Filles-mères : un phénomène de mode à Bamako
Par Hawa SEMEGA - 26/09/2009
La pouponnière centrale de Bamako accueille chaque jour des milliers de bébés abandonnés par leurs jeunes mères après la naissance.
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Tous les jours que dieu fait à Bamako, des nouveaux nés sont retrouvés dans les poubelles, les champs, sous des camions, ou encore aux portes de certaines maisons. Selon des statistiques réalisées par la brigade des mœurs, plus de 10 gamins sont, toutes les deux semaines, délaissés par leurs mamans juste après leur naissance.
Des centaines de bébés abandonnés
La semaine dernière, la brigade de recherche du 11e arrondissement de police de Bamako a découvert un bébé sous un gros porteur. Le malheureux n’avait même pas son cordon ombilical sectionné. Il était 3h du matin, lorsque les agents de police ont entendu les cris de ce bébé. Ils l’ont tout de suite ramené à l’hôpital pour les premiers soins, avant qu’il n’atterrisse à la pouponnière.
Les aides ménagères premières responsables
Dans la majeure partie des cas, ce sont les aides ménagères qui agissent de la sorte. Elles quittent le plus souvent leurs villages pour venir travailler à la capitale. Une fois sur place, elles découvrent les délices de la vie et se laissent aller à la dérive. Une fois enceintes, elles n’ont pas les moyens de procéder à des avortements à l’hôpital. Certaines procèdent par des avortements personnels. C'est-à-dire, qu’elles avalent des poudres, ou comprimés recommandés par des vendeuses de médicaments traditionnels ou pharmacies parterres. L’issue ne peut être que catastrophique. Les plus chanceuses se retrouvent avec des bébés malformés à la naissance, ou attardés, les autres par contre, meurent. Par ailleurs, certaines gardent la grossesse jusqu’à terme. Mais, à l’approche de l’accouchement, elles disparaissent et vont se réfugier loin de leur lieu de travail où tout le monde les connait. Prétextant une départ pour le village. On sait pourtant qu’elles ne peuvent retourner avec une grossesse, au risque de se faire renier par les leurs. Leur seule alternative, devient l’abandon de cet être frêle et innocent. Les plus cruelles, tuent même ces enfants. Procédant par l’asphyxie, ou encore le broyage du crâne.
[b Cependant, beaucoup n’ayant pas la force de procéder ainsi, décident tout simplement de jeter le gosse quelque part et s’enfuir. La pouponnière de Bamako est ainsi remplie de gamins sans pères, ni mères, s'émeut la Directrice Mme Salimata Ouattara : Etant soi même une fille, une femme, comment peut-on rester de marbre face à un petit bout de chou. Je me demande si elles ont un cœur. Parce qu’aucune personne sensée ne peut se permettre cela. Nul n’a le droit de délaisser une vie. Elle est trop précieuse pour cela
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© courantde femmes.org
Groupes de filles mères encadrées par une ONG au Brukina Faso
Témoignages
Djènèba est aide-ménagère à Bamako depuis 3 ans : « Je suis mariée au village. J’ai laissé mon mari pour venir travailler parce que la vie est dure là bas. J’y retourne toutes les saisons. Au cours de ma première année, je suis sortie avec le gardien du lieu où je travaillais. Je suis malheureusement tombée enceinte. Je n’ai su mon état que 5 mois après. C’est ma patronne qui m’a informé en me chassant de chez elle. Mon amant n’a pas voulu reconnaître sa responsabilité et je me suis retrouvée toute seule. Je me suis réfugiée chez une amie qui travaillait pour des ‘boss’ et qui dormait seule dans sa chambre. Ses patrons n’ont rien su. Le jour ‘j’ , je suis allée accoucher seule dans les bois. Je me suis enfuie quelques temps après en laissant mon bébé pleurer tout seul. Je ne l’ai même pas lavé. J’ignore ce qui est advenu de lui. J’en ai toujours le remords. Aucune nuit ne passe sans que je ne l’entende m’appeler. Je regrette et je regretterai toujours mon acte. »
Le cas de Djènèba est un parmi des milliers à Bamako. Et les abandons de bébés sont devenus un phénomène de mode
Informer et sensibiliser !
Le Ministère en charge des femmes et des enfants, doit mener des campagnes de sensibilisation, d’information et de conscientisation. Ces filles ont besoin de conseils. Elles ne sont pas du tout informées. Elles doivent connaître tous les moyens de prévention pour éviter de contracter des grossesses non désirées. En plus de cela, elles risquent des maladies sexuellement transmissibles. D’après une étude réalisée par le Ministère de la santé, les aides ménagères ont un pourcentage assez élevé de VIH/SIDA. Elles sont atteintes en nombre parce qu’elles ne sont pas suffisamment informées.
La prison de "Bolé" comme peine
Face aux recherches approfondies et quotidiennes de la Brigade des mœurs, épaulée par les autres brigades de la ville, plusieurs filles-mères sont finalement retrouvées et incarcérées à ‘Bolé’, la prison des femmes et des enfants.
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