Le cousinage à plaisanterie : facteur d’unité nationale au Mali
Par Modibo FOFANA - 20/01/2010
Dans la société malienne, les tensions sociales sont généralement réglées par le cousinage à plaisanterie, une valeur léguée par nos ancêtres.
Qu’est ce que le cousinage à plaisanterie ?
Depuis ces temps lointains, le peuple du Mali est uni par un lien sacré, à savoir le cousinage à plaisanterie « SINAGUYA » qui nous permet de régler nos différends. Le “cousinage à plaisanterie” qui naît entre deux communautés (et même à l'origine entre deux individus), laisse la liberté à tous de s'assimiler à un groupe social afin d'user de facilités. A la fois école de maîtrise de soi, de rhétorique, de dépassement de soi, de bonne humeur, de conduite surveillée, le cousinage à plaisanterie est aussi un garde-fou pour la société qui la pratique: on y a recours de façon directe ou indirecte mais il est efficace pour obtenir ce que l'on ne pourrait obtenir par des relations ordinaires.
Comment est venu le cousinage à plaisanterie ?
Quant Soundiata Keita fut proclamé le roi du grand Manding après la bataille de Kirina en 1235, une Charte de 44 articles fut adoptée à l’issue des discussions appelée la charte du Mandé ou Kurukanfuga : Aucun domaine de la vie des hommes n’ y a été occulté : l’organisation sociale, les droits et les devoirs de la personne humaine, l’exercice du pouvoir, les droits patrimoniaux et extrapatrimoniaux, la place des femmes dans la société, la famille, la gestion des étrangers, la préservation de la nature, la conservation et la transmission de l’histoire, tout y est passé. Parmi les sujets débattus et les résolutions adoptées, beaucoup continuent d’avoir un impact sur la vie quotidienne de tous les peuples de culture mandingue. C’est le Sanankunya ou cousinage à plaisanterie.
Le Sanankunya ou cousinage à plaisanterie a un champ d’action plus étendu parce qu’il est intimement lié au nom patronymique des clans concernés. Entre eux, les Sanankuns (les cousins à plaisanterie) ont tous les droits et peuvent tout se permettre, à la limite de la décence bien évidemment. Ils n’ont pas besoin de se connaître d’ailleurs et la seule évocation de leurs patronymes respectifs suffit à décrisper les situations les plus délicates. Au Mandé le "Sanankunya" ne fut pas un phénomène imposé à telle ou telle tribu vis-à-vis de telle ou telle autre. Il s’est établi selon les affinités entre les clans et les tribus au fil de leur existence quotidienne et a fini par s’imposer avec le temps. Au même moment, il a fini par imposer une ligne de conduite, une discipline à plusieurs générations de mandénkas, même après la désintégration de l’empire mandingue à la fin du 15ème siècle.
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© jdm
Le cousinage à plaisanterie, une valeur léguée par les ancêtres
Son rôle dans la société malienne
Lorsque deux personnes se rencontrent, elles commencent par les interminables salutations. Dès lors que l’on s’est reconnu cousins à plaisanterie, on commence à se vanner mutuellement. Cela brise la glace et limite le risque de frictions et de fâcheries. Le fait de se reconnaître cousins à plaisanterie avec celui qui l’on vient d’avoir un accrochage en voiture par exemple, permet d'éviter que le ton monte et que la situation s’envenime. Par exemple les Traoré et les Diarra font le cousinage à plaisanterie, les Coulibaly sont presque cousins à plaisanterie de beaucoup de personnes. Il y’a aussi le cousinage à plaisanterie entre les bozos et les dogons, entre peuhls et forgerons etc...
1 COMMENTAIRES
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bonne info...
Par naomed21/01/2010 08:22
si cela pouvait etre généralisé que de problemes evites !
http://www.en-afrique.info/?-mali-
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