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Souleymane Cissé revient au cinéma avec Min Yè

A côté de « Baara » ou  » Yeelen » ses oeuvres majeures, Souleymane Cissé a à  son actif de nombreux documentaires et près d’une trentaine de films. Très tôt, Souleymane Cissé a fréquenté le cinéma, d’ abord comme spectateur, ensuite comme projectionniste à  Bamako après ses études secondaires. Passionné, il commentait les films qu’il montrait aux autres. Militant, il adhéra aux mouvements jeunes quant éclatait la Fédération du Mali dans les années 60. « J’ai vu ce film sur l’arrestation de Patrice Lumumba, et cela m’a donné envie de faire du cinéma » , raconte t-il . Grâce à  une bourse, le jeune projectionniste apprend les techniques de l’image, à  l’Institut des Hautes Etudes Supérieures de la Cinématographie de Moscou, dont il sort diplômé en 1969. De retour au Mali, Souleymane Cissé s’attelle au maniement de la caméra et travaille au Ministère de l’information, Par la suite, il réalise de nombreux documentaires sur le Mali, qu’il parcourt caméra à  l’épaule, durant trois ans Du documentaire, Souleymane Cissé passe au moyen métrage avec « Cinq jours d’une vie », l’histoire d’un jeune errant, qui abandonne l’école coranique. Première distinction au festival de Carthage en 1975. Un talent pour l’image visible également dans Den Muso, ( la jeune fille, ) un premier long métrage qui évoque les affres du viol et le rejet de la société. Cette œuvre se verra interdite et censurée par le gouvernement malien de l’époque. Le jeune réalisateur sera même emprisonné quelque temps. Le cinéma comme un miroir de la société Infatigable, Souleymane Cissé va s’impliquer davantage dans le cinéma. Il crée en 1977 sa propre société de production Sisé Filimu. ( les films de Cissé) et sort l’année d’ après Baara ( le travail ), une œuvre qui aborde les dures réalités des couches populaires face à  l’omnipotence des gouvernements post indépendances. Premier Etalon d’Or du Yennenga pour Souleymance Cissé. Dans Finyè, (le vent), sorti en 1982, Cissé aborde cette fois la révolte des jeunes face aux pouvoirs ! Une révolte qu’il comprend bien l’ayant lui même vécu. Ce film sera également primé au Fespaco, en 1979 et recevra un Tanit d’or au festival de Carthage. Ce qui lui vaudra une reconnaissance internationale. Parmi ses œuvres majeures, figurent Yeelen ( la lumière ), réalisée en trois ans. Le film brasse le douloureux passage de l’enfance à  l’adolescence, et obtiendra le Prix spécial du Jury à  Cannes 1987. Souleymane Cissé sera membre du jury du festival en 1983 et en 2006, pour le 59è anniversaire ! Si la notoriété confère au cinéaste un respect international, cela ne l’empêche pas de faire ce constat lucide sur la profession: « Notre cinéma est entrain de se casser la gueule ! ». Le cinéaste comprend cette situation d’autant mieux qu’il restera de longues années sans tourner après la sortie de Waati ( Le temps ) en 1995. L’ ambassadeur des festivals internationaux Aujourd’hui, Souleymane Cissé est un habitué des grands festivals internationaux. Quant il ne tourne pas, il s’implique dans le développement de l’audiovisuel au Mali. Il a fondé l’UCECAO, l’union des Créateurs et entrepreneurs du Cinéma et de l’audiovisuel de l’Afrique de l’ouest, une organisation destinée à  soutenir la production cinématographie avec la création de structures adéquates, là  ou l’ appui des gouvernements fait défaut : « Sans penser à  leurs peuples, les dirigeants , même quant il s’agissait d’ intellectuels et d’ universitaires, ont détruit, comme on le leur demandait, les quelques structures qui existaient », dénonçait-il dans une tribune de l’hebdomadaire Jeune Afrique. A l’occasion des 40 ans du Fespaco, Souleymane Cissé, présent à  Ouagadougou, rappelait une fois de plus la fragilité d’un cinéma qui peine à  trouver son public et la disparition dramatique des salles de cinéma en Afrique : « En l’espace de cinquante ans, il n’a pas été possible de créer les structures nécessaires pour mettre en place une véritable industrie de l’image ».Cette année encore, Souleymane Cissé, ambassadeur du cinéma africain, est présent au festival de Cannes, avec Min-Ye, son sixième long métrage, sélectionné dans la catégorie « Séances Spéciales ». Le film raconte les problèmes d’un couple, celui d’ un réalisateur et sa femme, employée d’une ONG et qui se séparent dans la douleur… » A quand un film africain dans la compétition officielle à  Cannes ? Si Souleymane Cissé avoue que chaque film réalisé est un petit miracle, il est aujourd’ hui un modèle incontestable pour la future génération de jeunes cinéastes africains… Une aura que vient de confirmer le British Film Institute qui vient de lui accorder une récompense pour l’ensemble de son oeuvre. Dernier chef d’oeuvre, le film Min Yè, qui évoque la polygamie sort en avant première officielle à  Bamako ce mercredi au Studio BlonBa de Faladiè. Une projection honorée de la présence du chef de l’état Malien.

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