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Villes : Ségou, la cité des Balanzans

La ville de Ségou a l’une des histoires les plus et les mieux racontées au Mali. Contée et chantée par les griots (maà®tre de la parole), cette histoire ségovienne est transmise de père en fils. Le mythe de Ségou Qu’est ce que le balanzan et son lien avec Ségou ? Du nom scientifique , le balazan est cette plante qui pousse dans le sahel. Plante épineuse supportant la sécheresse, elle est l’une des plantes les plus dominantes de la région de Ségou. Le balanzan est donc considéré dans l’histoire de Ségou comme l’arbre qui ne se soucie pas de la sécheresse. Il résiste au soleil, au vent, aux pluies abondantes, et au manque d’eau. Que de mystèree autour du balanzan. Les guerriers de Ségou à  l’époque, pour donner le nombre de combattants actifs dans l’armée choisissaient le nom balanzan. C’’est ainsi qu’on parle aisément de 4444 balanzans et un. Les 4444 qui correspondaient au nombre exact des guerriers au temps de Damonzon, fils de Monzon Diarra. Des siècles après, on parle encore des triomphes de cette armée ségovienne face aux agressions externes. Le parcours du combattant Après l’implantation des pêcheurs bozos, des soninkés, malinkés et bamanans, deux siècles plutard, Biton Mamary Coulibaly, un chasseur venu de la rive gauche fonda le royaume Bamanan de Ségou. l’élection de Biton à  la tête du royaume fut un exemple patent que la démocratie, cette gestion collective du pouvoir a existé au Mali depuis la nuit des temps. Quand le vote fut organisé, Biton a recueilli plus de « suffrages ». Certaines responsables de la «commission électorale » auraient demandé à  ce qu’on reprenne le scrutin. D’autres se seraient opposés parce qu’il avait été choisi à  l’unanimité. C’’est ce Biton Coulibaly qui a élargi le Royaume de Bamako à  Tombouctou. Avec les pêcheurs, il crée une flotte de guerre et régna de 1712 à  sa mort en 1755. A sa mort, le pouvoir passe des mains de son fils Dinkoro aux Diarra. N’golo Diarra captif de guerre viole la loi en s’installa au trône en 1766 pour y rester jusqu’en 1790. En bon guerrier, N’golo Diarra organisa la succession de ses fils à  la tête de Ségou contrairement à  Biton. La prise de Ségou Monzon Diarra succède à  son père et dirigea Ségou jusqu’en 1808 avant de passer le témoin à  son fils Da qui fit 20 ans de règne. Après celui-ci, l’un des plus connus du règne des Diarra, l’empire commence à  se rétrécir. Elle fut dans un premier temps attaquer par Sékou Amadou, puis par El hadj Omar Tall. El hadj Omar Tall s’attaqua à  Ségou vers mars 1861 et contraint les bamanans pratiquants de la religion traditionnelle animiste à  se convertir à  l’Islam. Avant de poursuivre sa conquête vers Tombouctou la mystérieuse, El Hadj Omar installa son fils à  la tête de Ségou. Ahmadou Tall eut donc toutes les peines face aux bamanans qui voulaient coûte que coûte, vaille que vaille, récupérer le fauteuil de leur ancêtre Biton Coulibaly. Le combat fut alors très rude. Mais les bamanans lutèrent en vain. L’arrivée du colon Blanc Trente ans après, C’’est à  dire en 1890, le colonisateur se mêle de la danse et s’allie aux bamanans pour combattre le fils d’El Hadj Omar qui faisait ses conquêtes en faveur de la religion musulmane. Pour la deuxième fois, le combat fut très rude. La chasse à  l’homme fut ouverte contre les toucouleurs. C’’est dans cette atmosphère que Ségou devint chef lieu de cercle administratif colonial regroupant les territoires des cercles actuels de Dioà¯la, Baraouéli, Bla, San… Plus tard la ville de Ségou devient une capitale régionale. Après ce long parcours, Ségou semble retrouver son vrai chemin. Une ville culturelle avec une population hétérogène constituée de Bamanans, Peulh, Bozos, Somonos, Dogon et Soninkés. Aujourd’hui, la ville de Ségou compte 501 447 habitant. La ville est donc issue d’un long parcours historique quelquefois taché de sang. Bon vent à  la nouvelle Ségou.

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