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Vivement demain!

Par Celia d'ALMEIDA - 06/11/2012

Le D day, le jour ou tout se joue, c'est aujourd'hui. Je me souviens d'il y a quatre ans...Avec quelques raisons d'esperer?Encore?

5 novembre 2008. Après une nuit blanche dans le studio et avec une gorge endolorie d'avoir crié dans le micro mon enthousiasme et ma joie à l'annonce des résultats, je me suis réveillée avec le sourire. Ce que nous avons tous rêvé est devenu réalité. Barack Obama, l'enfant d'une mère célibataire, originaire de Chicago, et un noir américain de surcroit, est devenu président des États-Unis d'Amérique!

Jamais élections en dehors du Mali n’a mobilisé autant dans notre rédaction! Même la précédente présidentielle au Mali, en 2007, n'a pas soulevé autant d'enthousiasme dans la presse et le grand public. Je me souviens que nous avions reçu pas moins de deux cents appels en 6 heures. Tous ont exprimé leur fierté de voir un «frère» africain si près d’entrer à la Maison Blanche. Si proche, et même s'il n'a pas gagné, il a eu le mérite d'avoir été si loin, affirmait ce soir-là mon collègue Mahamadou Kane. Kane, qui a perdu sa voix et pleura quand il a vu, quelques heures plus tard, le visage du 44eme président des États-Unis sur l'écran du téléviseur. "Yes We can! And we did it !» s’est-il écrié, sans doute rassemblant ses souvenirs des cours d’anglais du lycée.

5 novembre 2008. Donc, j'étais là sur le chemin du bureau. Partout on ne parlait que de ça. Obama a réussi. Il a gagné! Le fils du Kenya, l'Afrique était à la Maison Blanche! L’Afrique va réapparaître sur la carte du monde! Nous pouvons aller aux États-Unis sans visa, avaient même pensé des milliers d'Africains. Les plus audacieux ont d’ailleurs pris le bus pour la capitale où la réalité les a rattrapés. Obama a été élu par les Américains pour l'Amérique (nom générique utilisé par chacun de nous pour parler des États-Unis!) Obama n'est pas le nouveau président du Kenya, déchiré par des rivalités politiques, et encore moins une hypothétique États-Unis d'Afrique, que Kadhafi a tenté à ce moment- de mettre en place, en mettant des «pétrodollars» dans les poches des autres chefs d'Etat africains ... Sur les écrans de télévision du monde entier, l'événement était à la une. Ses parents, son enfance, son parcours, son «retour aux racines" au Kenya, où il a dit sa grand-mère, qui le taquinait "Vous savez que vous parlez au futur président des Etats-Unis?". Sa carrière et son ambition, sa femme et ses enfants ... Le nouveau feuilleton préféré du monde entier s’intitulait "La vie de rêvée de B. Obama."

6 novembre 2012. Les États-Unis se rendent aux urnes. Et partout la même question. Barack Obama va-t-il réussir à préserver son fauteuil dans le bureau ovale? Plus que quelques heures pour le savoir. Le moins qu'on puisse dire, c'est que la question ne passionne plus autant qu’il y a quatre ans. Alors, est-ce à dire, comme de nombreux journaux ont titré ces dernières semaines, qu’Obama a déçu les Africains? Oui certainement, ceux qui n'ont pas compris en 2008 qu'il était d'abord et avant tout le président des États-Unis d'Amérique. Qu’il devait faire face à d'énormes défis dans son propre pays, tels que la crise économique et la guerre en Irak, pour ne citer que ceux-là. J'étais l'un d’eux.

Vivre ces élections de l’interieur, avec la possibilité de parler au peuple américain, discuter avec eux de leur opinion sur les résultats d'Obama et comment ils voient l'avenir avec ou sans lui, a complètement changé ma façon de voir. Si j'avais le droit de vote aux États-Unis, je crois que personne ne serait surpris de me voir voter pour Barack Obama. Non pas parce qu'il est noir et je pense qu'il a la solution miracle pour «sauver l'Afrique et instaurer la paix et de la sécurité au cours des quatre prochaines années." Simplement parce qu'il est le symbole de l'Amérique qui réussit et nous fait rêver. De l'Amérique qui reste forte sur ses pieds et fait preuve de solidarité extraordinaire après la catastrophe provoquée par l'ouragan Sandy. Et parce que, comme le dit ma collegue Mame Diarra Diop dans son éditorial lundi ", la race n’a plus de poids maintenant. Il (Obama) va poursuivre, malgré tout, les rêves de son père" qu’il soit réélu ou non. Donc, finalement, et malgré tout, cette élection nous concerne tous, car nous avons tous déjà eu notre «rêve américain». Vivement demain...

 
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