégradation des sols dans toutes zones écologiques, en particulier dans les régions semi-arides et arides d’Afrique.
POLITIQUE
- Guinée : le médiateur burkinabé veut un «code de bonne conduite»
- Guinée : les deux candidats à la présidentielle en visite au Burkina Faso.
- Discours du président ATT au lancement du mois du cinquantenaire
- Islam : Kadhafi crée la polémique en Italie
- Agriculture en Afrique : Koffi Annan au Mali pour 48h
- Guinée : Cellou Dallein et Alpha Condé bientôt en visite à Ouagadougou
SPORTS
- Basketball : Le Djoliba dames s'impose face à l'As Police
- Eliminatoire CAN 2012 : les Aigles se préparent activement
- Afrobasket 2011 : le Mali qualifié pour la phase finale
- Coupe CAF: le Djoliba AC se remet en selle
- Daimler Cup : Olympafrica de Banankabougou gagne le trophée 2010
- Coupe CAF: les Rouges de Bamako dans une poule abordable
ECONOMIE & BUSINESS
- Microfinance : Le crédit Jemeni en faillite
- Koffi Annan : la visite continue auprès des agriculteurs Maliens
- Sécurité Bancaire : La BCEAO met en place une centrale des incidents de paiement
- Perspectives économiques 2010 : le Mali maintient sa croissance
- Campagne agricole 2010 : ça promet !
- Oumar Balla Touré, DG de l'OMATHO : "le Mali reste un pays visitable"
DOSSIERS
- Témoin du cinquantenaire / Baba Ahkib Haidara : "Le monde ne va pas nous attendre !"
- Affaire du Fonds mondial : Retour sur un scandale de corruption administrative
- Crise alimentaire au Niger : le PAM sacrifie 60% des personnes touchées
- Bamako : Les caravaniers de l'Intégration ont reçu leurs attestations
- La Caravane de l'Intégration à Abidjan : Un final en deçà des attentes
- Anyama : La cité de la cola en Côte d'Ivoire
Culture & Loisirs
- "San bi-duuru don" : douze artistes chantent le cinquantenaire
- "Mali Debout" : l'hommage de Mokobé au Cinquantenaire
- Classement Newsweek : le Mali meilleur du monde pour sa musique
- Ministar 2010 : Plus que 8 candidats en lice
- Yannick Noah brise les "Frontières" dans son nouvel album
- 22 septembre 1878 : Une date pour l'indépendance du Mali
Société
- Hôpital du Point G : Une centaine de millions détournés
- 22 Septembre : Une contre marche pour ternir la fête
- Affaire du Fonds mondial : Oumar IbrahimTouré va t-il démissionner ?
- Mendicité des enfants : Dakar donne l'exemple
- Gossi (région de Tombouctou) : 4 leaders communautaires tués
- Ramadan et habillement : les tenues sexy choquent à Bamako
Débats & Opinions
- Climategate : Au-delà des commissions d’enquête
- L'édito du lundi : Et vous, comment vivrez-vous votre cinquantenaire ?
- Chronique du vendredi : Quel bilan pour cinquante ans de culture ?
- Bakary Konimba Traoré à propos des partis politiques : "La diversité politique peut construire le pays…"
- Développement économique : les défis du changement institutionnel
- Bon Ramadan 2010 : Appel à la solidarité des commerçants !
Personnalités
- Oumou Ahmar Cissé : "Les femmes ont les mêmes difficultés partout dans le monde "
- Myriam Soumaré, une athlète aux chevilles ailées
- Tata Bambo, une carrière au fil des cinquante ans du Mali
- Mariam DIALLO-DRAME : « La jeunesse n’attendra pas demain pour développer le continent ! »
- Mamadou GAKOU : « A chaque fois que l‘on pose un acte anodin, on peut faire du mal à la nature ! »
- Nabou Touré, journaliste à Africable : Une jeune présentatrice du JT qui fait fureur
