NATIONALE  |     INTERNATIONALE  |     ELECTIONS PRÉSIDENTIELLES 2013  |    

Nord Mali : Ibrahim Ag Bahanga veut-il vraiment enterrer la hache de guerre ?

Par Modibo FOFANA - 26/09/2009

Longtemps perçu comme une menace au nord, Ibrahim Bahanga, veut déposer les armes afin de participer au processus de paix en rejoignant les Accords d’Alger. Une démarche jugée incertaine...

    © malijet
    Bahanga et ses hommes

Comme le disent les sages, « les vieilles habitudes ont une seconde nature » Sur quelle base le chef de rebelle Ibrahim Ag Bahanga veut-il participer au processus de paix dans le Nord Mali ? A t il été contraint de déposer les armes ?

Rien ne sert à courir, il faut partir au point. Tel a été le cas d'Ibrahim Ag Bahanga qui cultivait l’image d’un homme caractériel, mais qui finalement a décidé d’enterrer la hache de guerre. Une contrainte pour un homme qui ne sait plus à quel saint se vouer. Coupé du reste de la communauté touarègue, il n’avait jusqu'alors jamais accepté la main tendue des autorités maliennes.


Bahanga sera t-il le bienvenu dans le processus de paix d'ATT ?

Ag Bahanga avait remis en cause l’accord de paix signé à Alger en juillet 2006. Une fois de plus, le retour à la paix se fait sans lui. Après la destruction de sa base principale à Boureissa en février, il a pris la fuite avec quelques fidèles à bord de trois véhicules. Avant d’être connu sous le trait d’un insurgé, Ibrahim Ag Bahanga était à la fois un berger et un voleur de chameaux, un bandit du désert. Ou une brute pour certains. Aujourd’hui, redoutant une humiliation, il veut caresser les autorités maliennes en déposant les armes pour participer au processus de paix.

Celles-ci vont-elles l'accepter alors que les victimes des rebelles sont loin d’avoir oublié ? D’une part, il n’est pas exclu de signer son retour dans la mesure ou le président Amadou Toumani Touré a opté pour le dialogue dans la résolution du problème du Nord. D’autres part, ATT veut charmer l’opinion internationale pour montrer qu’il est un homme de paix même si sa population en a payé le lourd tribut.

L’acceptation de Bahanga sans condition signifie aussi se tirer une balle dans le pied. Car après l’attaque d’Abeïbara et Menaka, ATT dans sa déclaration, avait promis au peuple Malien que les auteurs de cette attaque seraient poursuivis.

    © jeuneafrique.com
    Soldats maliens à l'oeuvre sur le terrain

Bahanga : parcours d’un rebelle identaire

En février 1992, alors inconnu du grand public, Ibrahim Ag Bahanga devait intégrer l’armée nationale avec le grade de caporal chef. Il refuse. Premier coup fourré en 1994, Ibrahima Ag Bahanga se fait remarquer par une prise d’otages dans la localité de Timitri pour qu'elle soit érigée en commune. Ses otages étaient des membres d’une mission de supervision des opérations électorales de passage dans son pays natal. »

Jusqu’à l’attaque du 23 mai 2006, contre les bases de l’armée nationale à Kidal et à Menaka, Ibrahim Ag Bahanga avait gardé le profil bas. Mais entretemps, il avait tissé des liens solides avec des réseaux de trafiquants ( très actifs dans la bande sahélo saharienne) avant le début de l’insurrection dont il était une figure de proue. Au fil du temps, ses liens avec les narco-trafiquants ne faisaient plus de mystère.

Ag Bahanga, un rebelle équipé

Malgré tout Ibrahim Ag Bahanga lors de sa croisade contre l’autorité centrale avaient des atouts. Comment comprendre qu’en un laps de temps court, il ait pu acquérir tout un arsenal de guerre, dont une trentaine de véhicules 4x4 bien équipés et à double réservoir ? Comment a t-il pu entretenir deux années durant une troupe forte de plusieurs centaines d’hommes ? Les exigences d’Ibrahim Ag Bahanga étaient claires : faire quitter l’armée nationale de Kidal. Il s’agissait en fait du fameux allégement du dispositif militaire dans le Temesna et précisément à Tinzawatene. Le soulèvement de Ibrahim AG Bahanga a eu au contraire un effet de boomerang.

Tinzawatene, lieu stratégique pour Ag Bahanga

Tinzawatene n’était pas occupée par l’armée nationale. Avant cela, il y avait seulement quelques agents de la douane car la zone était devenue un passage pour les narcotrafiquants. L’allègement du dispositif souhaité par Bahanga selon des sources militaires visait à créer un vide au profit de ce commerce illégal dont il tirait des avantages. L’ancien berger voulait un passage en force et s’y était préparé. Il avait du matériel adapté, des véhicules et des armements performants, notamment des canons et des mitrailleuses. Il disposait de renseignements sur tous les mouvements de l’armée : « le désert sait tout ». En plus de sa bonne connaissance d’une grande partie du Sahara, il avait des GPS pour ses déplacements. Ce qu'on peut retenir d'Ag Bahanga, c’est surtout sa méthode, et de tous les touaregs, il est le seul à s’adonner au rapt et à la pose de mines antipersonnelles. Ces mines ont fait beaucoup de victimes dont plusieurs civils dans la zone de Tinzawatene.

