Économie › Agriculture & Élevage

Coton malien : une productivité en baisse depuis des années

Depuis la grande sécheresse de 1973 qui a frappé tout le sahel, l’agriculture malienne est confrontée à  d’énormes difficultés. Les sécheresses répétées, la détérioration de la qualité des semences, la hausse du prix des intrants, l’appauvrissement des sols sont les premiers facteurs de cette chute de la production agricole. Le coton est la première espèce touchée par cette chute. Produire pour se nourrir Le Mali premier producteur de coton en Afrique au sud du Sahara, n’a plus toutes ses forces productrices pour atteindre la quantité annuelle escomptée. D’année en année, la production de coton baisse. Les paysans ont tendance à  abandonner la culture commerciale au profit d’une culture alimentaire. Produire pour se nourrir est désormais la philosophie qui anime les paysans victimes d’une mauvaise politique agricole initiée et entretenue par les différents gouvernements qui se sont succédés à  la tête du pays. « Toute la politique tourne autour de la culture du coton. Il faut produire à  tout prix. Même s’il faut appauvrir les sols, même s’il faut endetter et enterrer les producteurs… », s’indigne Amadou Traoré, producteur dans un petit village situé à  30 km de Koutiala. « J’ai préféré retourner à  la culture vivrière parce que je ne m’en sors pas avec le coton », nous a confié Souleymane Berthé du village de Soungoumba dans le cercle de Koutiala. Une chute visible Les producteurs de coton dans les Zones CMDT en l’occurrence dans le cercle de Koutiala appelé capitale de l’or blanc, produisait plus de la tonne à  l’hectare. Ces dernières années, la production à  l’hectare, varie entre 600 et 400 kg. Avec une telle récolte, les paysans ne peuvent rembourser les intrants qu’on leur donne à  crédit. D’année en année, les paysans cumulent les arriérés. Les banques agricoles telles que la BNDA (Banque Nationale pour le Développement Agricole), recouvrent l’argent qu’elles ont investi dans la campagne agricole. Dès que l’argent du coton tombe, le crédit est directement déduit avant de remettre le reste du montant aux paysans qu’ils s’entredéchirent pendant le partage. Un agriculteur qui fait un bénéfice de 500 000FCFA sort bredouille de la campagne si son voisin a un crédit du même montant. Son bénéfice sert à  payer le crédit de l’autre. Du coup les deux rentrent sans argent à  la fin de chaque campagne. C’’est ce système de partenariat institué par les banques et les autorités qui a mis à  genoux les paysans maliens. « je me demande à  quoi çà  sert de cultiver le coton. Tu ne gagne pas d’argent à  la fin de la campagne et tu es obligé de payer des vivres. Mais avec quel argent ? », renchérit un membre de l’Association villageoise de Molobala que nous avons rencontré dans son champs de maà¯s. Ce paysan a en effet abandonné la culture du coton il 7 ans. « Mais les gens sont prisonniers du système car C’’est une façon de les maintenir dans la production du coton qui leur rapporte rien », a- t-il ajouté. Sur place, plusieurs paysans ont affirmé être obligés de cultiver le coton pour ne pas voir leur matériel de travail saisi. Bon an mal an, C’’est le statu quo chez les producteurs maliens. Les quelques uns qui s’en sortent ont soit bénéficié de l’appui de leur parents citadins, ou sont parmi ceux ont fait bénéfice et dont l’argent ne tombe toujours pas. l’autre raison qui pousse les paysans à  abandonner la culture du coton, C’’est le retard dans le payement de l’argent après la vente du coton. Pour plus de détails notre article (article coton de David Dembélé).

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