Société › Éducation

Epreuves du DEF 2009 : quel avenir pour les non-orientés ?

« Le rêve d’une ascension fulgurante pousse les parents à  donner plus de savoir que d’éducation à  leurs enfants ». Quelle réflexion t’inspire cette critique de Mariama Bâ, dans son roman « Une si longue lettre » ?, C’’est le premier sujet de français du DEF 2009. Le deuxième sujet évoque l’utilisation des nouvelles technologies, face à  l’écrit: « De nos jours, la communication téléphonique a pris le pas sur la lettre. Penses-tu que le téléphone et la lettre remplissent en toutes circonstances les mêmes rôles ? », C’’est sur ces deux sujets qu’a porté cette année l’épreuve de français. Les élèves avaient la latitude de choisir l’un ou l’autre des sujets. A la sortie de salle les réactions sont diverses. Facile pour les uns, difficile pour les autres. Comme tous les ans, l’épreuve de français est un grand piège pour bon nombre des élèves à  cause de leur niveau faible en français. l’examen pour les candidats libres a pris fin sur l’épreuve de mathématique. Mais se poursuit pour les candidats libres avec l’histoire, la géographie, les sciences naturelles et l’éducation civique et morale (ECM). Il étaient ainsi plus de 146 784 candidats répartis dans 1293 centres d’examens à  passer cette année l’examen du DEF.  » Il est évident que le niveau baisse et dans toutes les matières, affirme Vincent Fomba, président du Centre de Daoudabougou, en commune VI. La solution viendra des résolutions du Forum sur l’Education ». Depuis longtemps, le gouvernement a démissionné en matière d’éducation. L’école au Mali reste une problématique clé, de même que les grèves à  répétition dans les universités. Comment former les élites futures de ce pays, lorsqu’on laisse tout une partie, sans réelle orientation et conseils pédagogiques, visant à  tracer une voie, un avenir ? Que faire avec son parchemin du DEF? Déjà  certains se posent la question, que deviendrais-je quand J’aurai le DEF ? Cette question est récurrente pour les jeunes de 17 ans, âge réglementaire fixé par l’Etat pour ne plus être orienté. Beaucoup n’ont pas pu continuer les études après le DEF, notamment ceux issus des familles les plus pauvres. Il faut rappeler qu’en 2008, seuls 79% des candidats admis ont été orientés. Jusqu’ à  présent, aucune disposition réelle n’a été prise pour que les 20% puissent continuer leurs études. A ceux là  s’ajouteront les admis de 2009 qui ont 17 ans et plus. C’’est un taux déjà  élevé pour un pays dont le taux d’alphabétisation est très bas (61% comme taux net de scolarisation/fréquentation au niveau du primaire). Les élèves non orientés pendant les années précédentes sont devenus les seuls maà®tres de leur avenir. Le témoignage de Awa Tanté Diarra, est un exemple concret. « J’ai eu le DEF en 2008 à  Ségou, à  l’école Fondamentale de Pelengana Sud. Aujourd’hui, je suis aide-ménagère chez des libanais dans le quartier Niarela à  Bamako. Je suis tous les instants harcelée par le père de mon patron qui est en congé ces derniers temps », a confié Mlle Diarra à  JDM. Ce témoignage est un cas parmi tant d’autres qui interpellent le gouvernement, et surtout, le Ministère de l’Education de Base, pour davantage orienter les élèves, afin qu’ils ne se retrouvent pas hors des circuits de l’éducation.

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