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Sécurité Routière : La bande cyclable réduit les accidents à Bamako

Nous sommes sur l’avenue de l’OUA à  l’intersection de Badalabougou à  la sortie du pont des martyrs. Il est 11h. Sous un soleil de plomb, l’inspecteur divisionnaire Oumar Haà¯dara et ses éléments régulent la circulation. Sur la chaussée dans les deux sens, on aperçoit des centaines de voitures. A côté, un attroupement des conducteurs de motos et vélos rappelant un jour de grande fête à  Ouaga (capitale des deux roues). Certains conducteurs sous informés, n’hésitent pas à  monter sur la chaussée. D’un coup de sifflet, les agents les interpellent. Les motos sont immobilisées, puis acheminées vers la compagnie de la sécurité routière. « A notre niveau, nous leur demandons tout simplement si leur vignettes sont à  jour. Ensuite, nous leur demandons d’aller chercher leur motos à  la compagnie », nous explique l’inspecteur Haà¯dara. Au même moment. Un monsieur, quinquagénaire, arrive sur sa « Yamaha Mate». Il est aussitôt immobilisé par un agent. Le policier met toute sa patience à  son service afin de lui expliquer l’infraction qu’il vient de commettre. l’usager reconnaà®t son tord mais repartir avec sa moto est un rêve. Il négocie fort sans convaincre. C’’est à  la compagnie qu’il viendra chercher sa moto en présentant une pièce d’identité de l’engin puis, il paiera une contravention de 5000FCFA. C’’est comme ça que ça marche. Interrogé, les quelques rares motocyclistes qui ont accepté de nous parler, estiment que C’’est une bonne chose en soit. Mais ils évoquent l’état délabré de la bande cyclable et l’absence totale de panneaux de signalisation. Depuis sa construction, l’axe dénommé Avenue de l’OUA est doté d’une chaussée (aller-retour) et d’un accotement muni de deux bandes cyclables. Très pratiquée, cette route est l’une des chaussées o๠le trafic est très dense aux heures de pointes. Le matin, les habitants de la rive droite viennent travailler au centre ville. Le soir ils rentrent chez eux. Cela a forcement des conséquences sur le trafic matin et soir. Les véhicules et les motos font une course interminable sur la chaussée. Par jour, on enregistrerait plusieurs accidents parfois mortels. Selon Cheikné Magassouba, commissaire principale de la compagnie de la sécurité routière, la moyenne était de 10 accidents entre 6h 30 et 12h 30 avant la mesure. Mais aujourd’hui, on a un accident en moyenne pendant le même intervalle. «Cette disposition obligeant les motocyclistes à  emprunter la chaussée était indispensable », nous dit un piéton témoin de plusieurs accidents mortels. C’’est donc pour réduire le nombre des accidents que les autorités ont décidé de séparer véhicules et engins à  deux roues. Les deux roues devront emprunter obligatoire la piste qui leur ait destinée. Et vu la sensibilité de la mesure, il a fallu une large campagne de sensibilisation auprès des usagers. Plus de six mois, nous a expliqué le commissaire Magassouba. Des éléments du groupement mobile de sécurité (GMS) étaient déployés en renfort pour demander aux conducteurs des petits engins de se réorienter sur la piste. Des messages diffusés dans la presse sont venus renforcer la campagne. Il fallait passer à  l’étape suivante qu’est la répression. Une phase que certains bamakois qualifient d’abus et de mesquineries. La répression mal comprise Nous joignons le ministère de l’Equipement et des Transports par rapport au mauvais état de la piste malgré la répression déclenchée par la police. «Nous avons eu des échanges sur l’entretien de la bande. Elle sera réparée dans le cadre du programme d’immatriculation des engins à  deux roues », a confié un cadre du ministère. Le programme d’immatriculation est un projet initié par le gouvernement pour diminuer les accidents de la circulation. Il concerne tout le pays et tous les engins à  deux roues. Un premier délai est passé sans épuiser le parc. Une seconde date fixée au 31 décembre, risque de passer inaperçue pour certains propriétaires qui n’ont toujours pas pris au sérieux le programme d’immatriculation

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