28 septembre 2009 -28 septembre 2010 : Triste anniversaire en Guinée
Par Hawa SEMEGA - 28/09/2010
Un an après le massacre sanglant du stade du 28 septembre à Conakry, les guinéens se rappellent.
Souvenir amer, les responsables impunis ?
Le 28 septembre 2009, l’opposition guinéenne se rassemblait au stade du même nom à Conakry pour manifester contre l’éventuelle candidature du capitaine président Moussa Dadis Camara. Le stade avait alors été encerclé par des militaires déployés vraisemblablement par le chef de la junte de l’époque. Les forces de sécurité censées garantir la sécurité des citoyens, procédera à une barbarie sans nom. Selon les chiffres de l’organisation des nations unies (ONU), il y aurait eut plus de 150 morts, une centaine de femmes violées et mutilées. Certains leaders ont même été pris à parti par des militaires. Certains témoins ont affirmé par ailleurs que des miliciens sierra léonais et libériens étaient infiltrés dans la foule. Un an après le sinistre, les principaux instigateurs du massacre restent impunis malgré leur écartement du pouvoir. Le capitaine Moussa Dadis Camara est en convalescence au Burkina-Faso suite à la tentative de meurtre de son aide de camp à son encontre, en décembre dernier. Celui-ci qui était au premier rang au stade du 28 septembre, est en fuite depuis près de 10 mois. Les anciens ministres Claude Pivi et Moussa Tiégboro Camara, ne sont pour leur part, pas du tout inquiétés pour le moment.
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© 20minutes
Plus de 150 morts lors des massacres du stade du 28 septembre 2010
Souillées à vie
Ce jour là restera à jamais marqué dans la mémoire des nombreuses guinéennes violées et mutilées par des «hommes de loi ». Certaines seront même séquestrées durant plusieurs jours chez leurs bourreaux et d’autres violées en pleine rue. Elles seront pour la plupart chassées du domicile conjugale. Leurs maris les jugeant souillées à vie. Rejetant la faute de ces exactions sur ces pauvres et malheureuses femmes. Dans ce pays où la pudeur est une règle d’or, nombreuses sont celles qui ont osé témoigner et s’exprimer sur les viols qu’elles ont subis. Une mère de famille témoigne au micro de nos confrères de RFI : « Ce qui s’est passé le 28 septembre, j’ai l’impression que pour moi, ce n'est pas encore fini. Quand je pense à tous ces militaires qui sont passés sur moi, ça me traumatise. Mon mari m’a quitté, je me sens seule, ma vie s’est arrêtée le 28 septembre, c’est terrible. J’ai pensé, sincèrement, à me suicider, heureusement j’ai pensé à mes enfants. Finalement, je me dis, tu te fais ça, toi peut-être ça va être réglé, mais pour tes enfants, ils n’auront personne à côté. C’est un cauchemard et le cauchemard continue… », a déclaré Oumou, au bord du désespoir.
Pas de manifestation en Guinée !
Un an jour pour jour après les évènements sanglants qui ont traumatisé l’ensemble du pays, aucune manifestation n’est prévue pour saluer la mémoire des victimes. À l’exception d’une prière qui aura lieu ce soir à la grande mosquée de Conakry. On a l’impression que le gouvernement de transition voudrait éviter de heurter la susceptibilité de certains hauts cadres du pays et militaires. Cela dit, ce crime ne restera probablement pas impuni puisqu’un rapport d’enquête a été publié en milieu de semaine dernière. Ce rapport situe la responsabilité des militaires en place au moment des faits. Le capitaine Camara, son aide de camp Toumba, son neveu Moussa Tiégboro Camara et l’ancien porte parole du gouvernement Claude Pivi y sont notamment mis en cause. L’affaire suit son court. La majorité des victimes souhaiterait que les responsables soient jugés par un tribunal international sinon, il risquerait de ne pas y avoir de justice équitable au cas où c’est la Guinée elle-même qui procéderait au jugement.
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