OGM : le Mali a cédé. Et demain?
Par Modibo FOFANA - 13/12/2010
Le Mali a désormais un cadre juridique permettant la recherche sur les Organismes Génétiquement Modifiés. Si les chercheurs saluent le texte longtemps désiré, l’opinion elle est inquiète pour l’avenir
Pendant que l’attention de l’opinion était fixée sur le départ du ministre de la santé Oumar Ibrahim Touré ou encore le bras de fer Gbagbo-Ouattara en Côte d’Ivoire, le Conseil des ministres, lors de sa session du 02 décembre a pris une décision très lourde de conséquences pour notre pays. Il s’agit de l’adoption d’un projet de décret déterminant les modalités d’expérimentation des Organismes Génétiquement Modifiés(OGM).
Le Mali est t-il sacrifié aux multinationales ?
Cette décision, selon le communiqué du Secrétariat général du Gouvernement, vise à permettre aux instituts de recherche et aux laboratoires de notre pays de disposer du cadre réglementaire nécessaire pour le démarrage des expérimentations. Ces essais, précise le communiqué officiel, peuvent être menés en milieu confiné et en milieu réel. Les procédures et modalités de ces expérimentations sont définies en vue d’assurer la sécurité des opérations. On peut se dire comme notre confrère du bihebdomadaire le Challenger qu’« au lieu d’encourager les chercheurs à mieux revaloriser les variétés locales, le gouvernement cède à la pression des lobbies semenciers comme Mosanto , Syngenta et autres ». En effet, l’adoption de ce décret est le fait d’une certaine élite, plus encline à recourir à l’expertise aux solutions importées, à écouter et à suivre les multinationales qu’à défendre les intérêts fondamentaux de son peuple. Cette attitude des dirigeants de notre pays est révélatrice de la difficulté pour eux d’agir conformément aux aspirations profondes des populations. Elle est ni plus ni moins qu’une fuite en avant à travers de solutions qui peuvent s’avérées désastreuses pour l’avenir de leur concitoyens. En adoptant ce texte, les députés ont pris le risque de lier notre droit de semer à des sociétés Privées occidentales. La Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétiquement Africain a tiré la sonnette d’alarme en novembre 2008 avant l’adoption d’un projet de loi sur la biosécurité par l’Assemblée Nationale.
Les paysans ne seront plus propriétaires des semences
L’un des dangers liés à l’introduction des OGM est que les paysans, déjà fort pauvres, ne soient obligés d’acheter les semences auprès des multinationales. Ce qui veut dire qu’ils ne seront plus propriétaires de leurs semences. Il suffirait donc que les grandes multinationales refusent de livrer leur semence pour qu’ils ne cultivent pas. Dans ce monde en crise, le fait de contrôler et posséder nos semences constitue une force de résistance face aux pays industrialisés. Les OGM, c’est assurément un piège mais aussi une technologie qui accroit la dépendance de notre pays. La privatisation des graines est inconcevable pour tout vrai patriote soucieux du devenir de ce pays. La contamination de nos variétés végétales, la destruction de l’environnement et de la biodiversité nationale sont les menaces des OGM. Il y a également des risques non connues sur la santé humaine et animale car la plupart des OGM, ce sont des plantes qui produisent des insecticides ou digèrent des herbicides. Les paysans de Fana et Yorosso et Kita ne s’attendent pas à ce que leurs gouvernants les conduisent sur l’échaffaud des grandes multinationales.
4 COMMENTAIRES
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MAUVAISE NOUVELLE
Par Ogami Itto14/12/2010 12:18
Pour réagir à votre commentaire sur cet article, l'un des risques posés par les OGM est les cultures transgéniques contaminent les cultures traditionnelles, ce qui implique qu'à long terme les cultures traditionnelles sont vouées à disparaitre. Aussi, la libération d'OGM dans la nature constitue un risque environnemental dont les générations futures auront à subir les conséquences. Or ce genre de risques ne peuvent être démontrées que sur une période suffisamment longue.
Certains produits commercialisés par la firme Monsanto, l'un des producteurs de ces OGM, ont été prouvés comme cancérigènes et retirés du marchés. Ajouté au fait que ces OGM ne peuvent générér de semences, leur stérilité sera transmise aux plantes traditionnelles qui ne pouront plus se reproduire naturellement, ce qui laissera les paysans maliens et l'agriculture malienne aux mains des firmes productrices de semences transgéniques.
L'on a vu les crises de la faim provoquées par les hausses du prix du riz, massivement importé au Mali. La dépendance du Mali vis-a-vis des semences laissera le Mali plus exposés aux risques de pénuries alimentaires. Car un état qui ne possède pas la maitrise de son alimentation ne peut être souverain.
Le Cas du Burkina Fasso est également claire. Le Coton GM a un rendement légèrement plus élevé. Mais les agriculteurs demeurent divisés sur les risques à moyen-long terme. Bagna Djibo, président du Réseau des organisations paysannes et de producteurs dénonce le "piège des OGM". Citation: On nous propose un système qui nous rendra dépendants. Des firmes auront le monopole des semences et les paysans n’auront plus leur mot à dire. Avant de leur donner des OGM, il faudrait peut-être leur fournir une charrue et des bœufs. »(Jeune Afrique Edition web du 29/11).
Avant la colonisation, La confédération du Mali (Senegal, Mali...) utilisait abondamment les espèces traditionnelles et ne connaissait aucun problème de malnutrition. C'est ce savoir-faire qu'il conviendrait de reconstruire et non favoriser une technique potentiellement dangereuse pour la santé et qui ne bénéficierait qu'aux firmes qui les produisent.
sachons raison garder
Par la chaleur17/12/2010 17:39
Comment peut-on choisir entre le naturel et l'artificiel? Il n'y a que les gouvernants africains à la solde de Babylone qui ne voient pas les intérêts des populations, seulement enclins à percevoir des présents des multinationales. Nous sommes en droit de nous poser la question s'ils n'en sont pas actionnaires. Dans ce cas pauvres de nous.....
pathétique
Par manu26/12/2010 16:04
Cela montre encore une fois les méthodes employées par les pseudos scientifiques transgéniculteurs ... tout en force et par derrière !!
Gilook tes propos ne tiennent sur rien du tout, si tu ne vois pas d'effets secondaire des OGM c'est que peut être tu ne te renseignes pas suffisemment sur ce sujet ou bien que tu as des conflits d'intérêts comme bcp de décideurs !
Cette info est une honte pour le Mali !
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