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Cheikh Modibo Diarra, un scientifique qui souhaite le développement du continent

Visage gai, avec sa barbe poivre et sel, Cheik Modibo Diarra cultive l’excellence et le patriotisme. Depuis 2006, il est le président de Microsoft Afrique après avoir dirigé l’Université Virtuelle de Nairobi. l’ex Astrophysicien de la NASA répond aujourd’hui à  l’aspiration des africains en matière de nouvelles technologies et progrès de la science. Né en 1952 à  Ségou, Cheikh Modibo Diarra a connu enfant les classes surpeuplées du primaire avant l’entrée au Lycée Technique. Après le bac, il étudie les mathématiques et la physique à  l’Université Pierre et Marie Curie à  Paris, puis l’Ingénierie Aérospatiale aux à‰tats-Unis à  Washington, à  la Howard University grâce à  une bourse. Alors qu’il se destinait à  une carrière d’enseignant, une rencontre bouleverse son destin: Deux chercheurs de la NASA lui proposent d’intégrer, le laboratoire de propulsion des fusées, le fameux Jet Propulsion Laboratory. Cheikh Modibo Diarra deviendra navigateur interplanétaire quelques années plus tard. Il travaille d’abord sur le projet d’envoi de la sonde Magellan dans l’espace, un univers qui l’a toujours fasciné : «Quand J’étais adolescent dans les années 60, au Mali, ma passion était d’écouter les reportages scientifiques d’un célèbre journaliste de Voice of America, Pierre Pouillon, sur les programmes Apollo. Longtemps, Cheikh Modibo Diarra pilotera des programmes de construction de robots pour l’exploration du système solaire : Magellan, Galilée, Ulysse, Mars Observer sont les noms des sondes envoyées par la NASA dans l’espace. En juillet 1997, l’une d’elles atterrit sur la planète rouge pour la première fois, à  l’intérieur, un rover capable de se mouvoir, de réaliser des analyses scientifiques et de prendre des photographies de la planète rouge. Fascinés, des millions de citoyens se connectent sur le site de la NASA pour visionner les premières images de Mars. La mission du nom de Pathfinder « l’éclaireur de Mars » est un succès et l’Afrique toute entière découvre que l’un des navigateurs de la sonde n’est autre que Cheikh Modibo Diarra lui-même ! La science au service du développement Après toutes ces années au service au service de la NASA et des Etats-Unis, Cheikh Modibo Diarra se retourne vers son continent : « l’ Afrique ne m’ a jamais quitté », répète t-il lorsqu’on lui reproche de ne pas la connaà®tre assez. Ambitieux, il crée en 1999 l’association Pathfinder Foundation pour l’Education et le développement, afin de susciter l’intérêt des jeunes vers la science. Loin de s’arrêter là , Cheikh Modibo Diarra initie à  Bamako, un laboratoire de recherche solaire, et tente à  sa manière de réduire la fracture numérique entre le continent et le reste du monde ! Il fonde alors le Sommet africain pour la Science et les Nouvelles technologies ( SASNET ) dont les assemblées seront tenues dans plusieurs villes du continent. « l’idée était d’impliquer les étudiants africains dans des projets de recherche », explique le Docteur Diarra, passionné. « Le problème en Afrique n’est pas la détention d’un savoir mais plutôt l’acquisition de savoir-faire. Et puis, l’Afrique est un continent de 740 millions d’habitants dont la moitie a moins de 20 ans. C’’est une chance inestimable. A nous de développer ces ressources humaines… » En 2002, Cheikh Modibo Diarra est nommé premier Président général de l’Université Virtuelle Africaine à  Nairobi, une organisation membre de l’Union Africaine. l’université virtuelle Africaine vise à  établir une adéquation entre les besoins des étudiants et l’université en Afrique, en favorisant l’enseignement sur le web et l’accès à  des ressources éducatives de qualité supérieure. « Cheick a rehaussé la dimension internationale de l’UVA. Il a placé l’Université Virtuelle en avant-garde des initiatives africaines en matière d’enseignement à  distance de qualité par l’emploi de la puissance des technologies d’information et de la communication; et nous regrettons son départ », déclarait Jacques Bonjawo, Président du Conseil d’Administration de l’UVA en 2003. Détenteur du African Lifetime Achievement Award, un trophée pour récompenser les brillants parcours en Afrique, Cheikh Modibo s’envole vers Johannesburg afin de diriger le département Afrique de Microsoft o๠il est nommé en février 2006. l’objectif est de déployer un réseau de logiciels modernes en Afrique, une expérience initiée sur neuf pays africains. Il faut savoir que le logiciel Microsoft a été traduit en ouolof, langue nationale du Sénégal, pour favoriser un accès plus vaste des TIC aux populations. Un programme ambitieux. Le docteur Diarra poursuit ainsi son rêve de grandeur pour l’Afrique, en multipliant les expériences sur le continent. Aujourd’hui Cheikh Modibo Diarra reste un modèle pour les jeunes africains. Il incarne ce rêve de réussite, le rêve américain des élites qui construiront l’Afrique de demain, et d’ ailleurs, le scientifique n’exclut pas de se présenter un jour à  la candidature suprême au Mali « »J’ai toujours fait de la politique. Au sens étymologique du mot, politique veut dire résoudre les problèmes de la Cité. Elle ne signifie pas aller faire des discours, courir de gauche à  droite. Je pense que J’ai toujours participé à  la résolution des problèmes de la Cité et continuerai à  résoudre autant de problèmes que je peux. Rien ne m’interdit de briguer la magistrature de mon pays » Un long chemin o๠le succès guide vers la conduite tout entière d’un peuple. I have a Dream, a dit Martin Luther King un jour Et si Cheikh Modibo Diarra était notre Obama à  nous ? Yes you can Mr Diarra !

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