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Koutiala : la politique aux abois

à‡à  ne surprend personne que cela soit arrivé à  Koutiala. Qu’un maire élu avec une majorité écrasante soit tombé sous les balles. Le 10 août dernier, Mme Maà¯ga Salamata Dembélé maire de la commune rurale de Yognongo a payé les frais d’une politique rendue sauvage par nous tous. C’’est les médias en premier lieu qui ont transformé cette ville havre de paix en un four politique. La politique bouillonne, transforme les gens et les tue à  petit feu. Le père ne reconnaà®t plus son fils, l’aà®né ne mange plus dans le même plat que son cadet, la femme quitte son mari parce les deux ne sont pas du même bord politique. Radios Kayira, Jamana, Yèrèdon, Wassa…que sais-je ? Ce sont ces radios (plus d’une dizaine dans cette petite ville) qui sont les premiers responsables d’une situation politique décriée par le Mali tout entier. Agressions, enlèvements, assassinats, la situation est critique. Toutes ces radios s’identifient à  des partis politiques. On ne sait plus faire la différence entre les partis politiques et les organes de presse. Un homme à  deux casquettes? Oui ! Ni oiseau, ni animal. Les populations sont prises en otage. Les médias passent la journée à  faire une guerre des ondes. Molobala, Zangasso, Mpessoba, Zébala, Karangasso, Konséguéla etc. toutes ces localités en font les frais. Lorsqu’on est auditeur de Kayira, on écoute plus les autres chaines et C’’est la règle pour tout le monde. Une fidélité aveuglante. Radios milles collines à  la dimension malienne. C’’est le seul qualificatif qui convient. C’’est peut être les réalités de la localité qui désamorcent la bombe à  chaque fois. Mais là  les choses sont allées plus loin. Une victime visible en est sortie d’un règlement de compte politique. La terre ne trahit jamais… Koutiala est un havre de paix. Une localité o๠l’étranger est la personne la plus respectée. l’autorité est très forte et respectée. La politique était jusqu’ici une activité des « chômeurs et des moins occupés ». l’activité principale est demeurée l’agriculture. C’’est pourquoi le taux de scolarité est encore très faible dans le cercle. « La terre ne trahit jamais », dit-on. C’’est pour cette autre raison que la politique n’avait aucune importance pour le Minianka, le senoufo, le bobo, le Djonka, le Dafin… La terre assure toujours les arrières chez les nôtres. Un Etat impuissant ! Le deuxième coupable d’une politique sanglante est l’Etat. Sur les antennes de Koutiala, les animateurs-politiciens passent des journées à  se lancer des injures. Certains l’Etat émetteur des fréquences n’en a jamais retiré une. En tout cas pas à  notre connaissance, malgré que ces radios consœurs passent tout leur temps à  transgresser l’étique et la déontologie. l’URTEL et le Conseil supérieur à  la communication ont fait leur moue bavarde quelque temps pour calmer le jeu. Pièce de théâtre perpétuel, les choses sont toujours parties de mal en pis. Impuissant face à  un quatrième pouvoir, le gouvernement a démissionné. Intouchables radios. Elles n’ont aucune inquiétude car, ce sont nous confrères du Mali, de l’Afrique et du reste du monde qui épingleront le gouvernement en cas de fermeture ou de retrait des fréquences. Acceptons quelques fois pour les intérêts de ces mêmes peuples pour qui nous nous battons que justice soit rendue. Le premier rôle des médias de proximité à  notre avis, C’’est d’aider à  calmer les calmer les conflits sociaux et non le contraire. Un peuple naà¯f ? Les populations de Koutiala n’ont jamais accordé assez d’importance à  la chose politique dans le temps. Ce peu d’engouement pour la politique politicienne a donné cartes blanches à  des hommes peu expérimentés et sans scrupules de faire la fête à  la tête des communes. Nous ne fustigeons pas tous les maires et politiciens qui ont rendu de loyaux services à  la zone. Loin de là , nous voulons que les choses s’améliorent. Plus, jamais çà  ! Aucune âme ne doit périr dans des règlements de compte politiques. Bravo aux femmes de Koutiala Disons quand même bravo aux femmes de Koutiala qui se sont mobilisées pour dénoncer un acte jugé ignoble. Plus, jamais çà  ! Plus jamais, un fils de la cité de paix ne doit sauvagement mourir dans des incompréhensions d’une politique politicienne. C’’est aux populations de comprendre qu’elles sont les premières perdantes d’une politique saugrenue. Une politique fondée sur l’intérêt personnel. Une politique qui doit changer à  tout prix.

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