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Dr Abdoulaye Touré : " le partenariat public/privé aidera le développement des SEC"

Par Modibo FOFANA - 21/12/2012

Consultant et médecin pour l'Unicef, Abdoulaye Touré s'exprime sur l'importance du partenariat public/privé pour la prise en charge des Soins essentiels de santé communautaire (SEC)

    © journaldumali.com
    Dr Abdoulaye Touré

Le docteur Abdoulaye Touré est consultant et point focal de SEC pour l’UNICEF. Il a nous accordé une interview lors de notre passage à Koutiala dans le cadre de la capitalisation des résultats de la mise en œuvre des soins essentiels de la santé dans la communauté. Il évoque, le processus de la création des SEC, son impact dans les communautés et les perspectives pour sa pérennisation.

Journaldumali.com : On parle des soins essentiels dans la communauté, donnez-nous en une explication

AT : les soins essentiels dans la communauté sont la prise en charge des maladies simples ; le paludisme, la diarrhée, les maladies respiratoires aigus par l’agent de santé communautaire. Le même agent qu’on appelle ASC prend en charge les soins cibles sans oublier les cas de malnutritions modérées. Il est en mesure de détecter les cas graves et de s'en référer au centre de santé communautaire. Et ainsi, l’agent doit être formé pour reconnaitre les signes de dangers. Une fois formée, l’ASC est en mesure de référer les maladies graves au CSCOM.

Journaldumali. Com : Vous êtes consultant pour l’UNICEF. Ces Soins essentiels de santé en communauté, on en parle beaucoup, ne constituent-ils pas une nouvelle stratégie ?

Abdoulaye Touré : Les soins essentiels dans la communauté(SEC) ne constituent pas une nouvelle stratégie. Les SEC ne sont que le continuum de la stratégie nationale de la survie de l’enfant. Par contre l’agent clé qui fait l’opérationnalisation des SEC est un agent nouveau dans le système de santé. C’est un agent qui n’existait pas dans notre système de santé. Notre système de santé se limitait au niveau des CSCOM.


Journaldumali : Depuis quant ces SECS sont implantés ?

AT : Depuis juillet 2011, les premiers SEC ont été installés dans cinq régions. Le processus a été plus long. Il faut reconnaitre que depuis le forum 2009, les SEC sont issus des recommandations de ce forum. Il s’agit de chercher de nouveaux agents dans les communautés. Malgré la multiplication des CSCOM, il y'a un taux de fréquentation très faible. Aujourd’hui avec les SEC, nous avons un taux de couverture qui nous permet d’avoir de bons résultats.

Journaldumali.com : Quel est l’impact des SEC dans la communauté ?

AT : Je vais vous faire un témoignage. Il y'a un village auquel nous avons rendu visite dans le cercle de Kita avec nos partenaires. Devant nous, le chef du village a tenu à témoigner qu’avant l’arrivée des SEC dans le village a perdu successivement 10 enfants de 0 à 5 ans. C’était vraiment pénible et dur. Depuis que les ASC ont été installés dans leur village, pratiquement il y'a moins de décès d'enfants de 0 à 5 ans. Si nous venons aux chiffres, il y'a 1681 ASC fonctionnels dans les cinq régions qui sont entrain de mettre en œuvre cette stratégie. Les chiffres dont nous disposons, ont démontré que depuis leur installation, les ASC ont pris en charge près 30000 de cas paludisme, 16000 cas de diarrhée et près de 20000 cas d’infection respiratoire aigue(IRA) ; et à peu près 8000 à 10000 cas de malnutritions. Si vous mettez tous ca ensemble ; les ASC ont pris en charge 20% de pathologie que je viens de vous citer dans les aires de santé ou ils opèrent. Si les ASC n’étaient pas là, peut être la moitie de ses enfants malades seraient morts.

Journaldumali.com : Vue l’impact des SEC, quel est le degré d’implication des autorités locales administratives et sanitaires pour assurer la prise en charge des ASC ?

AT : Aujourd’hui, tout le monde parle de pérennisation, il s’agit de bien de commencer. Nous avons pris soin cette fois de mettre un accent particulier sur le suivi, l’évaluation et la qualité. Les districts sanitaires n’ont pas les mêmes réalités, il faut développer le partenariat public et privé. Dans les zones minières ou les autorités locales font des plaidoyers auprès des entreprises pour la prise en charge des ASC. Au niveau des collectivités, les autorités sont entrain de voir comment s’impliquer dans la prise en charge des ASC. Même au niveau de l’Assemblée nationale, si elle pouvait voir comment prendre en charge les ASC après le départ des partenaires.

Interview réalisée par Modibo Fofana envoyée spécial

 
MOTS CLES :  Mali   Sec   Unicef   Communauté 

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