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« Yokôro » en temps de carême

Ainsi, nombreux sont-ils, à  affluer chaque année au rendez-vous vespéral très animés, et qui par delà  des appréciations, arbore un certain rattachement aux valeurs culturelles. Vivement le Yokôro! Sitôt la moitié du mois de Ramadan sonné, une foule d’enfants (filles et garçons) surgit nuitamment de tous les coins et recoins du pays. Les garçons sont munis de bâtons ou de baguettes, de vieille boites de tomate en guise d’instruments à  percussion. Quant aux filles, elles ont à  porté de main des calebasses et autres instruments ménagers pour battre la cadence. Les enfants sillonnent tout le quartier en faisant du porte à  porte pour exhiber leurs impressionnants talents en danses et chants. Même la frayeur nocturne ne les inquiète pas. La quintessence de ce vaste mouvement d’ensemble tient au fait qu’elle est héritée d’une longue et riche tradition. Pour la circonstance, ce sont toutes les contrées du pays et quartiers de la ville, qui vibrent au rythme d’une pratique léguée par les ancêtres. De quartiers en pâtés de maisons Au starting block, ils sont regroupés soit par affinité parentale ou par groupes d’amis. Une fois la prière commune du soir terminée, une multitude d’enfants prennent d’assaut les rues. C’’est la ruée dans les familles du voisinage. Ils font le porte à  porte, mais pas en qualité de mendiants, mais plutôt pour exhiber un savoir faire dans ce que les aà¯euls ont laissé. Libre à  chacun de leur donner une ou deux pièces, s’ils se sont laissés séduire par l’enthousiasme des gamins. Danses et haillons Drapé de haillons et de peinture de la tête au pied, au cours de leurs prestations musicales, ils accrochent leur auditoire en dansant de toute leur force et en chantant à  gorge déployée. Généralement les spectateurs mettent la main à  la poche, car ils résistent difficilement à  la tentation de contribuer à  l’effort déployé par ces bambins qui ne font qu’apporter leur pierre à  la continuité d’une pratique ancestrale. C’est quoi ton butin ? Ainsi, la moisson varie selon les nuits. La chasse est le plus souvent fructueuse à  Baco Djikoroni, pour le groupe de Sidiki qui n’a jamais eu en dessous de 6000 F CFA par nuit. Bravo ! Par contre, Nènè et ses copines n’ont gagné que 2000 F CFA et 1 kilo de petit mil, la nuit dernière. Le butin récolté est généralement partagé entre les « chasseurs ». Souvent les visiteurs se heurtent à  la mauvaise humeur dans certaines familles, ce qui les pousse du coup à  rebourser chemin. Comme quoi, ils ne sont pas les bienvenus partout. Et parfois les ardeurs des enfants sont émoussés face à  des gens qui méconnaissent cette tradition.

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