Oxfam : la guerre aggrave la crise humanitaire
Par Célia d'Almeida - 23/01/2013
L’ONG a mené une étude qui révèle que la situation des populations réfugiées dans les pays voisins se détériore. L’organisation appelle les forces en présence à rester sensibles aux droits humains.
Le dernier rapport publié par OXFAM en lien avec la situation au Mali est le fruit d’une recherche approfondi et du travail des équipes Oxfam dans les trois pays qui accueillent le plus de réfugiés à savoir le Burkina Faso, le Niger et la Mauritanie. Y ont également été associés les autres ONG présentes sur le terrain, les réfugiés et les autorités des pays d’accueil. Intitulé « Les réfugiés du conflit au Mali : Répondre à l’aggravation de la crise », il porte sur la dégradation des conditions de vie et de sécurité des populations qui ont dû fuir depuis le début de la crise socio-militaire en 2012. « Ces milliers de personnes ont tout quitté, ont tout perdu. Il est important aujourd’hui que nous tirions la sonnette d’alarme sur leur situation. Alors que les puissances internationales se mobilisent pour apporter une réponse militaire au conflit, nous souhaitons qu’on n’oublie pas les dizaines de milliers de personnes qui vivent dans des conditions de plus en plus difficiles » a déclaré Ilaria Allegrozzi, responsable des Campagnes, des politiques et du Plaidoyer d’Oxfam au Mali et auteure du rapport. L’étude s’est déroulée d’ août 2012 à janvier 2013.
« C’est le sauve-qui-peut »
Selon Mme Allegrozzi, depuis le début de l’intervention armée, de nouveaux déplacements ont été enregistrés, ils concernent environ 10 000 personnes qui ont franchi les frontières. C’est surtout pour des raisons de sécurité que les récents départs ont eu lieu. Les populations ont peur des représailles de la part de forces en présence. Comme l’illustre le témoignage de Ali Ould Ahmed, originaire de la région de Tombouctou et réfugié avec sa famille au Burkina Faso. « Les islamistes en se repliant peuvent se replier dans note village qui est sur la route de Douentza. Ils pourraient massacrer les populations. C’est donc le sauve-qui peut ». Ceux qui n’ont pas les moyens de payer le transport marchent sur des centaines de kilomètres pour s’éloigner des cibles potentielles de représailles tant de la part des islamistes armés que de l’armée malienne ou encore les populations locales. « Les gouvernements et les organisations humanitaires doivent en toute urgence se préparer à répondre à une augmentation des besoins des réfugiés dans les Etats hôtes » demande OXFAM.
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© mediapart.fr
Le camp de réfugiés maliens de Mentao
Réponse humanitaire insuffisante
La plupart des réfugiés et des déplacés sont des femmes et des enfants. Ils font face à des risques particuliers en terme de protection et entres autres à la promiscuité, le recrutement par les groupes armés, et des dangers divers. Les besoins essentiels des populations ne sont pas couverts de façon uniforme, en particulier dans le domaine de l’alimentation. Dans les camps de réfugiés du Niger, jusqu’à 21% des enfants souffrent de malnutrition.
La situation des personnes déplacées à l’intérieur du territoire malien préoccupe également l’ONG. Environ 46 000 déplacés à Bamako échappent à tout suivi humanitaire et vivent dans des conditions difficiles. De même que les 10 000 nouveaux déplacés à l’intérieur du pays. Le nombre de déplacés atteint aujourd’hui plus de 220 000 personnes, selon les humanitaires.
Oxfam souligne les difficultés éprouvées ces derniers mois pour répondre à la crise humanitaire. Elle demande donc à tous les acteurs, autorités maliennes et des pays limitrophes, aux organisations humanitaires, aux forces armées en présence républicaine, islamiste et leurs alliés, de prêter une attention particulière à la situation des populations civiles et au respect des droits humanitaires et des droits de l’homme. Un accent particulier est également mis sur la nécessité de continuer à mobiliser des ressources pour faire face aux besoins des populations.
Vulnérabilité des civils face au conflit armé
Ceux qui sont partis sont plus vulnérables parce qu’ils sont déjà traumatisés par le fait d’être partis, d’avoir du tout laisser sur place ; la maison, le bétail, la famille… « Ceux qui sont restés sont également affectés particulièrement dans l’accès aux services essentiels, à l’alimentation » a affirmé Philippe Conraud, directeur pays d’Oxfam au Mali. Oxfam essaie d’apporter de l’assistance quel que soit la population, « on ne fait de différence, on essaie d’intervenir où on peut. Mais le gros problème, c’est l’accès. Pour l’instant on essaie de continuer avec nos contacts locaux. En ce moment il y a des distributions à Bourem. Mais on est inquiets surtout par rapport à l’évolution armée de la situation. Surtout dans la zone de combat, qui n’est pas du tout accessible » a-t-il ajouté. Aller au-delà du militaire, il est plus qu’urgent aujourd’hui de mettre en exergue la situation des populations qui se retrouvent piégées par la situation.
2 COMMENTAIRES
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Par russian translation23/01/2013 13:35
I was very pleased to find this site.
Non à la guerre au Mali !
Par lr40725/01/2013 11:36
Les agences d'aide humanitaire craignent que les niveaux d'insécurité alimentaire anormalement élevés dans le Nord ne s'aggravent en raison des blocages : dans le Nord, qui compte 1,8 millions d'habitants, 585 000 personnes sont en insécurité alimentaire et plus de 1,2 million de personnes risquent de basculer dans l'insécurité alimentaire, selon une évaluation de la sécurité alimentaire réalisée par le PAM.
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