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Nord Mali : Ibrahim Ag Bahanga veut-il vraiment enterrer la hache de guerre ?

Comme le disent les sages, « les vieilles habitudes ont une seconde nature » Sur quelle base le chef de rebelle Ibrahim Ag Bahanga veut-il participer au processus de paix dans le Nord Mali ? A t il été contraint de déposer les armes ? Rien ne sert à  courir, il faut partir au point. Tel a été le cas d’Ibrahim Ag Bahanga qui cultivait l’image d’un homme caractériel, mais qui finalement a décidé d’enterrer la hache de guerre. Une contrainte pour un homme qui ne sait plus à  quel saint se vouer. Coupé du reste de la communauté touarègue, il n’avait jusqu’alors jamais accepté la main tendue des autorités maliennes. Bahanga sera t-il le bienvenu dans le processus de paix d’ATT ? Ag Bahanga avait remis en cause l’accord de paix signé à  Alger en juillet 2006. Une fois de plus, le retour à  la paix se fait sans lui. Après la destruction de sa base principale à  Boureissa en février, il a pris la fuite avec quelques fidèles à  bord de trois véhicules. Avant d’être connu sous le trait d’un insurgé, Ibrahim Ag Bahanga était à  la fois un berger et un voleur de chameaux, un bandit du désert. Ou une brute pour certains. Aujourd’hui, redoutant une humiliation, il veut caresser les autorités maliennes en déposant les armes pour participer au processus de paix. Celles-ci vont-elles l’accepter alors que les victimes des rebelles sont loin d’avoir oublié ? D’une part, il n’est pas exclu de signer son retour dans la mesure ou le président Amadou Toumani Touré a opté pour le dialogue dans la résolution du problème du Nord. D’autres part, ATT veut charmer l’opinion internationale pour montrer qu’il est un homme de paix même si sa population en a payé le lourd tribut. l’acceptation de Bahanga sans condition signifie aussi se tirer une balle dans le pied. Car après l’attaque d’Abeà¯bara et Menaka, ATT dans sa déclaration, avait promis au peuple Malien que les auteurs de cette attaque seraient poursuivis. Bahanga : parcours d’un rebelle identaire En février 1992, alors inconnu du grand public, Ibrahim Ag Bahanga devait intégrer l’armée nationale avec le grade de caporal chef. Il refuse. Premier coup fourré en 1994, Ibrahima Ag Bahanga se fait remarquer par une prise d’otages dans la localité de Timitri pour qu’elle soit érigée en commune. Ses otages étaient des membres d’une mission de supervision des opérations électorales de passage dans son pays natal. » Jusqu’à  l’attaque du 23 mai 2006, contre les bases de l’armée nationale à  Kidal et à  Menaka, Ibrahim Ag Bahanga avait gardé le profil bas. Mais entretemps, il avait tissé des liens solides avec des réseaux de trafiquants ( très actifs dans la bande sahélo saharienne) avant le début de l’insurrection dont il était une figure de proue. Au fil du temps, ses liens avec les narco-trafiquants ne faisaient plus de mystère. Ag Bahanga, un rebelle équipé Malgré tout Ibrahim Ag Bahanga lors de sa croisade contre l’autorité centrale avaient des atouts. Comment comprendre qu’en un laps de temps court, il ait pu acquérir tout un arsenal de guerre, dont une trentaine de véhicules 4×4 bien équipés et à  double réservoir ? Comment a t-il pu entretenir deux années durant une troupe forte de plusieurs centaines d’hommes ? Les exigences d’Ibrahim Ag Bahanga étaient claires : faire quitter l’armée nationale de Kidal. Il s’agissait en fait du fameux allégement du dispositif militaire dans le Temesna et précisément à  Tinzawatene. Le soulèvement de Ibrahim AG Bahanga a eu au contraire un effet de boomerang. Tinzawatene, lieu stratégique pour Ag Bahanga Tinzawatene n’était pas occupée par l’armée nationale. Avant cela, il y avait seulement quelques agents de la douane car la zone était devenue un passage pour les narcotrafiquants. l’allègement du dispositif souhaité par Bahanga selon des sources militaires visait à  créer un vide au profit de ce commerce illégal dont il tirait des avantages. l’ancien berger voulait un passage en force et s’y était préparé. Il avait du matériel adapté, des véhicules et des armements performants, notamment des canons et des mitrailleuses. Il disposait de renseignements sur tous les mouvements de l’armée : « le désert sait tout ». En plus de sa bonne connaissance d’une grande partie du Sahara, il avait des GPS pour ses déplacements. Ce qu’on peut retenir d’Ag Bahanga, C’’est surtout sa méthode, et de tous les touaregs, il est le seul à  s’adonner au rapt et à  la pose de mines antipersonnelles. Ces mines ont fait beaucoup de victimes dont plusieurs civils dans la zone de Tinzawatene.

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