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Présidentielle guinéenne : l’imprévisible Capitaine Dadis défie l’opposition

Vive le général, A bas le général ! Sa venue au pouvoir avait suscité une lueur d’espoir au sein de la population guinéenne. Société civile, classe politique, syndicats, tous avaient applaudi le putsch perpétré par le généralissime Dadis au lendemain de la mort de Lassana Konté. Il s’était engagé vis-à -vis du peuple de Guinée et vis-à -vis de la communauté internationale, à  rétablir très rapidement l’ordre constitutionnel, à  organiser des élections avant la fin de l’année et repartir tranquillement. « Le pouvoir ne m’intéresse pas ! », avait-il déclaré. Quelques mois à  peine, Dadis avait relevé tous les anciens généraux de l’armée qu’il a remplacé par des ses hommes, des ‘jeunes’. , clamait-il. Il a mené une lutte acharnée contre les dealers, en traquant sans cesse, les trafiquants de drogue. Il a même mis sous les verrous, l’un des fils de Lassana Konté qui serait, à  la tête d’un vaste réseau de trafiquant de drogue. Ces grands coups de gueule avaient amené bon nombre de personnes à  vouer une admiration sans faille au général Dadis. Seulement, les dérapages ont commencé lorsqu’il s’est mis à  jouer au juge et à  l’arbitre en même temps. l’armée se confond à  la justice et prend parfois des décisions allant à  l’encontre des textes juridiques préétablis. Des fonctionnaires de l’Etat, des juges, des enseignants et même de simples citoyens sont arbitrairement arrêtés et incarcérés sans jugement. La population est maintenant au bord de l’exaspération. Des campagnes sont régulièrement menées par des dirigeants politiques pour dénoncer ce qu’ils appellent, une main mise de Dadis sur le pouvoir. Toutes les décisions passent désormais par le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD). Dadis est soutenu d’une part par les syndicats, et l’Assemblée nationale, et décrié d’un autre part par les politiques qui voient en lui, une menace. Petit à  petit, la résistance s’organise. Elections : que vaut la parole de l’homme ? Dès son accession au pouvoir, Dadis s’était engagé à  ne pas se présenter aux élections et à  rendre le pouvoir aux civils. Il avait fait ces engagements face au peuple guinéen et à  la communauté internationale. Le 18 septembre dernier, le conseil de sécurité de l’union africaine (UA), a demandé à  Dadis de ne pas se présenter aux futures élections, au risque de se voir infliger des sanctions. La France a exprimé cette même volonté. Le Sénégal n’est pas en reste dans l’affaire. La semaine dernière, le ministre sénégalais de la communication a expliqué que le président du CNDD ne devrait pas se présenter. , expliquait mardi dernier, le Ministre Moustapha Guirassy. Ces déclarations font suite à  la vague de visites effectuées par le président sénégalais Abdoulaye Wade en Guinée. Il affirme être le père spirituel de Dadis qui en retour est en admiration devant lui. Revirements et manifestations se multiplient Wade lui déclarait lors de sa récente visite en Guinée, . En réalité, le chef de la junte a presque forcé la main à  ses hôtes Abdoulaye Wade et Hélène Johnson Silrleaf du Libéria, à  assister au meeting de soutien des femmes pour lui à  Conakry. Mais Wade qui souhaitait diffuser cette vidéo au Conseil de sécurité de l’UA, a déclaré la semaine dernière, que De récentes manifestations anti-Dadis se sont tenues cette semaine à  Labé, deuxième ville du pays et fief de de l’ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, candidat à  l’élection présidentielle et leader de lUnion des forces démocratiques de Guinée (UDFG, opposition). Près de 20000 personnes avaient décrié le Capitaine Dadis et ces manifestations visaient à  empêcher la venue du Capitaine prévue samedi. Lors de cette visite, Dadis a pourtant défié l’opposition et maintenu les déclarations choc : a-t-il lancé à  la foule. L’Union Africaine met la pression Dans un discours, la porte-parole des femmes de Labé a évoqué sa possible candidature en janvier 2010: « Nous, femmes de Labé, nous souhaitons que vous continuiez votre oeuvre et nous sommes prêtes à  vous soutenir, à  vous plébisciter en janvier 2010. » Mais le chef des putschistes a laconiquement répondu: « J’ai compris le message des femmes de Labé. » Le chef de la junte est soumis à  de fortes pressions internationales pour ne pas se présenter et laisser ainsi le pouvoir aux civils, comme il s’y était engagé à  sa prise de pouvoir lors du coup d’Etat du 23 décembre 2008, peu après la mort du « général-président » Lansana Conté (1984-2008). Le 18 septembre, l’Union africaine (UA) l’a menacé de sanctions s’il ne renonçait pas, dans un délai d’un mois et par écrit, à  la présidentielle. Les Guinéens déçus et amers Fatoumata Yari Camara est une jeune étudiante Guinéenne : « Au départ, J’appréciais vraiment Dadis parce C’’est un jeune qui incarnait l’espoir pour notre pays. Mais aujourd’hui, je souhaite qu’il quitte le pouvoir de gré ou de force parce qu’il fait la honte de tous les Guinéens. C’’est un narcotrafiquant qui prétend lutter contre le trafic de drogue. Or, il lui-même le premier drogué du pays. Il ne fait que mettre notre pays plus en retard qu’il n’est déjà  ! » Djibril Mambi Barry, agent de police dans l’Armée guinéenne : « Le général est un homme de qui vit sur des nuages à  mon avis. Il pense qu’on peut entamer et terminer une lutte du jour au lendemain. On ne construit pas un Etat en si peu de temps. Il faut des années pour cela. Je pense que le peuple l’applaudit quand il est présent, et le décrie en son absence. Personne n’est sincère avec lui. Il vit donc sur du faux. Ce qui est vraiment dommage pour lui et pour le peuple guinéen qui est son souffre douleur. Ce n’est pas toute l’armée qui est derrière lui. Il n’y a qu’une petite poignée d’hommes qui le suit dans sa dérive. » Bon nombre de guinéens refusent de se prononcer sur le sujet, de peur d’être pris à  parti par les hommes de Dadis. Rendez-vous en Janvier 2010. Le Dadis SHOW continue

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