 
MOTS CLES :  Nord   Ag   Bahanga   Paix   Accords   Alger   Mali   Désert   Ménaka 

2 COMMENTAIRES

Afficher tous les commentaires | Poster un commentaire

Bahanga

Par Akradji

28/09/2009 15:30

Merci pour la qualité de votre information, mais une chose est s^ur et certaine, c'est trop t^ot de parler de la paix au Nord de Mali en ce moment. Ce calme ne peut-il pas etre une réplie tactique et de renforser d'avantage?

pétrole américain

Par YOusra

27/07/2010 11:02

Les Manipulations Américaines et Française pour le Pértole Saharien.
De Tuxmin (base rebelle touarègue, nord du Mali) A environ 200 kilomètres au sud de la frontière avec l’Algérie, on trouve Tuxmin, un ancien fort situé en plein désert malien. En 1990, l’occupation de ce poste militaire avait constitué le point de départ de la rébellion touarègue.
Depuis cette époque, les relations entre le peuple touareg (200 000 âmes, d’ethnie berbère) et Bamako, capitale d’un Etat de 12 millions d’habitants, ont été marquées par un cycle de réconciliations, d’accords, de révoltes. Le coordinateur général de l’Alliance touarègue du Nord-Mali pour le changement (ATNMC) et commandant en chef de la rébellion, Ibrahim Ag Bahanga, reçoit sous des acacias. Il est entouré d’hommes lourdement armés, de notables tribaux venus d’Algérie et de Kidal, la capitale de la région touarègue (“occupée” par l’armée malienne). “Si vous êtes venu chercher les gens d’Al-Qaida, vous ne les trouverez pas ici”, lance Magdi, l’un des conseillers politiques d’Ag Bahanga. Il fait allusion à des informations provenant des services de renseignements occidentaux parlant de la zone du Sahel, le vaste désert qui va de la Mauritanie au Tchad, comme d’un “deuxième Afghanistan” contrôlé par l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), devenu, depuis 2006, Al-Qaida au Maghreb islamique.
L’Amérique veut créer un “Afghanistan africain”
Mais, sur le terrain, on découvre que cet autre Afghanistan n’est pas vraiment une réalité, même s’il est fort possible qu’il finisse par exister. Les Touaregs accusent ouvertement les américains Al-Qaida d’essayer de les séduire pour faire d’eux ses alliés et obtenir ainsi pour de bon la création d’un “Afghanistan africain”. Ils assurent qu’ils n’ont pas l’intention de se laisser faire, mais, fait préoccupant, ils n’en sont pas moins très remontés contre les Occidentaux, qu’ils accusent d’hypocrisie. De plus, ils avouent que l’argent des américains et d’Al-Qaida “contamine ” leur peuple, ce dont les salafistes pourraient certainement tirer parti un jour ou l’autre.
Mais revenons sur les raisons les plus immédiates de tout ce qui se trame aujourd’hui dans le désert du Sahel. En 2003, l’un des chefs de l’ex-GSPC, Amari Saïfi, alias Abderrazak El-Para (ainsi nommé parce qu’il a servi dans l’armée algérienne), actuellement jugé à Alger, a enlevé 32 touristes européens. Un premier groupe a été libéré par l’armée algérienne au nord de Tamanrasset, dans l’extrême sud de l’Algérie. Une touriste allemande est morte d’insolation, et le reste du groupe (18 citoyens allemands) a été libéré à Kidal, après le versement de 5 millions d’euros par les autorités allemandes. Berlin a toujours nié avoir payé une rançon, mais l’un des responsables touaregs qui a participé aux négociations confirme que l’argent a bien été versé. “L’ambassadeur d’Allemagne en poste à Bamako, Ingmar Brentle, est venu avec l’argent en grosses coupures et l’a remis à Iyad Ag Ghali [chef de la rébellion en 1990] et au gouverneur de Gao, Ahmadou Baba Touré, qui agissait sur ordre du président [du Mali], Amadou Toumani Touré”, explique-t-il. Abderrazak El-Para n’a pas gardé tout l’argent. Il a distribué, euphorique, selon un témoin, entre 60 000 et 70 000 euros à chacun des médiateurs. Les faits ont été confirmés par El-Para lui-même après son arrestation, en 2004. Grâce à la rançon, l’ex-GSPC a commencé à investir dans la zone, s’assurant ainsi des complicités. Il a multiplié les largesses envers les nomades touaregs, leur offrant des vivres et allant jusqu’à établir des relations familiales avec eux. “Il payait le double du prix demandé, et ses hommes épousaient des femmes touarègues pour s’assurer des fidélités tribales”, explique le capitaine Ag Faki, homme de confiance d’Ag Ghali. “Pendant des années, l’argent de l’enlèvement a coulé à flots dans la région.”
L’Amérique refuse de fournir des armes aux touaregs
