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Mandé Alpha Diarra ou l’art de conjuguer science et littérature

Né à  Nonkon, petit village de la région de Kayes, Mandé fait ses études primaires à  l’école de son village. Dès la classe de CM2, il se fait remarquer par ses professeurs à  travers ses notes de rédaction. Ses feuilles circulaient partout à  l’école en guise d’exemple afin de motiver les autres élèves à  suivre son exemple. Vu l’encouragement de ses profs, Mandé confesse : « Mes profs me disaient tous les jours, C’’est du bon boulot mon garçon, continue comme cela. Tu seras un futur cadre de ce pays. Je me suis alors dis dès cet instant que je serai écrivain. » A partir de la classe de seconde, il rédige une série de poèmes et remporte le prix du meilleur élève écrivain en herbe à  la fin de chaque année scolaire. Il maà®trisait non seulement la littérature mais aussi les sciences et sera orienté en biologie. Après son succès au bac, il ira en section vétérinaire, option qui était son dernier choix après ceux de réalisateur de cinéma et de psychopédiatre. En 1976, Mandé reçoit une bourse d’étude pour l’école vétérinaire de Paris. Il obtient son diplôme de docteur vétérinaire en 1980 puis intègre un an plus tard l’institut de médecine tropicale o๠il étudie l’Economie de développement rural à  Montpellier (Sud de la la France). A la fin de ses études en 1984, il a ainsi une casquette de Dr vétérinaire économiste. Le début d’une carrière littéraire prometteuse Dans les années 1976, Mandé fait la rencontre à  l’université du célèbre écrivain malien Seydou Badian Kouyaté. Il lui donne le manuscrit de son tout premier roman. Celui-ci, après avoir jetté un coup d’œil, l’apprécie immédiatement. « C’’est grâce à  mon ainé Seydou Badian que J’ai eu le courage de continuer à  écrire» témoigne ainsi Diarra. Mais ce n’est qu’en 1981 que « Sahel sanglant sécheresse » paraitra aux Editions Présence Africaine. Dans ce roman, l’auteur nous parle de la grande sécheresse des années 1973-74 qu’a connu le Mali, avec une histoire qui se déroule dans un petit village près les rails, dénommé Léa. Le chef d’arrondissement détourne l’aide internationale envoyée pour la population, qui finit par se révolter sous la direction d’un jeune scolaire Loum et de son frère Boua. Au final, les deux frères arrivent à  convaincre les pauvres villageois d’effectuer un partage équitable des grains. En 1985, il publiera la nouvelle « Pourquoi écrivez-vous ? », avec l’écrivain Massa Makan Diabaté, dans un numéro spécial du journal français ‘Libération’, qui sera ensuite édité en livre de poche. Les nouvelles pour dénoncer… En 1988, il participera à  la rédaction de nouvelles intitulées «Paris-Dakar et autres nouvelles » autour du rallye automobile du même nom, aux Editions Souffles, dirigées par Bernard Magnier ainsi que des écrivains sénégalais, maliens, négériens, algériens et burkinabés. Mandé Alpha mettra 10 ans à  rédiger son second roman intilué « La Nièce de l’imam ». Le livre paraitra en 1994 aux éditions Sépia à  Paris et Jamana à  Bamako. Le roman traite la condition d’une jeune femme dans une famille polygame du Sahel malien. Elle est mariée a Bilayi, un riche commerçant et bailleur de fonds de l’Etat. Ce dernier achète tout le monde avec son argent. Mais les esprits commencent à  se réveiller et à  se révolter. C’’est le début des problèmes entre Balayi et sa famille ». Cahier d’un retour au pays natal Son dernier roman est intitulé « Rapt à  Bamako » est coécrit avec Mari Florence Ehret, paru en 1999, aux éditions Figuier/EDICEF. C’’est un roman jeunesse/policier, relatant l’histoire d’un jeune français d’origine malienne. ‘Rapt à  Bamako’ est certainement le roman qui aura le plus frappé l’esprit des jeunes lecteurs. Revenu à  Bamako pour assister aux élections présidentielles de son pays, le héros a d’abord le regard du jeune de culture française sur la société malienne. Il épouse les aspects qui l’avantagent tels que les relations avec sa grand-mère et repousse ce qui est en contradiction avec la culture française. Ce roman dénonce également la façon dont sont organisées les élections au Mali. Sutout les superstitions. Les féticheurs de l’un des candidats réussissent à  lui faire croire que s’il réussit à  couper le bras d’une femme albinos, il sera indiscutablement élu. En voulant donc enlever sa propre nièce qui est albinos, il se trompe et enlève une jeune française venue au nom de la francophonie, assister aux élections. Voilà  un roman policier à  la malienne, à  vrai dire assez passionnant. Mandé Alpha Diarra est actuellement le chargé de communication de la compagnie malienne de développement du textile (CMDT). Parallèlement, il est journaliste à  mi-temps et romancier. L’auteur a participé à  de nombreuses rencontres littéraires aussi bien en France qu’au Mali. Par ailleurs, Mandé est en pleine rédaction du tome 2 de ‘Rapt à  Bamako’.

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