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Accords de « gestion des flux migratoires » : Le marquage serré de la France ?

Brice Hortefeux a échoué devant le Mali. Ses multiples rencontres avec le pays n’ont rien donné. Ses pressions n’ont pas influencé non plus la position du gouvernement malien face au dossier «gestion des flux migratoires ». Et l’arrivée d’Eric Besson, le nouveau ministère français de l’immigration, n’a rien chancgé non plus malgré la visite effectuée au Mali en Mars dernier… Rappel des faits Les ressortissants maliens qui ne sont pas à  leur première demande de séjour en France se sont ainsi vus empêché à  l’aéroport international de Bamako de retourner en France. Toute chose qui a provoqué la colère du gouvernement malien. Le ministre des Transports du Mali Hamed Diane Séméga dénonçait l’attitude de la Franc: « L’aéroport de Bamako, ne saurait en aucun cas, être un second consulat de France ». Quelques jours après, l’ambassade de France a tenté de justifier sa réaction. A travers un communiqué rendu public le 26 juin dernier, elle affirme que « plusieurs ressortissants maliens n’ont pu embarquer sur les vols d’Air France et Aigle Azur à  destination de la France faute d’être en possession d’un document leur permettant l’entrée sur le territoire français ». « Les titulaires d’un récépissé de première demande de titre de séjour sont tenus, avant leur départ de France, de solliciter auprès des préfectures françaises compétentes un visa de retour. A défaut, ils devront solliciter ce visa auprès de ce consulat, procédure soumise à  la consultation des préfectures », poursuit le communiqué. A défaut d’accords, faire pression ? C’’est derrière cette réglementation (peu connue par les maliens) que se cache peut être l’ancienne métropole pour faire pression sur le Mali qui a résisté n’ a toujours pas signé l’accord de réadmission qu’elle tente de lui imposer. Plus de 60 autres personnes seraient dans la même situation que les dix interceptés selon Ousmane Diarra, président de l’association malienne des expulsés (AME). « Nous sommes entrain de rassembler des documents pour porter plainte tout au plus tard le lundi contre les deux compagnies concernées», a confié à  JDM le président de l’AME joint par téléphone. Cet accord de gestion migratoire entre les deux pays, a pour objectif d’inciter les autorités maliennes à  coopérer en matière de lutte contre l’immigration illégale, en facilitant la délivrance des laissez-passer qui permettent l’expulsion effective des maliens en situation irrégulière en France. Sans cet accord de réadmission, 2 à  3 maliens sont expulsés de France tous les jours. Des dizaines de personnes sont refoulées à  partir de la frontière Mali- Algérie. Près de 75 personnes dont 20 maliens, seraient refoulées jusqu’à  Tinzawaten. « 19 doivent rentrer à  Bamako ces deux jours », selon l’AME. Aux dernières nouvelles, six des dix personnes retenues à  l’aéroport de Bamako Sénou, auraient eu leur visa pour retourner en France. Malgré cette information, l’AME entend pousser l’affaire devant les tribunaux. On se souvient il y a quelques mois, la société civile malienne s’était levée pour soutenir le gouvernement malien dans son NON face à  l’accord de réadmission. Un refus qui n’arrange pas la France, mais risque de perdurer, car le Mali reste l’un des pays africains o๠les populations migrent le plus vers l’ancienne puissance coloniale.

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