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Un week-end à Didanko, dans le Kaarta

La commune de Didanko se trouve à  135 km de la ville de Kita, qui à  son tour est distante de Bamako de 165 km. Didanko est une commune rurale de Kita dans la sous préfecture de Seféto avec ses 10 000 habitants. Seféto englobe plusieurs villages, dont 7 gros villages qui sont : Faréna, Guatala, Seroumé, Didanko, Sagafing, Bilissibougou et Garango. Plusieurs ethnies, en parfaite harmonie, y cohabitent selon les élus communaux. Les principales sont les Malinkés, les Bambaras, les Peuhls et les Kakolos. Dans cette localité, un phénomène inexplicable entoure le paysage de la commune. C’’est-à -dire qu’à  côté d’une réserve naturelle avec une végétation d’arbres géants, se trouve une végétation morose o๠le sol est lourd et argileux, à  cause d’une saison pluvieuse très capricieuse. Selon les notables, depuis des années il ne pleut qu’une ou deux fois par an. s’il y en a assez, C’’est l’inondation totale ! En réalité, cet état de fait plonge les villageois dans une tristesse profonde. Aujourd’hui, faute d’une saison pluvieuse régulière, ils se sont tous reconvertis en éleveurs de bétails. Dans le Kaarta on ne peut pas dire que la vie soit tout à  fait rose, la plupart de ces villages vivent bien grâce aux apports de leurs enfants qui immigrent vers la France et l’Espagne. Ce qui fait que le taux migratoire est estimé à  30% pour toute la commune de Sofeto. En dehors de la bonne grâce de leurs enfants vivants à  l’extérieur, les habitants pensent que le président Amadou Toumani Touré et le gouvernement ne font absolument rien pour le développement de leur commune. En outre, à  Didanko pour connaà®tre les véritables soucis des habitants, nous avons tendu notre micro au chef de village, à  certains élus locaux et enseignants. Tous parlent du développement de la commune. Leurs principaux problèmes restent la construction d’un barrage, des forages et des bassins de rétention d’eau. Entretiens : Daka keita, 84 ans chef du village de Didanko : « Nous avons besoin d’un barrage et aussi de communiquer!  » Chez nous la chefferie, C’’est de père en fils. Nous sommes descendants directs de Soundiata Keita. Avant moi, il y a eu six chefs de village. Il s’agit entre autres de Setigui Djan, Guata, N’gary Keita, Sita Keita, Madioké Keita et Daba Keita mon père. Notre village existe depuis près de trois siècles. Sachez que ces deux dernières années, nous avons peu souffert à  cause de la famine. Heureusement qu’on nous a fait parvenir des vivres l’année dernière. Nous n’avons pas de CSCOM dans la localité, juste un centre de santé avec un seul médecin et une sage femme qui assure les accouchements. Dans les localités lointaines, les accouchements se font toujours de façon traditionnelle. Malgré les difficultés, les femmes accouchent sans incident. Mes préoccupations majeures sont la nourriture, la construction d’un barrage et un besoin de communiquer avec le monde extérieur. Parce que nous n’avons aucun réseau de téléphonie mobile ici. Que le gouvernement nous aide à  trouver des solutions à  ces problèmes ». Les élus : « La construction d’un barrage est vivement souhaitée » dixit Oudé Keita Nous avons rencontré trois élus communaux, dont deux de l’Adema et un du Rpm. Il s’agit respectivement de Oudé Keita, Makan Fofana et Makan Tounkara. Après la bataille électorale, ces élus ont décidé d’ôter le manteau de leurs colorations politiques pour se mettre à  la disposition des villageois. Ils prônent tous le développement économique et sollicitent un jumelage solide entre leur commune et les villes européennes. Ainsi pour Oudé Keita le plus jeune élu : « Ici, excepter la construction d’un second cycle, les autres écoles, les trois centres de santé et même la mosquée sont l’œuvre des enfants de la commune résidant en Europe. C’’est dans cette logique nous voulons privilégier les jumelages durant notre mandat, afin que notre commune puisse être une des meilleurs de Kita, et o๠il fera bon vivre. Entre temps, nous avons un fort besoin d’eau potable. Je pense que la construction d’un barrage est vivement souhaité » a laissé entendre le jeune conseiller « . Les enseignants : « Les parents doivent donner aux enfants leur droit… comme celui d’aller à  l’école » Vraisemblablement, il faut être très indulgent voire clément pour dispenser des cours dans le village. Les enseignants qui assurent cette fonction sont aguerris, à  force d’encaisser des pressions de la part des parents. Selon M Keita directeur du second cycle et ses collègues Mr Diallo et Mr Kanté, ils ont beaucoup de difficultés à  encadrer les enfants. Pour eux, les parents doivent laisser les enfants étudier en toute liberté. « Souvent, ils déscolarisent les enfants pour les mariages précoces ou les travaux champêtres. C’’est insensé et il faut que les autorités donnent la chance aux enfants de terminer un programme avant d’imposer un autre. Parce que l’école est une continuité. Nous sommes aussi confrontés à  un problème de logement, n’étant pas des autochtones du village. Nous voulons aussi être dans le monde des nouvelles technologies, qui est un facteur de développement très important pour les sociétés. Alors, nous prions Orange Mali de nous donner la chance de communiquer, en installant un système de réseau. Après l’école, C’’est l’épanouissement. C’’est pourquoi nous avons aussi besoin d’un jeu de maillot pour nos élèves, car il y a plein de graines de champions dans notre village », a conclu le directeur.

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