“Naturellement, le GSPC s’est aussi doté d’un armement moderne, qui lui a donné une puissance de feu équivalente à celle de l’armée algérienne”, ajoute le responsable touareg. Il soutient cependant que, contrairement aux autres médiateurs, Ag Ghali a refusé l’argent (70 000 euros) que Saïfi voulait lui remettre. Or on garde à l’esprit l’image des Touaregs amis des salafistes, dans la mesure où ces derniers étaient présents aux négociations pour la libération des otages allemands en 2003. C’est peut-être pour se défaire de cette image que les Touaregs ont attaqué les terroristes quelques années plus tard. La première fois, ce fut le 23 mai 2006, lors d’une embuscade tendue aux salafistes dans l’ouest de l’Adrar des Iforas, fief rebelle touareg. Ahmed Zerfaoui, alias Abou Jaula, alors numéro deux du GSPC au Sahel, fut abattu à cette occasion. Le deuxième affrontement a eu lieu en août de la même année, sur une piste qui mène des Iforas à Tombouctou.
Les islamistes tuèrent cinq combattants touaregs et en blessèrent sept autres. Ils firent aussi cinq prisonniers, qu’ils libérèrent “pour ne pas provoquer une guerre ouverte entre Touaregs et islamistes”. En réalité, ces deux opérations militaires étaient téléguidées par les services spéciaux américains et algériens. Le colonel Hassan Ag Fagaga, militaire de plus haut rang de la rébellion touarègue, ne s’en défend pas, mais il veut “compléter l’information” par une donnée inédite : ce sont les Américains et les Français qui ont demandé aux Touaregs d’intervenir contre les salafistes ; les Algériens n’auraient servi que d’intermédiaires.
“Nous avons dit aux Américains que nous n’irions pas les débusquer à Tombouctou ou à Gao, villes qui se trouvent en dehors de notre secteur”, affirme le colonel rebelle Abah Ag Musa, avant d’ajouter que cette collaboration a pris fin lorsque les Etats-Unis ont refusé de fournir des armes modernes à la rébellion touarègue pour lutter contre les islamistes. “Ils auraient voulu qu’on les attaque avec des arcs et des flèches ?” plaisante Abah Ag Musa. Actuellement, les Touaregs ne veulent pas participer aux négociations en vue de la libération d’Andrea Kloiber et de Wolfgang Ebner, deux touristes autrichiens enlevés en février à Tunis par une “phalange” d’Al-Qaida et retenus dans le nord du Mali. “Pas dans l’Adrar des Iforas”, précise le commandant Akli Ag Souleymane, “mais au nord de Tombouctou”, dans une zone pétrolière qui forme avec la Mauritanie et l’Algérie un “triangle de la mort” contrôlé par les américains et les français. Comme en 2003, les salafistes ont demandé la médiation des Touaregs. Les islamistes ont adressé début avril un message au gouvernement malien, exigeant qu’il nomme six médiateurs pour négocier la libération des Autrichiens : deux de Tombouctou, deux de Gao et deux de Kidal. Ils devaient tous être des Touaregs ou des Arabes de la région. Sous la pression de l’Union européenne, Bamako a accepté et nommé les six personnalités, dont deux Touaregs. Mais, dans la nuit du 10 avril, l’un des médiateurs touaregs, le commandant Barka Ag Cheikh, a été intercepté alors qu’il quittait Kidal et tué par balle, ainsi que son chauffeur. A Tuxmin, les Touaregs accusent un escadron de la mort malien qui voulait empêcher que la rébellion tire un avantage politique de la libération des deux Autrichiens. Les salafistes pensent que l’Algérie et les Etats-Unis ont commandité l’assassinat afin d’empêcher une autre libération d’otages coûtant plusieurs millions. Quant aux Américains, tout ce qui les intéresse, c’est de veiller sur les futures zones pérolifères des Touaregs car, lorsque cela se produira, de l’avis du capitaine Ag Faki, “seul Allah pourra déloger les américains du Sahel”.

POSTER UN COMMENTAIRE

Identifiez- vous : pseudo* e-mail
Titre du commentaire
votre commentaire
Etre prévenu par email quand une réponse est faite
Ne cochez oui que si vous voulez recevoir des mails en cas de réponse sur ce sujet et que vous avez saisi votre mail
Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation

Agenda - événements

Foire Africaine de Montréal
Tous les événements
    Warning: Invalid argument supplied for foreach() in /home/jdm/www/article.php on line 354

TOUT L'UNIVERS JOURNALDUMALI.COM

DOSSIERS

L'INTERVIEW

PUBLI-REPORTAGES

SERVICES INTERACTIFS

Sondages
Forums
Rencontres
Petites annonces
Guide du JDM

COMMUNIQUES OFFICIELS

2009

DOSSIERS

AGENDA/EVENEMENTS

OFFRES D'EMPLOI

2009

APPELS D'OFFRES

2009

GALERIE PHOTOS

2009

GALERIE VIDEOS

2009

Journal Télévisé