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Ramadan: faut-il fermer les bars ?

Le soleil se couche sur Bamako, la majorité des fidèles musulmans courent vers les mosquées ou leurs maisons. Au même moment, quelques uns se dirigent vers les bars, buvettes et autres lieux de retrait à  la recherche d’une goûte d’alcool. Juste une petite goûte afin de taire une soif dont seul l’alcool peut calmer. « Il est difficile d’abandonner, moi je bois depuis des années et pendant le Ramadan, J’essaye d’observer le jeûne, il faut tout de même souligner que C’’est seulement la nuit que je touche à  la bouteille», confesse M. Tall, un agent commercial. Entre religion et vieilles habitudes Le Mali est un pays a majorité musulman (plus de 90%). Mais cependant, le caractère laà¯c donne à  chaque citoyen le droit de jouir de ses passe-temps dans la légalité. C’’est pourquoi on porte peu de jugement aux musulmans pratiquants qui passent la journée sans boire, sans manger et sans toucher à  la femme du lever au coucher du soleil ; histoire d’abandonner certaines habitudes qui ne vont pas avec les règles de l’islam. « Le Ramadan ne se limite pas au jour. Il y a aussi la nuit », a lancé un prêcheur. Les bars interdits dans les années 80 Pendant le régime militaire, le gouvernement exigeait la fermeture des bars et maisons closes au mois de Ramadan. Mais avec l’avènement de la démocratie, ce sont certains chefs religieux qui ont demandé en premier que cette mesure soit levée. Ousmane Chérif Haà¯dara, prêcheur très célèbre disait « ouvrez les bars et maisons closes. Ce n’est pas fait pour les musulmans. Si vous les fermez, vous pénaliserez au même titre les non musulman. C’’était une façon pour lui d’expliquer le caractère laà¯c du pays et de demander au gouvernement de laisser tous les citoyens profiter de ce qui leur semble bon. Bien entendu si cela ne dérangeait personnes. Evolution oblige Si dans le temps, les villes maliennes étaient paralysées par le mois de ramadan, aujourd’hui, les gens ont tendance à  reprendre les activités après la rupture du jeûne. Les hommes d’affaires, les opérateurs économiques, etc, rattrapent le temps perdu pendant le jour. Des rendez sont fixés dans les lieux habituels. C’’est là  que certains n’hésitent pas à  reprendre la bouteille. Entre boisson sucrée et boisson alcoolisée, le choix est vite fait qu’on soit amateur ou habitué de la dernière. Ramadan et Bamako by-night Aux environs de 19h, les rues de la capitale malienne sont désertes. Seuls quelques retardataires fréquentent les grandes artères reliant leurs lieux de travail et leurs domiciles. Après la coupure et la prière, quelques noctambules se laissent guider par leur flair à  la recherche d’un endroit animé. Parmi les endroits les plus fréquentés pendant le jeune musulman, on peut énumérer les rues princesses de l’Hippodrome et de Badalabougou. Dans ces endroits, les usagers ne viennent pas uniquement pour prendre un verre, mais aussi pour traiter affaires, ou encore apprécier le défilé de quelques belles de nuits. Selon un gérant de bar que nous avons interrogé dans le quartier de Quinzambougou, la consommation de l’alcool baisse. Je vends à  peine le cinquième de ma provision pendant le mois de Ramadan. Devant les maisons closes, l’affluence est aussi de moins en moins faible. «Avec le mois de carême, nous avons peu de clients. On se demande si on pourra payer la maison à  la fin de ce mois », a expliqué une professionnelle de sexe.

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